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L'Impasse

Posté le 03.04.2008 par myplanity
L'Impasse

Titre original : Carlito's Way

Année : 1993

Durée : 2h20

Genre : Thriller, Drame

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Al Pacino, Sean Penn, Penelope Ann Miller

Interdit aux - 12 ans

RESUME

En 1975, à New York, Carlito Brigante, un ancien trafiquant de drogue, est libéré de prison grâce à David Kleinfeld, son avocat, qui a découvert plusieurs vices de forme dans la manière dont le procureur Bill Norwalk avait instruit le procès. Carlito est bien décidé à rentrer dans le droit chemin et, dès qu'il aura économisé assez d'argent, il compte se retirer aux Bahamas pour s'assurer une retraite paisible avec Gail, sa compagne danseuse dans une boîte de strip-tease. Mais le destin en décidera autrement.

AVIS

En 1993, Brian De Palma réalise L'Impasse, un film dramatique sur le personnage de Carlito Brigante, ancien gangster qui tente de se ré-introduire dans la société. A sa sortie, le film n'obtient pas un grand succès et la critique est partagée. Pourtant, ce film fait parti des meilleurs de son réalisateur.



Pour s'adapter à la finesse, à la beauté et côté tragique du film, De Palma opte pour une mise en scène plus sobre que celle d'un Body Double ou Pulsions. Le ton est beaucoup plus sérieux et l'oeuvre s'inscrit dans un style réaliste. Le savoir-faire du réalisateur est à son paroxysme, avec comme gageure : annoncer dès le début une mort certaine du personnage, tout en arrivant à captiver l'attention du spectateur jusqu'à la fin. Le suspense monte lentement tout le long du film, tandis qu'on compatit complétement pour le personnage. Et arrive la dernière scène, dans la gare, un grand moment, qui s'étend pendant un quart d'heure. On se rappellera longtemps du superbe plan-séquence de 3 minutes. Cette scène géniale aurait normalement dû être tournée au World Trade Center, mais cette année y eût lieu un premier attentat. D'autres moments restent dans les annales, comme la scène du billard, de l'hôpital ou celle sur le bateau.



Le film fonctionne également sur son très bon casting, avec Al Pacino toujours parfait. Totalement habité par le personnage, difficile de se dire que ce même visage était celui de Tony Montana. Sean Penn est également très bon dans son rôle, un cran au-dessus que dans Outrages. Penelope Ann Miller (L'éveil, Le masque de l'araignée) joue également assez bien. John Leguizamo, déjà vu dans Outrages, joue ici le rôle de Benny Blanco du Bronx et on peut voir l'apparition de Viggo Mortensen. En 1993, il a déjà à son actif un rôle pour Woody Allen dans La Rose Pourpre du Caire et une collaboration avec Sean Penn dans le film de ce-dernier, The Indian Runner.



Enfin, on note la musique composée par Patrick Doyle (exit Pino Donaggio) et le scénario écrit par David Koepp, excellent scénariste des deux premiers Jurassic Park et quelques années plus tard de Mission : Impossible et Snake Eyes du même Brian De Palma.



EN BREF, un film magnifique, dramatique et prenant. On ne voit pas les 2h20 passer.

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MA NOTE : 10/10



--

L'esprit de Caïn

Posté le 02.04.2008 par myplanity
L'esprit de Caïn

Titre original : Raising Caïn

Année : 1992

Durée : 1h27

Genre : Thriller, Epouvante

Réalisation : Brian De Palma

Avec : John Lithgow, Steven Bauer, Lolita Davidovich

Interdit aux - 12 ans

RESUME

Père de famille attentionné, Carter souffre de schizophrénie profonde, partagé entre quatre personnalités que domine celle de Caïn, le maléfique...

