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Catégorie : Blog Cinéma Date de création :
19.12.2007 Dernière mise à jour :
05.07.2008
Avec : Leonardo Di Caprio, Matt Damon, Jack Nicholson
RESUME
À Boston, une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise. Pour mettre fin au règne du parrain Frank Costello, la police infiltre son gang avec « un bleu » issu des bas quartiers, Billy Costigan. Tandis que Billy s'efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan entre dans la police au sein de l'Unité des enquêtes spéciales, chargée d'éliminer Costello. Agent double, Colin informe Costello des opérations qui se trament contre lui. Risquant à tout moment d'être démasqués, Billy et Colin sont contraints de mener une double vie qui leur fait perdre leurs repères et leur identité. Traquenards et contre-offensives s'enchaînent jusqu'au jour où chaque camp réalise qu'il héberge une taupe. Une course contre la montre s'engage avec un seul objectif : découvrir l'identité de l'autre sous peine d'y laisser sa peau.
AVIS
Après son film historique et son biopic, Martin Scorsese réitère en 2006 une expérience déjà réalisée en 1991 avec Les Nerfs à Vif : réaliser un film à genre précis, un film à intrigue (à l'opposé de Taxi Driver, Raging Bull, Casino... difficiles à classer). Et comme pour Les Nerfs à Vif, il s'agit d'un remake. Dans le cas de ce dernier, le film original était un film à suspense classique des années 60 ; ici, dans le cas des Infiltrés, il s'agit du remake d'un film très récent, Infernal Affairs, un film hongkongais. Il s'agit de la plus grosse erreur du film. En effet, reprendre un film déjà bon et l'américaniser a forcement déplu à beaucoup, et ceux qui l'avaient déjà vu ont moins apprécié le spectacle. Mais cela ne fait que remettre en question le concept du remake, plus que le film en lui même. N'ayant pas vu la saga originale, j'avais trouvé ce film, à sa sortie en salles, jubilatoire. Avec du recul et de nouvelles visions, il pêche d'un manque de profondeur - un peu comme si Scorsese ne s'était pas assez imprégné. A part les deux protagonistes principaux, les autres personnages manquent de profondeur et leur personalité sont trop vite effleurées. Le cas le plus notoire étant celui de Costello, joué par Nicholson. Avec un acteur de cette envergure qui a un rôle si secondaire, le film devient bancal.
On peut donc constater que les défauts des Infiltrés sont des questions de fond (remake d'un film récent déjà très bon si ce n'est mieux ; personnage secondaire pour un Jack Nicholson au mieux de sa forme). Alors le film se rattrape sur la forme : la mise en scène et les acteurs. Premier point, le film est un grand moment de plaisir à voir la première fois : le suspense est très bien mené, l'intrigue nous prend complètement et on a le droit à des moments chocs, notamment la fin, exagérée mais jubilatoire. Pour l'un de ses films les moins "personnels", ou disons l'un des plus grand publique, Scorsese offre une fois de plus et comme toujours une mise en scène parfaite, rythmée, superbe et recherchée. D'ailleurs, à ce point de notre étude "Scorsesienne", on peut dire que chacun des films de sa filmographie est forcément une réussite sur ce point.
L'autre bon point, le casting. Di Caprio est de plus en plus sobre et subtile dans son jeu. Matt Damon est également très bon, un jeu plus que correct. L'alchimie de ce duo/duel fonctionne très bien dans le film. Vient ensuite Jack Nicholson, qui pose problème. Pour ce rôle de parrain, De Niro étant pris, Scorsese engage celui avec qui il voulait tourner de puis longtemps, Jack Nicholson donc. Malheureusement, son personnage est autant secondaire que ceux de Dignam ou Queenan, alors qu'il joue le grand jeu. Il est toujours aussi géant, mais l'erreur est dans le choix du casting. Ils auraient sûrement mieux fait de prendre une moins grande pointure. Restons dans les seconds rôles pour finir : Mark Wahlberg joue assez bien son rôle de grande-gueule qui cache bien son jeu ; à ses côtés, l'excellent Martin Sheen, dans le personnage assez attachant (l'un des seuls avec Di Caprio) du patron ; petit rôle également pour Alec Baldwin, de nouveau chez Scorsese après Aviator. Enfin, l'unique rôle féminin est tenu par Vera Farmiga, une actrice encore peu connue mais plutôt bien.
EN BREF, si Scorsese quitte le genre historique et retrouve les gangsters, Les Infiltrés est tout de même moins personnel et plus un thriller normal. Mais quel thriller ! Lors de la première vision, à l'abris de tout spoiler, le suspense et les rebondissements marchent à fond. Malheureusement, les secondes visions seront bien moins passionnantes, effet qu'on ne retrouve pas dans ses chefs d'oeuvres.