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Catégorie : Blog Cinéma Date de création :
19.12.2007 Dernière mise à jour :
05.07.2008
Petite frappe du quartier italien de New York, J.R. décide de se poser pour épouser la femme qu'il aime.
AVIS
Who's that knocking at my door ? est le premier long-métrage de Martin Scorsese. Il commence le tournage alors qu'il est encore étudiant, afin de présenter sa thèse, en 1963. Le film est fait quasiment sans budget, en amateur, en tournant chez des amis ou de la famille. Harvey Keitel, qui tient le rôle principal, est encore sténographe judiciaire entre deux cours de théâtre. Le film a le droit a plusieurs versions, ainsi qu'à de nombreux titres. L'intrigue amoureuse se développe en cours de route, la séquence où J.R. fréquente des prostituées est tourné bien plus tard, en Hollande et la maîtrise de Scorsese s'améliore en cours de route. Le film sort au cinéma quatre ans plus tard, en 1967.
Même s'il s'agit de son premier film, Who's that knocking at my door ? est assez personnel et réussit. Le personnage de J.R. est l'alter-ego du cinéaste, et on retrouve souvent, notamment dans la dernière scène, son rapport à la religion. Le film est semé de plans, de scènes et d'idées excellentes, d'où ressortent une vraie teneur artistique. La mise en scène est réellement fouillée et intelligente, même si le film est dénuée d'une vraie intrigue. Il ne s'agit que de la vie de J.R. et de sa relation avec une fille. Scorsese rejoint par là la nouvelle vague française, en adoptant un style documentaire. Certaines scènes de nudités sont osées, mais tout reste très artistique, avec un superbe noir et blanc.
EN BREF, un film que les fans de Scorsese ne regretteront pas de voir, même s'il reste une ébauche.
Charlton Heston est mort le 5 avril 2008 à 84 ans, atteint de la maladie d'Alzheimer. Il fut célèbre pour ses rôles dans Sous le plus grand chapiteau de monde en 1952, Les Dix Commandements en 1956, Ben Hur en 1959 ou encore Soleil Vert en 1973. Sa dernière apparition à l'écran date de 2002, dans le documentaire controversé de Michael Moore Bowling For Columbine, à propos de son adhésion au National Rifle Assocation, qui milite pour le droit du port d'arme.
Martin Scorsese nait à New York en 1942, de parents siciliens. Il passe son enfance dans le quartier de Little Italy, où il a pu croiser sans le savoir encore Robert De Niro. Asthmatique, il passe son temps dans les salles de cinéma. Il fait d'abord des études religieuses avant d'être renvoyé. Il intègre plus tard une université de New York où il décroche en 1966 un maîtrise de cinéma. Il devient professeur dans cette université et commence à tourner quelques courts-métrages. Il réalise de 1965 à 1969 son premier film, Who's that knocking at my door ?, influencé par la Nouvelle vague française, dans lequel joue son premier acteur fétiche, Harvey Keitel. Dans les années 70, il part pour Hollywood, où Roger Corman, réalisateur de séries B, produit son nouveau long-métrage, Bertha Boxcar (qui sort en 1972). John Cassavetes lui conseille de retourner aux films plus personnels, et Scorsese tourne donc en 1973 Mean Streets, dans un style parfois proche du documentaire. Harvey Keitel participe au projet, mais le film marque surtout sa rencontre avec Robert De Niro. L'acteur, qui a déjà tourné quelques films pour Brian De Palma, vient également de la Little Italy. L'année suivante, Warner Bros produit son nouveau film, Alice n'est plus d'ici, qui gagne l'Oscar de la meilleur actrice pour Ellen Burstyn. Enfin, le grand succès arrive en 1976 avec Taxi Driver, avec Robert De Niro et Jodie Foster. En plus d'être nominé pour 4 Oscars, le chef d'oeuvre gagne La Palme D'or à Cannes.