AVIS

En 1992, Brian De Palma tente un dernier retour dans le thriller et dans l'épouvante avec L'esprit de Caïn. Peut-être nostalgique du temps des Blow Out, Pulsions et Body Double, il écrit lui même le scénario sur un homme schizophrène. Si le film reste sympathique à regarder pour les fans du metteur en scène, il n'est même pas comparable à ses prédecesseurs. En effet, De Palma tombe peut-être ici au plus bas. Pourtant, il y a de quoi faire un très bon film. Le fond est d'ailleurs très bon. Mais c'est par la forme que le film déçoit. En effet, difficile d'admettre que ce film est bel et bien réalisé par De Palma. La mise en scène semble être celle d'un téléfilm, sans grande originalité. Les quelques scènes plus accrochantes semblent être une très pâle copie de vraies scènes cultes de Pulsions, Les Incorruptibles, Blow Out...



Toujours dans un élan nostalgique, L'esprit de Caïn offre la dernière collaboration entre De Palma et Pino Donaggio, qui compose une bande originale digne de ce qu'il a toujours su faire (à l'opposé du réalisateur).



Le film vaut donc surtout le coup pour John Lithgow, méchant d'Obsession et Blow Out, qui fait une interprétation totalement époustouflante de ses multiples rôles. Les scènes où il change de personalité sont d'ailleurs complétement délirantes. Il reçoit d'ailleurs le prix de meilleur acteur par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur pour ce film. Le rôle féminin, par contre, est très décevant. Lolita Davidovich est plutôt execrable dans son rôle. On revoit également Gregg Henry, qui a joué dans Body Double, ici en inspecteur de police et Steven Bauer, co-équipier d'Al Pacino dans Scarface.



EN BREF, se regarde très bien, bien délirant, parfois surprenant, mais ne se différencie pas, malheureusement, d'un film d'horreur de série B. Une déception pour un film de De Palma.



MA NOTE : 7/10

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Son associé au billet :

Le bûcher des Vanités

Posté le 02.04.2008 par myplanity
Le Bûcher des Vanités

Titre original : The Bonfire of the Vanities

Année : 1990

Durée : 2h00

Genre : Comédie

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Melanie Griffith, Tom Hanks, Bruce Willis

RESUME

A la suite d'un banal fait divers, Sherman McCoy, élite de la haute finance new-yorkaise, devient la proie des politiciens, des médias et de la justice qui ont besoin de redorer leur blason...

AVIS

Le Bûcher des Vanités, réalisé par Brian De Palma et sorti en 1991, reste malheureusement une oeuvre trop méconnue. Bien qu'il bénéficie d'un excellent casting, le film est un gros échec commercial. Le film est adapté du roman éponyme de Tom Wolfe, écrivain-journaliste satirique célèbre. Le film critique donc la bourgeoisie d'aujourd'hui, du milieu des affaires, l'hypocrisie, avec un humour délectable. Mais Le Bûcher des Vanités dépeint également le milieu du journalisme, sans concession, celui de la politique et est, surtout, une oeuvre anti-raciste. Pour exemple, la scène dans laquelle Mélanie Griffith arrive dans le Bronx en pensant arriver dans une jungle terrifiante.



La mise en scène habituelle de De Palma n'en est pas plus nuancée pour autant. On retrouve souvent son génie de mise en scène, comme par exemple l'emprisonnement de Sherman avec la reprise de la pièce de théâtre vue plus tôt, ou encore le formidable plan-séquence du début de 6 minutes, un vrai moment culte, dans lequel Bruce Willis nous parle directement en voix-off.



Le film est donc narré par Bruce Willis, qui joue ici un journaliste ivrogne et deprimé, qui nous raconte comment il est tombé sur son plus grand scoop : l'affaire Sherman McCoy. Sherman, naïf homme d'affaire, est joué par Tom Hanks, qui prouve encore une fois son talent pour jouer les rôles d'idiots. Sa maîtresse, Maria, est jouée par Mélanie Griffith. Une femme qui ne vit que dans les beaux quartiers, et saisit la moindre occasion pour partir au bras du plus riche. Morgan Freeman, lui, joue un second rôle, malheureusement sous-exploité, celui du juge de l'affaire. Enfin, F. Murray Abraham, 5 ans après son oscar pour Amadeus et son rôle dans Scarface, joue ici le rôle d'un maire ambitieux et calculateur.



