- Claude Chabrol
Publié le 03/06/2009 à 00:28 par myplanity
La Cérémonie
Claude Chabrol
1995
Sophie, bonne analphabète et secrète mais dévouée, est engagée au service d'une famille bourgeoise de Saint-Malo. Son amitié avec la postière, curieuse et envieuse, va déclencher une série de drames.
***
Un des meilleurs Chabrol, qui se fait à la fois critique acerbe de la société et vision pessimiste sur l’être humain et ses pulsions. Le réalisateur nous invite à une véritable tragédie, celle du quotidien, où une femme du peuple est menée à commettre l’irréparable faute d’éducation ou de repères (les vies des deux jeunes femmes sont marquées par des drames ; le symbole de l’analphabétisme), tandis que les bourgeois se reposent près de la cheminée dans leur salon calfeutré. Le crime devient à la fois conséquence sociale et folie passagère, perte de raison ;
La cérémonie est donc à la fois un film moraliste et un thriller psychologique. La mise en scène de Chabrol est à son meilleur niveau, et les performances des acteurs achèvent le tableau : le duo Sandrine Bonnaire / Isabelle Huppert est sidérant, mais l’interprétation du couple aisé par Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Cassel est également parfaite. Le tout s'avère marquant, fort et corrosif, mais surtout criant de vérité.
Publié le 01/06/2009 à 17:14 par myplanity
Le boucher
Claude Chabrol
1970
Dans un village du Périgord, la vie quotidienne des habitants cesse brusquement d'être tranquille : des femmes sont égorgées.
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Bon film de Claude Chabrol, gros succès en son temps,
Le Boucher combine plusieurs qualités : d'abord, deux excellents acteurs en tête d'affiche, Jean Yanne et la superbe Stéphane Audran. Ensuite, la mise en scène, par son réalisme, se fond littéralement à la vie rurale. Enfin, Chabrol parvient à ménager un bon suspense. Néanmoins, le film possède aussi ses erreurs, ses quelques défauts : cette mise en scène réaliste peut aussi paraître bien fade à certains moments ; les acteurs sont excellents, mais pourtant la souffrance mentale de l'assassin ne persuade pas et n'émeut pas, trop vite expédiée dans le dénouement ; enfin, si suspense il y a, on peut regretter qu'il n'y ait suspense que dans les dernières minutes. Mais bon, il semble qu'il y ait dans chaque film de Chabrol une lutte entre les "bons points" et "les mauvais points". Et comme
Le boucher collecte une majorité de bons points (grâce au final réussi, à l'aspect sombre et légèrement onirique, et les toutes dernières images qui peuvent laisser suspicieux le spectateur attentif), on peut facilement le placer dans les Chabrol à voir.
Publié le 08/03/2009 à 12:00 par myplanity
Une affaire de femmes
Claude Chabrol
1988
Marie, mère de famille, accepte d'aider sa voisine à se débarrasser d'un enfant non désiré. Encouragée par le succès, elle entame un processus qui en fera une faiseuse d'anges, et une femme adultère.
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Basé d'un fait réel,
Une affaire de femmes s'appuie moins sur son originalité scénaristique que sur le jeu d'Isabelle Huppert et la mise en scène très correcte, voire parfois très bonne, de Claude Chabrol.
Publié le 22/02/2009 à 12:00 par myplanity
Bellamy
Claude Chabrol
2009
Comme chaque année à la belle saison, le commissaire Paul Bellamy vient séjourner à Nîmes dans la maison de famille de sa femme Françoise qui rêve de croisières au bout du monde... Paul ne peut se passer de Françoise, mais il déteste les voyages. Un double prétexte le cloue sur place : l'arrivée inopinée de Jacques son demi-frère, aventurier au petit pied, porté sur la bouteille ; et l'apparition d'un homme aux abois qui lui réclame sa protection.
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Le dernier Claude Chabrol est un perle, et comme on s'en doutait, littéralement transcendé par la présence de Depardieu. Depuis longtemps on ne l'avait vu aussi fort à l'écran, aussi proche de nous ; en fail il "est" nous pendant 1h50. Ses partenaires de jeu - Vahina Glocante, Gamblin, Cornillac, Marie Bunel - sont eux aussi à la hauteur, mais c'est vraiment Depardieu le centre du film, la voix du film, le film lui-même. Il joue à la perfection et les dialogues de Chabrol, pas toujours évidents à jouer il est vrai, sortent on ne peux plus justes de sa bouche et font mouche. Chabrol aussi atteint des sommets, sa mise en scène participe à faire de
Bellamy un de ses films les plus aboutit. Sublimes scènes que le flash-back du cours de danse ou l'accident de voiture. Il joue le jeu des faux-semblants et des apparences. Certes, le sujet du film semble être celui de l'ambition des petits bourgeois de province (Bel-Ami) et surtout jusqu'à quelle absurdité (le meurtre) celle-ci peut mener. Mais avec ce personnage de détective finalement très humain, Chabrol semble vouloir exprimer notre désir de voir le dessous des faits, ce qui se cache derrière toute chose. Dès le début, un homme inconnu va sur une tombe en sifflotant un air de Brassens. Qui est-il ? Nous n'avons pas le temps de le savoir car la caméra s'éloigne et le générique s'impose. Puis, tout au long du film, le commissaire Bellamy est un peu perdu et nous avec, et même quand il pense s'être approché un maximum de la vérité il reste perplexe : s'est-il fait rouler dans la farine ? Le mystère, l'énigme, reste jusqu'aux derniers plans, à une citation finale sur les apparences, à un dénouement qui remet tout en question : nous aussi, spectateurs, nous serions-nous fait rouler dans la farine ? Coup de théâtre magistral mais subtil pour un Chabrol subtil et magistral.