Pourtant, son film suivant, New York, New York, est un échec. Il réalise alors un documentaire et filme le concert du groupe The Band, dans un film intitulé The last Waltz. Entre temps, le réalisateur est devenu accro à la cocaïne, mais Robert De Niro le pousse à adapter le roman de Jake La Motta. Raging Bull sort en 1980 et remporte le succès. L'incroyable interprétation de De Niro, qui a prit 30 kilos pour le rôle, lui vaut l'Oscar du meilleur acteur. Fier de son succès, Scorsese réalise en 1983 La Valse des Pantins, une comédie avec De Niro et Jerry Lewis, en 1985 After Hours, en 1986 La couleur de l'argent avec Tom Cruise et Paul Newman, qui remporte un Oscar, et en 1988 La dernière Tentation du Christ, où il retrouve Harvey Keitel. Le film provoque un scandale dans le milieu catholique. Enfin, en 1990, il réalise peut-être son meilleur film, Les Affranchis, avec De Niro, Ray Liotta et Joe Pesci. L'année suivante, il réalise le thriller Les Nerfs à Vif, avec Nick Nolte et De Niro impressionant. En 1992, il réalise un film avec Daniel Day-Lewis et Michelle Pfeiffer, Le temps de l'Innocence, film historique. En 1995, il retrouve une dernière fois De Niro, ainsi que Joe Pesci, et tourne l'excellent Casino. Il raconte la vie du Dalaï Lama en 1997 dans Kundun, puis revient à New-York pour A tombeau ouvert avec Nicolas Cage. En 2002, il tourne le film historique Gangs of New York et crée un nouveau duo, "Scorsese - Leonardo Di Caprio". L'acteur est ré-engagé pour Aviator, en 2005. Enfin, en 2007, il tourne Les Infiltrés, qui marque sa première et unique collaboration avec Jack Nicholson. Le film, également avec Di Caprio, permet à Martin Scorsese d'enfin remporter l'Oscar du meilleur réalisateur. En 2008, il filme le concert des Rolling Stones dans Shine a Light.
Filmographie :
1967 : The Big Shave(court-métrage, 5 min)
1969 : Who's that knocking at my door ?
1973 : Boxcar Bertha
1973 : Mean Streets
1974 : Alice n'est plus ici
1976 : Taxi Driver
1977 : New York, New York
1978 : La Dernière valse
1978 : American Boy : A profile of Steven Prince
1980 : Raging Bull
1983 : La Valse des pantins
1985 : After Hours
1986 : La Couleur de l'argent
1988 : La Dernière Tentation du Christ
1989 : New York Stories(film à sketchs, de Woody Allen, Francis Ford Coppola et Martin Scorsese)
1990 : Les Affranchis
1991 : Les Nerfs à vif
1993 : Le Temps de l'innocence
1995 : Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain
1995 : Casino
1997 : Kundun
1999 : Il dolce cinema - prima partie
1999 : A tombeau ouvert
2002 : Gangs of New York
2003 : Mon voyage en Italie
2003 : Aviator
2005 : No Direction Home : Bob Dylan
2006 : Les Infiltrés
2008 : Shine a Light
Avec : Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Hilary Swank
Interdit aux - 12 ans
RESUME
Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s'attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Elizabeth Short, a été découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville.
Certains sont prêts à tout pour en tirer bénéfice... ou cacher leurs secrets. Quels étaient les liens de la victime avec la puissante famille Linscott ? Que vivait-elle dans son intimité ? Et avec qui ? Au-delà des apparences, l'enquête commence...
AVIS
Après Mission To Mars et Femme Fatale, on attendait Brian De Palma au tournant. Malheureusement, Le Dahlia Noir est une nouvelle petite déception. En effet, même si le film nous intrigue jusqu'au bout, même si l'image est magnifique, même si on a le droit à quelques moments forts, il nous reste une impression de film impersonnel et confus.
Le film est l'adaptation d'un roman de James Ellroy, lui même adapté d'un fait réel. Si l'histoire est passionante, il en résulte un film bien trop éliptique. On passe tout du long d'une scène à l'autre très rapidement, ce qui donne l'impression de survoler l'intrigue. Comme si De Palma l'avait réalisé sans en être totalement impregné. Et au final, on reste sur sa faim.