Le Bûcher des Vanités s'éloigne évidemment des films qui font le succès de son réalisateur, mais cette excellente satire sociale montre le savoir faire du réalisateur, peut importe le sujet. Un film un peu dramatique, parfois, et dans lequel les humains les immoraux n'habitent pas à Harlem mais dans les quartiers chics de Wall Street.



EN BREF, ce film n'est pas indispensable, mais on passe un excellent moment à la regarder.

MA NOTE : 8/10

Outrages

Posté le 02.04.2008 par myplanity
Outrages

Titre original : Casualties of War

Année : 1989

Durée : 1h53

Genre : Guerre, Biopic

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Michael J. Fox, Sean Penn

Interdit aux - 12 ans

RESUME

Lors d'une mission, Eriksson, jeune recrue, est sauvé d'une mort certaine par son commandant Meserve. Quelques jours plus tard, le radio de l'escouade est abattu dans un village allié. Meserve décide alors d'enlever une jeune villageoise. Eriksson, ne doutant pas du sort réservé à la jeune fille, va se battre, malgré son admiration pour son commandant, contre tous les hommes de sa patrouille.

AVIS

Après avoir réalisé Les Incorruptibles, Brian De Palma réalise en 1989 un film sur la guerre du Vietnam, Outrages. Plutôt que d'aborder le thème d'un aspect politique ou plus général, il s'intéresse à une histoire particulière qui s'y est déroulée : le kidnapping d'une jeune Vietnamienne par des soldats Américains. Une histoire que le réalisateur a lu dans un journal alors qu'il était encore étudiant et opposant à la guerre du Vietnam. Le film dépeint donc les réactions humaines en temps de guerre, en abordant l'absurdité de celle-ci.



Outrages bénéficie également d'un casting assez intéressant. Michael J. Fox, qui vient juste de tourner Retour vers le futur II, interprète brillament son rôle de jeune soldat, choqué par l'immoralité de ses compagnons. Il fait face à Sean Penn, particulièrement détestable dans ce film. Son interpretation convainquera De Palma, puisqu'il le réengagera dans L'Impasse. Enfin, du côté des "seconds couteaux", on peut voir John Leguizamo, qu'on retrouvera également dans L'Impasse et Ving Rhames, le Marcellus Wallace de Pulp Fiction, qu'on reverra dans Mission : Impossible.



Brian De Palma met son style personnel au service de cette histoire vraie. La critique lui reprochera d'ailleurs amèrement d'avoir réalisé ce film à la manière de ses thrillers habituels. Comme exemples, la scène du tunnel dans lequel un Vietnamien rampe un couteau entre les dents ou celle de la grenade vers la fin. De plus, on peut trouver le film un peu manichéen. Outrages reste tout de même excellent film de guerre, touchant et plutôt dur. La guerre du Vietnam est finalement plutôt le décor du film, plutôt que l'histoire en elle-même. Il dénonce cette guerre par le biais de ce fait-divers.



EN BREF : Une histoire touchante, qui montre cruement l'horreur et la bêtise d'une guerre. Et presque 20 ans après sort sur nos écrans Redacted, de De Palma, sur la guerre en Irak. Ca laisse à réfléchir.

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MA NOTE : 8/10


Les Incorruptibles

Posté le 01.04.2008 par myplanity
Les Incorruptibles

Titre original : The Untouchables

Année : 1987

Durée : 2H00

Genre : Action, historique, drame

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Kevin Costner, Sean Connery, Robert De Niro, Andy Garcia

RESUME

A Chicago dans les années trente, lors de la prohibition, Al Capone règne en maître absolu sur le réseau de vente illégale d'alcool. Décidé à mettre un terme au trafic et à confondre Al Capone, l'agent Eliot Ness recrute trois hommes de confiance, aussi intraitables que lui. Ensemble, les quatre "incorruptibles" partent en guerre contre le gang de Capone...

