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Par Emilie, le 10.06.2009


ce cinéaste est un génie fou !!!...
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Mémoires de nos pères

Posté le 02/07/2009 à 13:36 par myplanity
Mémoires de nos pères
Clint Eastwood
2006

Au cinquième jour de la sanglante bataille d'Iwo Jima, cinq Marines et un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais. L'image de ces hommes unis face à l'adversité devient légendaire en l'espace de quelques jours. Elle captive le peuple américain, las d'une guerre interminable, et lui donne des motifs d'espérer.

***

En réalisant ce film de guerre, produit par Steven Spielberg, Clint Eastwood ne s’éloigne pas pour autant des thèmes qui le touchent et traversent son œuvre. On retrouve dans Mémoires de nos pères l’altération d’une vérité au profit des plus grands, déjà présente dans Les pleins pouvoirs puis dans L’échange, entre autres. Pour démêler le vrai du faux, c’est à un incessant retour dans le passé que les survivants et leurs enfants doivent être confrontés. Eastwood se pose la question de savoir si la raison d’Etat prévaut - s’il faut, comme il est dit à la fin de L’homme qui tua Liberty Valance, « imprimer la légende ». Le réalisateur n’apporte pas de réponse radicale ; il montre d’une part les bénéfices d’un tel mensonge (la guerre du Vietnam, elle, aura été perdue à cause d’une photo violente) et d’autre part ses conséquences sur la vie d’hommes, révélant ainsi le contraste entre l’Histoire avec un grand H et la petite histoire, humaine. Il termine ainsi le film sur l’image des soldats s’éloignant quelques instants de leurs devoirs patriotiques, courant pour se baigner dans la mer d’Iwo Jima.


Top 5 Clint Eastwood (vidéo)

Posté le 02/07/2009 à 00:58 par myplanity

Vidéo Youtube

Honkytonk man

Posté le 01/07/2009 à 00:45 par myplanity
Honkytonk man
Clint Eastwood
1983

Red Stovall, guitariste talentueux de Country passé à côté de sa carrière décide d'entreprendre un voyage en voiture à travers les États-Unis avec son neveu ainsi que son grand-père pour passer une audition au Grand Ole Opry.

**

Sans atteindre la perfection des chefs d'oeuvres signés Eastwood dans les années 90 et 2000, Honkytonk man contient déjà à l'état brut la beauté des meilleurs films du réalisateur. Film sur la transmission, thème majeur de son oeuvre, mais une transmission mutuelle, comment deux personnages apprennent l'un de l'autre (le duo Butch/Philip dans Un monde parfait, Robert/Francesca dans Sur la route de Madison, Frank/Maggie dans Million dollar baby, plus récemment Thao/Walt dans Gran Torino, etc). Dans tous les cas, deux générations ou deux mentalités se font face, et chacun en tire de grandes leçons de vie. Honkytonk man est aussi un film sur le rêve, sur la poursuite d'un idéal. Il y eut le grand-père dont la terre du Tenessee était la terre promise, Red qui s'accroche tenace à son rêve d'être un jour reconnu, et il y a les deux enfants qui s'éloignent vers la Californie. Le prix peut être fort pour réaliser ses rêves : Red, lui, donnera sa vie - le jour même de son enterrement, sa chanson est diffusée à la radio. Quand il est sur son lit de mort, il se rappelle soudain Mary, jeune paysanne disgracieuse, certes, mais qui lui offrit un jour tout son amour. Il finit par la quitter pour reprendre ses tournées dans les bastringles. Honkytonk man est donc un des meilleurs Eastwood de la période "pré-Impitoyable", un film plein de tendresse, d'humour, à la mise en scène correcte. Le trio Eastwood-Eastwood junior-John McIntire porte aussi le film sur ses épaules. L'amour que le réalisateur porte pour la musique finit de parfaire l'ouvrage.

Top 5 - Alfred Hitchcock (vidéo)

Posté le 30/06/2009 à 00:30 par myplanity

King Kong

Posté le 22/06/2009 à 22:50 par myplanity
King Kong
Merian C. Cooper
1933

***

Révélateur des mythes de l'époque ("Tintin au Congo"), King Kong cache néanmoins une intelligence dans le propos assez satisfaisante : indigènes en apparence terrifiants qui se révèlent aussi effrayés et sensés que "l'homme blanc" (mère qui court sauver son bébé) ; bête terrifiante et assoiffée de sang qui s'avère être plus humain qu'un Homme...
On reste néanmoins dans un divertissement qui mise sur les effets spéciaux et les décors. Effets spéciaux qui passent encore très bien 80 ans plus tard, grâce à l'ambiance, le suspense et la mise en scène réussie. La photographie est très belle (scènes du bâteau dans la brume par exemple), et le montage serré offre un rythme effrené. En bref, King Kong ne perd rien de sa force et son côté désuet lui rajoute du charme.

Comme un torrent

Posté le 06/06/2009 à 18:31 par myplanity
Comme un torrent
Vincente Minnelli
1959

Démobilisé, Dave Hirsh, écrivain raté et alcoolique, revient dans sa petite ville natale. Il s'est acoquiné en route avec une prostituée, Ginny, qu'il a ramassé dans un bar à Chicago et qui est follement amoureuse de lui. Dave se lie aussi avec des amis douteux, tel Bama Dillert, un joueur professionnel. Mais tout cela n'est pas du goût de son frère, Franck, notable locale...