Malgré tout, Le Dahlia noir vaut le détour pour son casting excellent. Principalement, la présence de deux nouvelles stars, la géniale Scarlett Johansson (Lost In Translation, Scoop) et la superbe Hilary Swank (Million Dollar Baby, Boys don't crie). Josh Hartnett, lui, joue sobrement. Malheureusement, ces acteurs sont sous-exploités, à cause de cette suite de scènes rapides et superficielles. On remarquera l'apparition de William Finley (Phantom of the Paradise) qu'on avait pas vu dans un De Palma depuis Furie. Son apparition ravira les fans du réalisateur, dans la meilleure scène du film.
EN BREF, le film nous laisse un avis mitigé, entre la beauté de l'image et le manque de profondeur. On espère que De Palma retrouvera tout son génie dans ses projets à venir.
Laura Ash, une jeune femme ténébreuse et vénale, double ses complices lors d'un hold-up commis à Cannes en plein Festival. Poursuivie jusqu'à Paris, elle revêt l'identité de son sosie parfait, une jeune veuve au bord du suicide nommée Lily.
Dans l'avion qui la mène à New York, elle séduit un fringant quadragénaire qui n'est autre que l'ambassadeur des Etats-Unis en France, Bruce Hewitt Watts. Sept ans plus tard, mariés, ils apparaissent en couverture d'un magazine people.
Mais les anciens acolytes de Laura, Black Tie et Racine, sont toujours sur sa piste, et la photo de la traîtresse, volée par Nicolas Bardo, un paparazzi qui travaille pour la revue en question, relance l'engrenage infernal.
AVIS
Femme Fatale est réalisé en 2002 par le francophile Brian De Palma. Pourtant grand fan de ce-dernier, ce film a été pour moi insupportable. Même si on retrouve parfois quelques plans chers à notre ami De Palma, le film s'élève à peine au-dessus du Transporteur, par exemple. Peut-être faut-il, pour apprécier ce film, être américain. En effet, les acteurs français jouent très mal, on voit bien qu'ils ne sont pas dans leur élement. Ils surjouent et font une parodie de personnages hollywoodiens.
Le vol au festival de Cannes, au début du film, annonce peut-être un bon film. Mais il faudra attendre 10 minutes avant la fin pour trouver y trouver un quelconque interêt, à savoir le rebondissement final assez étonnant. Peut-être faudrait-il, pour apprécier le film, ne pas connaître les précédents films de Brian De Palma. Car tandis que l'on s'ennuie profondement devant ce ratage, on ne peut s'empêcher de se souvenir avec nostalgie des grands moments des Incorruptibles, de Blow Out, Pulsions, Body Double, L'Impasse... Ah la la la.
EN BREF, à déconseiller, même aux fans de De Palma (surtout aux fans). Une déception.
2020. La NASA envoie pour la première fois une équipe d'astronautes sur Mars. Mais peu de temps après leur arrivée, ils sont confrontés à un phénomène surnaturel d'une puissance terrifiante et toutes les communications sont coupées. Une deuxième mission est envoyée à leur recherche...
AVIS
A l'origine du film Mission To Mars, une réponse à l'actualité. En effet, à la veille de l'an 2000, cette planète intéresse de plus en plus les Terriens... Mission to Mars est la seule excursion de Brian De Palma dans le genre de la science-fiction (genre qu'il affectionnait adolescent). Mais le film reste mineur dans sa filmographie. Il pêche d'abord surtout par son scénario, en particulier les dialogues, sans aucune profondeur et bien trop hollywoodiens. Mais le film vaut le coup d'être vu pour les aficionados de De Palma, car il est doté d'une poésie assez rare dans le genre.
Doté d'un assez bon casting - Gary Sinise (Snake Eyes) et Tim Robbins (Mystic River), principalement - le film est également doté d'une très belle musique d'Ennio Morricone (qu'on ne présente plus). Mais la palme revient aux effets spéciaux. En effet, ils sont extrêmements réalistes. Malheureusement, le film ne va pas assez loin et est trop impersonnel, on reste sur sa faim. On se rappellera tout de même des superbes scènes d'apesanteur dans la navette.
EN BREF, une belle ambiance tout le long du film, mais Mission to Mars reste un film mineur et impersonnel.