AVIS

Après son dernier film hitchcockien, Body Double, Brian De Palma devient légerement plus touche à tout : film de guerre (Outrage), film d'action (Mission : Impossible), film de science-fiction (Mission to Mars), thrillers (L'esprit de Caïn, Snake Eyes, Femme fatale, Le dahlia noir), comédies (Mafia Salad, Le Bûcher des Vanités) et drame (L'impasse). Il aura réalisé dans sa carrière 3 films de "gangsters" : Scarface, L'impasse et Les incorruptibles. Le premier critique, dure et pesant ; le second plus dramatique et touchant. Le dernier, enfin, un grand film à l'américaine.



Malgré ces changements de genre, il a toujours gardé son style : image et décors baroques, contrastes, split-screen, un suspense bien maîtrisé, bref une certaine saveur, qui lui est bien particulière. Hitchcock disait "certains films sont une part de vie, moi je veux faire des parts de gâteau!". Brian De Palma, qui se veut l'héritier du maître ès suspense (Obsession, Soeurs de sang...) reprend bien cette caractéristique. Dans ce film, il réalise scènes cultes sur scènes cultes !



Les coups de maître ne manquent pas : scène de la poussette dans la gare, au ralentit ; la première apparition de Frank Nitti, le tueur au costume blanc ; la mort des personnages (pas de spoiler) ; et la fameuse batte de baseball. Le tout sur la musique formidable d'Ennio Morricone, à placer dans le top de ses B.O. Le thème de l'homme aux allumettes rappelle d'ailleurs celui de l'homme à l'harmonica de Il était une fois dans l'Ouest ; le thème général reprend celui de Peur sur la ville (avec Belmondo).



En plus des séquence et de la musique délectables, le film vaut son pesant d'or grâce à un très bon casting. Le film donne son premier rôle à Andy Garcia et fait connaître Kevin Costner, ainsi que Charles Martin Smith. A leurs côtés Sean Connery, qui lui n'a plus à faire ses preuves puisqu'il obtient pour ce film l'Oscar du meilleur second rôle. Les quatre "incorruptibles" affrontent Al Capone, joué par un Robert De Niro toujours génial, faut-il le préciser...



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EN BREF, un film hommage au genre de gangster typique, qu'on a toujours plaisir à revoir.

MA NOTE : 9,5/10
Son associé au billet :

Body Double

Posté le 01.04.2008 par myplanity
Body Double

Année : 1984

Durée : 1h54

Genre : Thriller

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Craig Wasson, Mélanie Griffith, Gregg Henry

Interdit aux - 12 ans

RESUME

Jack, jeune comédien au chomage souffrant de claustrophobie, vient de voir sa femme au lit avec un autre homme. Il occupe pendant quelque temps l'appartement d'un ami. Profitant de la vue panoramique, il observe sa charmante voisine, Gloria, dont il ne tarde pas à devenir fou amoureux. A force de l'épier, il assiste un jour à l'assassinat de la jeune femme...


AVIS

Après Sisters, Obsession, Pulsions et Blow Out, Body Double est le dernier grand hommage à Hitchcock de Brian De Palma. Il reprend cette fois Fenêtre sur Cour (avec James Stewart et Grace Kelly), un chef d'oeuvre du "Maître", dans lequel un homme immobilisé par un plâtre est témoin d'un meurtre tandis qu'il espionne ses voisins. Hitchcock disait "mes films ne sont pas des parts de vie, ce sont des parts de gâteau". Brian De Palma applique cette philosophie dans ces films, et Body Double en est le paroxysme. Le film reprend également Sueurs Froides, avec le retour d'une femme décédée.



Tout en reprenant Hitchcock, De Palma décide de briser les codes et les principes. Il situe son film dans l'univers du porno ! Tandis que James Stewart regardait ses voisins pour passer le temps dans Fenêtre sur Cour, Jack espionne sa voisine tous les soirs faire son numéro coquin. Et la femme qu'il "aimait" revient des morts en star du porno. Et si James Stewart est bloqué à cause de sa jambe cassée, dans Body Double, Jack est coincé à cause de ses problèmes sexuels (sa femme le trompe) et de sa claustrophobie - qui renvoie également au vertige de Sueurs Froides.