****

Réalisé en 1959 par Vincente Minnelli, Comme un torrent est un pur mélodrame qui nous prend aux tripes. Il décrit d’une part les affres des sentiments amoureux, et peint d’autre part la société du point détaché d’un artiste/écrivain, le personnage joué par Frank Sinatra. On reconnaît la patte de Minnelli dans sa mise en scène colorée, théâtrale, surfaite mais magnifique ; ce qui, paradoxalement, n’empêche pas du tout le talent des trois comédiens en tête d’affiche, Sinatra, Dean Martin et Shirley McLaine, d’exploser. Un grand classique qui, bien qu’il semble être mélodramatique au possible, passe comme du gâteau – serait-ce le cas de tous les Minnelli, en comédie comme en mélodrame ?

Le danseur du dessus

Posté le 06/06/2009 à 13:17 par myplanity
Le danseur du dessus
Mark Sandrich
1935
Jerry Travers, danseur américain, fait une démonstration à son producteur britannique. C'est ainsi qu'il réveille sa voisine du dessous. Celle-ci, Dale Tremont, descend d'un étage et proteste. Pour Jerry, c'est un coup de foudre...

***

Si le film possède quelques défauts (principalement, le manque total d'originalité du scénario, qui reprend tous les poncifs de la comédie pleine de quiproquos), on ne peut oublier des personnages trucculents comme Bates le valet, Beddini le couturier ou Horace Hardwick, la magie de scènes comme celle du marchand de sable, un air tel que "cheek to cheek", et la grâce de Fred Astaire et Ginger Rogers.

La Cérémonie

Posté le 03/06/2009 à 00:28 par myplanity
La Cérémonie
Claude Chabrol
1995
Sophie, bonne analphabète et secrète mais dévouée, est engagée au service d'une famille bourgeoise de Saint-Malo. Son amitié avec la postière, curieuse et envieuse, va déclencher une série de drames.

***

Un des meilleurs Chabrol, qui se fait à la fois critique acerbe de la société et vision pessimiste sur l’être humain et ses pulsions. Le réalisateur nous invite à une véritable tragédie, celle du quotidien, où une femme du peuple est menée à commettre l’irréparable faute d’éducation ou de repères (les vies des deux jeunes femmes sont marquées par des drames ; le symbole de l’analphabétisme), tandis que les bourgeois se reposent près de la cheminée dans leur salon calfeutré. Le crime devient à la fois conséquence sociale et folie passagère, perte de raison ; La cérémonie est donc à la fois un film moraliste et un thriller psychologique. La mise en scène de Chabrol est à son meilleur niveau, et les performances des acteurs achèvent le tableau : le duo Sandrine Bonnaire / Isabelle Huppert est sidérant, mais l’interprétation du couple aisé par Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Cassel est également parfaite. Le tout s'avère marquant, fort et corrosif, mais surtout criant de vérité.

Le boucher

Posté le 01/06/2009 à 17:14 par myplanity
Le boucher
Claude Chabrol
1970

Dans un village du Périgord, la vie quotidienne des habitants cesse brusquement d'être tranquille : des femmes sont égorgées.

***

Bon film de Claude Chabrol, gros succès en son temps, Le Boucher combine plusieurs qualités : d'abord, deux excellents acteurs en tête d'affiche, Jean Yanne et la superbe Stéphane Audran. Ensuite, la mise en scène, par son réalisme, se fond littéralement à la vie rurale. Enfin, Chabrol parvient à ménager un bon suspense. Néanmoins, le film possède aussi ses erreurs, ses quelques défauts : cette mise en scène réaliste peut aussi paraître bien fade à certains moments ; les acteurs sont excellents, mais pourtant la souffrance mentale de l'assassin ne persuade pas et n'émeut pas, trop vite expédiée dans le dénouement ; enfin, si suspense il y a, on peut regretter qu'il n'y ait suspense que dans les dernières minutes. Mais bon, il semble qu'il y ait dans chaque film de Chabrol une lutte entre les "bons points" et "les mauvais points". Et comme Le boucher collecte une majorité de bons points (grâce au final réussi, à l'aspect sombre et légèrement onirique, et les toutes dernières images qui peuvent laisser suspicieux le spectateur attentif), on peut facilement le placer dans les Chabrol à voir.

Un chien andalou

Posté le 31/05/2009 à 10:34 par myplanity
Un chien andalou
Luis Bunuel
1929

Ecrit en une semaine par Salvador Dali et Luis Bunuel, Un chien andalou est un film surréaliste basé sur le principe de l'écriture automatique, du cadavre exquis ; le résultat s'avère être une véritable ode à la liberté et à la créativité artistiques. D'une durée de quinze minutes, ce film ne s'explique pas, il s'apprécie. Il n'est que la mise en images des rêves et délires des deux artistes, et ne devient plus qu'un plaisir sensoriel, visuel - et non plus intellectuel, puisqu'il n'y a pas d'explications à "trouver", le film se suffisant à lui-même. Il n'y a plus qu'à apprécier les images évocatrices, prenantes, puissantes, choquantes, crées par les deux artistes.
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