Le palais des sports d'Atlantic City contient à peine la foule venue assister au match du siècle, où s'affrontent deux poids lourds de la boxe. Soudain des coups de feu éclatent à proximité du ring et le secrétaire d'Etat à la Defense s'effondre, mortellement blessé. L'enquête commence sous la direction de l'inspecteur Rick Santoro, policier corrompu. Rick va s'efforcer de sauver sa reputation ainsi que celle de son ami Kevin Dunne, chargé de la sécurité du secrétaire d'Etat, et qui s'était malencontreusement absenté au moment du drame...
AVIS
Snake Eyes est un film réalisé en 1998 par Brian De Palma, véritable huis-clot dont le titre américain signifie "yeux de serpents", sûrement en rapport avec le personne de Gary Sinise, et désigne également le double 1 aux jeux de dés. Après Mission : Impossible, le film est un vrai retour aux sources pour le réalisateur. En effet, il se permet à nouveau des effets de styles grandiloquents, puisque tout le film se base sur les différences de points de vue entre les personnages.
Le film débute par exemple sur un plan-séquence impressionant de 12 minutes qui restera dans les annales, on revient également très souvent sur des passages déjà vus, mais sous un nouvel angle, beaucoup de scènes sont filmées du point de vue d'un personnage, la caméra vole au-dessus des appartements... Bref, la mise en scène est virtuose et très inspirée.
Snake Eyes est un film à la mise en scène exagéré, il se regarde donc au second degré et pour le plaisir. Dommage que le dénouement nous laisse un peu sur notre fin. Côté acteurs, pas grand chose à dire. Le jeu de Nicolas Cage n'est pas exceptionnel, mais meilleur que certaines de ses autres interprétations. Gary Sinise, l'homme aux yeux de serpents, le Lieutenant Dan de Forrest Gump, n'est pas mauvais non-plus.
EN BREF, un film original, rythmé, à voir pour se faire plaisir.
Les membres d'un commando de la CIA sont envoyés à Prague avec pour mission d'appréhender, lors d'une réception dans l'ambassade américaine, un espion ennemi qui s'apprête à dérober une disquette contenant la liste secrète des agents en Europe centrale. Seulement ils ignorent que la CIA, persuadée que le commando est infiltré par une taupe, a envoyé une seconde équipe sur place...
AVIS
Mission : Impossible est à 1000 lieues des films de Brian De Palma typiques. En effet, c'est un blockbuster d'action hollywoodien, produit et avec Tom Cruise. Mais on ne s'abaisse pas ici aux films d'actions de seconde main. Le film est bien ficelé, à tel point qu'il est difficile de s'y retrouver dans les personnages et les intrigues.
Mais peut importe, ce qui compte dans Mission : Impossible, c'est de s'amuser, de se divertir pendant 1h45. En passionné d'Hitchcock, je comparerai ce film à la digression d'Hitchcock avec La Mort aux trousses en 1959, entre deux films à suspense (et pas des moindres : Sueurs Froides et Psychose).
Bref, si Mission : Impossible est un gros budget, ce n'est pas pour autant que Brian De Palma n'applique pas ses méthodes stylistiques habituelles. Pour exemple la scène culte où Tom Cruise est suspendu les airs par un cordage, dans une pièce sensible au moindre bruit, mouvement ou augmentation de température. Le suspense est à son comble, sans la moindre note de musique et sans dialogue.
Côté "cast and crew", un petit mot sur la très bonne bande originale de Danny Elfman, unique collaboration avec le réalisateur. Le scénario est écrit, une fois de plus (après L'Impasse) par David Koepp. Pour le choix du casting, on voit bien la francophilie de De Palma, avec la participation de Jean Reno et de Emmanuelle Béart. Tom Cruise, à l'origine du projet, se donne le premier rôle. Evitez la Version Française avec le doubleur de Bruce Willis (!). Jon Voight, qui jouait un an plus tôt dans Heat, tient le rôle du patron. Ving Rhames, déjà dans Outrages, joue un pro de l'informatique et l'excellente Kristin Scott Thomas joue le petit rôle de Sarah.
EN BREF, un film d'action du meilleur niveau, qui emballe ses spectateurs tout du long, malgré un scénario trop complexe.