Le titre, Body Double, signifie "doublure". Il renvoie évidemment à l'intrigue, mais également à la scène finale, dans laquelle Jack reprend son rôle de 'vampire sanglant' ; le réalisateur demande alors à une doublure de remplacer l'actrice pour le gros plan des seins. En effet, le film multiplie les mises en abîmes, les "films dans le film", que De Palma affectionne (Sisters, Blow Out, Snake Eyes). Dans Body Double, en plus du tournage du 'Vampire Sanglant' , il y a celui de 'Holly se fait Hollywood', dans un autre genre... Le titre, Body Double, peut donc également évoquer un dédoublement du film. Une manière de dire "ce n'est qu'un film, alors amusez-vous", ce qui permet au réalisateur d'aller dans la surrenchère, à l'image de la scène du baiser, où la caméra virevolte en travelling circulaire plus que de raison.



Le film, en avance sur son temps, trop grand-guignolesque, surprend trop. Il est nominé aux Razzie Awards pour la "pire réalisation" ! Mais comme toujours, les avis divèrgent : Mélanie Griffith est nominée aux Golden Globes et gagne le prix de meilleur second rôle féminin du National Society of Film Critics Awards. L'actrice retrouvera De Palma dans Le Bûcher des Vanités. Dans le rôle du héros, Craig Wasson. Son personnage lui colle tellement à la peau qu'il ne jouera malheureusement que dans quelques séries B. Enfin, le "méchant" est joué par Gregg Henry qu'on retrouvera dans Le Dalhia Noir.



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EN BREF, ce film est l'une des meilleures "parts de gâteau" du cinéma. Un grand plaisir à voir !

MA NOTE : 9,5/10
Son associé au billet :

Scarface

Posté le 01.04.2008 par myplanity
Scarface

Année : 1983

Durée : 1h45

Genre : Drame, action

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Al Pacino, Michelle Pfeiffer, Steven Bauer

RESUME

En 1980, Tony "Scarface" Montana bénéficie d'une amnistie du gouvernement cubain pour retourner en Floride. Ambitieux et sans scrupules, il élabore un plan pour éliminer un caïd de la pègre et prendre la place qu'il occupait sur le marché de la drogue.

AVIS

Scarface est réalisé en 1983 par Brian De Palma. C'est à dire 1 an avant Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, 5 ans avant Les Affranchis de Scorsese et 10 ans après Le Parrain de Coppola. Mais Scarface s'éloigne des autres films de mafia, par son décor et son ton unique. Remake de Scarface d'Howard Hawkes, qui raconte lui aussi la réussite et la chute d'un gangster, le film s'en éloigne énormement. D'ailleurs la critique, à sa sortie, est très surprise. Le film est selon elle trop violent, malsain, brutal pour le remake d'un film de 1932. Elle s'acharne sur le film, qui devra attendre longtemps avant que quelques cinéphiles lui donnent le statut de film culte.



Le film parvient à nous captiver en nous racontant la vie de Tony Montana. Ce jeune cubain tombe dans la déchéance en courant après le rêve américain (fasciné par le slogan "The Word is Your"). Le film est donc également très critique du système ; pas étonnant quand on sait que le scénario est écrit par Oliver Stone.



Malheureusement le film manque d'une vraie tension. Il se laisse regarder mais le rythme s'essoufle souvent. De plus le style de son réalisateur, De Palma, est absent. Peut-être n'était-il pas l'homme de la situation. La musique de Giorgo Moroder a également un peu vieillie, même si elle donne complétement le ton au film. Le film m'a donc un peu déçu, il paraît un peu trop monotone, et je ne trouve pas qu'il mérite le statut de "chef d'oeuvre", même s'il reste un "très bon film" à mes yeux.



Enfin, côté acteurs, on ne peut que s'incliner devant la prestation d'Al Pacino. Son personnage infatiguable, grande-gueule, simple d'esprit, est à la fois attachant et detestable. Le reste du casting est bon, avec Michelle Pfeiffer et également F. Murray Abraham (Amadeus), qu'on retrouvera dans Le Bûcher des Vanités du même De Palma.



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EN BREF : même si le film accroche jusqu'à la fin, il est un peu impersonnel et manque parfois d'ardeur.

MA NOTE : 8/10
Son associé au billet :

Blow Out

Posté le 01.04.2008 par myplanity
Blow Out

Année : 1981

Durée : 1h47

Genre : Thriller

Réalisation : Brian De Palma

Avec : John Travolta, Nancy Allen, John Lithgow

RESUME

Alors qu'il enregistre les bruits nocturnes de la nature dans une campagne isolée, un ingénieur du son est témoin d'un accident d'automobile. Mais il va peu à peu s'apercevoir que cet évènement cache en fait une autre réalité...

AVIS

Blow Out, de Brian De Palma, s'inspire du film Blow Up de Michelangelo Antonioni. Le film d'Antonioni, sorti en 1967, mettait en scène un photographe témoin d'un meurtre dans un parc. De Palma change "Up" en "Out" et transforme ce photographe en preneur de son. Mais le film n'est pas un simple remake. C'est un hommage, une relecture, faite par un amoureux du cinéma, comme il l'a fait avec Hitchcock. Le film traite également du thème du complot d'Etat, Jack est l'homme qui en sait trop et que personne ne veut croire. Il s'embarque dans une intrigue trop complexe pour lui, aux enjeux qui le dépassent. On retrouve bien la trame et la narration hitchcockienne.



En faisant de Jack un preneur de son, Brian De Palma fait une mise en abîme du 7° art. Le film commence par un "film dans le film" : on y voit un slasher pour adolescents typique des seventies et particulièrement mal fait. Une manière de dire "mes films ne sont pas que de simples films d'horreurs" ? Non, plutôt la touche d'humour du film et un clin d'oeil aux séries B.



En effet, Blow Out n'est pas Pulsions ou Body Double. Ici, la mise en scène est bien plus réaliste, moins grand-guignolesque et le second degré disparaît. Mais comment faire autrement avec la dure scène finale ? C'est peut-être aussi le film de De Palma où le suspense est le mieux tenu. La dernière partie, de la gare au feu d'artifice, nous tient constemment en haleine. Chapeau bas, également, au directeur de la photographie, Vilmos Zsigmond (Obsession, Le Dahlia noir, Le bûcher des vanités, Sugarland Express, Voyage au bout de l'enfer...) : les couleurs sont très belles, d'un rouge vif rappelant les meilleurs giallos italiens. Enfin, côté visuel, De Palma use avec parcimonie de son génie de mise en scène. On voit qu'elle est parfaitement maîtrisée, pour mieux servir le suspense du film. L'apogée est au dénouement : la scène du feu d'artifice est l'une des plus belles du cinéma, sur la magnifique musique de Pino Donaggio (Tarantino réutilise cette musique dans Boulevard de la mort).



Pour terminer, un petit tour côté casting. Le rôle principal de Jack est tenu par John Travolta, au sommet de sa carrière dans ce film. Son interprétation est excellente, au même niveau que Pulp Fiction. Evitez, je vous en supplie, la Version Française, qui nous a collé Gérard Depardieu en doubleur de Travolta ! et la voix d'Astérix et d'Hercule Poirot, Roger Carel, en méchant détective... Bref. On retrouve la "Mme De Palma" de l'époque, la belle Nancy Allen (Pulsions). Son personnage de jeune femme naïve est touchant et attachant. Dans les seconds rôles, on retrouve John Lithgow, qu'on retrouva en Carter dans L'esprit de Caïn. Il joue dans Blow Out un tueur à gage impitoyable. Enfin, second habitué de Brian De Palma, Denniz Franz (policier dans Pulsions, réalisateur de navets dans Body Double), il joue ici Manny, un photographe immoral.



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EN BREF, l'un des plus beaux thrillers existant, un sommet dans la filmographie de De Palma. On ne s'ennuie pas une seconde.

MA NOTE : 9/10
Son associé au billet :

Pulsions

Posté le 31.03.2008 par myplanity
Pulsions

Titre original : Dressed to Kill

Année : 1980

Durée : 1h40

Genre : Thriller, horreur

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Angie Dickinson, Michael Caine, Nancy Allen

Interdit aux - 16 ans

RESUME

Une femme à la vie sexuelle perturbée consulte un psychiatre. A la suite de cette entrevue, elle passe la nuit avec un inconnu rencontré dans un musée. Le lendemain, elle se fait assassiner par une mystérieuse blonde. Une call-girl qui a assisté au drame est traquée par la meurtrière...

AVIS

Après avoir réalisé Home Movies, une comédie semi-autobiographique avec Kirk Douglas, Brian De Palma reprend son "hitchcockisation" avec Pulsions, en 1980. Si Sisters et Obsession étaient déjà dans cette veine, Carrie au bal du diable et Furie s'en étaient éloignés. Obsession était son Sueurs Froides ; Pulsions sera son Psychose. Il en reprend le noeud de l'intrigue, le dénouement, les grands points (twist final, meurtre à la quarantième minute, duo d'enquêteurs amateurs...) mais en transformant complétement la narration. Pour enfoncer le clou, il commence et termine son film sous la douche... Le titre original, Dressed to kill, désigne une expression anglosaxone qu'on traduirait par "tiré à quatre épingles", mais signifie également "s'habiller pour tuer", ce qui prend tout son sens au final.



Mais l'idée de Pulsions, c'est de mêler un classicisme hitchcockien (enquête, suspense) à un érotisme torride. De Palma veut choquer son public, comme Hitchcock avait choqué le sien 20 ans plus tôt en montrant une femme en sous-vêtements ou un siège de toilette. En effet, le film commence sur une nudité assez crue et la première demi-heure nous raconte la vie sexuelle de Kate. On se rappellera toujours de la première scène, dans laquelle Angie Dickinson (Kate) nous lance un regard coquin directement, à nous spectateurs, en se frottant sous la douche... Et qui enquête ? Une prostituée ! Le film a même été censuré de 3 minutes aux USA ; version censurée dont nous avons hérité dans l'édition DVD Française ! De Palma reprendra ce concept pour Body Double, en l'applicant à un autre Hitchcock, Fenêtre sur Cour.
Le film obtient un très bon succès auprès du public, mais la critique se déchaîne contre lui. Il est à la fois nominé aux Golden Globes et aux Razzie Awards (qui récompensent les pires films). Cela prouve bien que les films de Brian De Palma ne font jamais l'unanimité.



Angie Dickinson, qui gagne le Prix de la meilleure actrice par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur, interprète brillament le personnage "principal" (mais autant "principal" que Janet Leigh dans Psychose...) : une femme cinquetenaire, frustrée et perdue. Nancy Allen est mariée à Brian De Palma de 1979 à 1983. Dans Pulsions, elle tient le vrai rôle de l'héroïne, qu'on suit toute la seconde partie de l'intrigue. Un rôle qui la révela dans le milieu du cinéma, même si elle n'arriva jamais à percer réellement. A ses côtés, le jeune Keith Gordon (Christine de John Carpenter) enquête sur la mort de sa mère. Il avait déjà collaboré avec le réalisateur dans son film précédent, Home Movies. Enfin, le grand Michael Caine joue le rôle du psychiatre que consulte Kate et qui a souvent affaire à la terrible 'Bobby'. Son jeu d'acteur est excellent, comme vous le constaterez. A noter que Sean Connery avait été approché pour le rôle, mais il était déjà pris. Il se rattrapera en tournant dans Les Incorruptibles.



Enfin, revenons une dernière fois sur la forme : même si l'inspiration de Psychose est forte (et certains oseront parler de "pompage"...), le film est parfaitement De Palmien. On note le retour de Pino Donaggio, qui offre une superbe B.O. (il réutilise une fois les violons de Psychose dans la toute dernière scène, comme il l'avait fait dans Carrie). Les morceaux de bravoure prolifèrent comme à son habitude, en particulier dans l'excellente scène de meurtre. Mais celles du taxi, du dénouement, de l'hopitâl et les différents rêves sont tout autant jouissif pour l'amateur du metteur en scène... et pour tout bon cinéphile.

EN BREF : Joussif, dans tous les sens du terme. Mais aussi prenant - et surprenant.

MA NOTE : 9,5/10



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Furie

Posté le 31.03.2008 par myplanity
Furie

Titre original : The Fury

Année : 1978

Durée : 1h53

Genre : Fantastique, épouvante

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Kirk Douglas

RESUME

Le père d'un enfant doué de pouvoirs de voyance se met à la recherche de son fils. Celui-ci a été enlevé par une agence de contre-espionnage qui veut utiliser ses aptitudes paranormales à des fins politiques. Il est aidé par une jeune étudiante qui a les mêmes pouvoirs que son fils...

AVIS

Brian de Palma, infatiguable, réalise Furie après Carrie au bal du diable ; le film sort en 1978. Après avoir adapté Stephen King, il décide de s'ateler à un ouvrage de John Farris (né en 1936), un excellent écrivain fantastique (que King lui-même admire). L'auteur adapte lui-même son roman en scénario. Nous reviendrons sur ce point plus tard.



Côté positif, le film bénéficie d'un casting et d'une équipe excellente. Tout d'abord, d'un géant du cinéma, Kirk Douglas (20 000 lieues sous les mers, Les sentiers de la gloire, Les Vikings, Spartacus...). En plus d'être, probablement, un très bon argument commercial, l'acteur est évidemment parfait. Son entente avec le réalisateur a dût être bonne, puisqu'il jouera dans son prochain film, Home Movies. Le héros, c'est lui, et le spectateur est impatient de le revoir à chaque scène. En effet, le film alterne entre la recherche de Peter (Kirk Douglas) et les visions de Gillian, l'héroïne dotée de pouvoirs surnaturels. Et ces deux héros parallèles ne se rencontrent qu'au bout d'1H30 de film ! Gillian est jouée par Amy Irving, qu'on a déjà pu voir dans Carrie au bal du diable. Aurait-elle héritée des pouvoirs de son ami Carrie White ? En effet, les deux films traitent tous les deux de pouvoirs psychiques, comme un duo unique dans la carrière de De Palma. Revenons en à Amy Irving, dont la prestation est tout à fait acceptable. Enfin, l'acteur-réalisateur John Cassavetes (Shadows, Les Douze Salopards, Rosemary's Baby...) joue un méchant... très méchant. Rien à dire sur son excellent jeu. Pensez également à trouver le "Phantom" du Paradise, William Finley, dans une courte scène.



Enfin, côté 'équipe technique', Furie marque l'unique collaboration de Brian de Palma avec John Williams (Les dents de la mer, Indiana Jones, Star Wars, Harry Potter, La liste de Schindler... Cet immense compositeur écrit une partition qui donne son ton au film, une bande-originale exceptionnelle dont les notes restent à toujours en mémoire. Côté technique, les maquillages sont réalisés par Rick Baker, un des plus grands maquilleurs et créateurs d'effets spéciaux d'Hollywood (Le Loup-garou de Londres, La guerre des étoiles, Videodrome...).



Revenons au film en lui-même. Ou plutôt les "deux" films. En effet, Furie est un mélange de genres, qui marche parfaitement au début, mais tue le film à la fin. Il oscille, parfois dangereusement, entre thriller et film fantastique. Ce cocktail vire au n'importe quoi au final, ce qui laisse un goût amer de déception au spectateur. Ce qui marchait pour le roman ne marchait peut-être pas pour le cinéma. Il reste au spectateur un peu déçu le souvenir nostalgique des trois premiers tiers du film, entraînants, palpitants, et quelques scènes cultes (l'évasion, la vision dans les escaliers...).

EN BREF, une fin qui, malheureusement, gâche un excellent film, unique, étonnant.

MA NOTE : 7/10

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