Publié le 22/02/2009 à 12:00 par myplanity
Masques
Claude Chabrol
1987
Roland Wolf, jeune journaliste, se fait inviter par Christian Legagneur, sous prétexte d'écrire la biographie de ce présentateur-vedette de télévision. En réalité, il cherche à retrouver la trace de sa sœur Madeleine, mystérieusement disparue.
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Un des films les plus moralistes et satiriques de Chabrol, une critique acerbe de l'hypocrisie de la télévision ; le speech final de Noiret acculé fait plaisir à voir pour tous ceux qui détestent la mièvrerie des émissions perpetuellement diffusées le dimanche après-midi. La parodie des émissions de Jacques Martin, Sabatier et autres Drucker est vraiment trucculente et savoureuse. Comme toujours, certes, Chabrol n'est pas parfait sur toute la ligne et signe un simple "petit film" ; néanmoins, la mise en scène brille par intermitence, comme lors de l'affrontement final aux échecs. Notez le clin d'oeil aux cinéphiles qui connaissent les influences de Chabrol : le héros trace un M sur un miroir, rappelant le
M de Fritz Lang, avant de prononcer le prénom Madeleine, qui renvoit à l'héroïne mythique de
Vertigo d'Hitchcock. Pour en revenir au film, c'est comme d'habitude chez Chabrol une oeuvre modeste, mais pour une fois elle va au bout de son sujet, ne nous laisse pas sur notre faim et s'avère assez jubilatoire.
Publié le 15/02/2009 à 12:00 par myplanity
Rien ne va plus
Claude Chabrol
1997
Victor a soixante ans, Betty, la moitié de son âge. Ils forment un couple disparate et bien malin qui pourrait dire leurs rapports réels, sinon ceux d'une association de malfaiteurs. Ils sillonnent la France et les pays limitrophes a bord d'un camping-car, recherchant particulièrement les congrès professionnels ou Betty se charge de trouver des pigeons. Ils ne se font jamais prendre car ils restent modestes dans leurs exactions. Jusqu'au jour ou une de leurs opérations les entraine sur le terrain inconnu et dangereux du blanchiment de l'argent douteux.
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Comme souvent, Chabrol a du mal à remplir le contrat jusqu'au bout et signe un film inégal. Tout est parfait excepté la fin exotique et nunuche, où les jeux d'acteurs deviennent outrés (Serrault compris, qui jusque là était toujours dans le bon ton, en témoigne la sublime scène d'intro), et où le réalisateur nous laisse sur notre faim. Dommage, car ce film sur les faux-semblants et les apparences était jusqu'alors intelligemment écrit, que ce soit pour l'intrigue ou les dialogues, brillament réalisé et superbement joué. Partez avant les dernières vingt minutes, et vous aurez vu le meilleur film de Claude Chabrol. Dommage.
Publié le 15/02/2009 à 12:00 par myplanity
Le Cri du hibou
Claude Chabrol
1987
Après s'être séparé de sa femme, Robert s'en va à Vichy où il va observer Juliette de son oeil de dessinateur. Le fiancé de Juliette, Patrick, devient jaloux et agresse Robert qui devient le principal suspect quand Patrick vient à disparaître.
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Un Chabrol très hitchcockien, croisement entre
Psychose pour le doute qu'on éprouve face à notre héros (fou ou non ?),
La mort aux trousses et consoeurs pour le thème du faux coupable et peut-être
Vertigo pour l'amour morbide. Certes le film n'atteint pas le niveau des trois chef d'oeuvres cités, mais il a le mérite de ne pas en faire un plagiat fade et déjà-vu. Et oui, il y a la Chabrol's touch en situant l'action dans la province française. Le film est très pessimiste, en témoigne la fin sordide qui nous laisse estomachée, et une scène de lynchage par les villageois qui n'est pas sans rappeler celle de
M le Maudit. On ne sait plus trop qui est fautif, qui est le coupable, mais on voit bien que tout le monde est pourri. Sans tête d'affiche telle Huppert, Serrault ou Depardieu pour le récent
Bellamy, les acteurs sont quand même très bons voire excellents, et la mise en scène aussi.
Publié le 14/02/2009 à 12:00 par myplanity
Alice ou la dernière fugue
Claude Chabrol
1977
Par une nuit noire, une voiture roule sous une pluie torrentielle, dérape et vient percuter un obstacle. Alice, la conductrice, sortie miraculeusement indemne, se met à la recherche d'un abri. La lumière d'une maison isolée l'attire, son propriétaire semble la connaître et l'invite à passer la nuit. Le matin venu, elle se retrouve seule. Déconcertée, Alice veut quitter les lieux, mais la fuite s'avère impossible, tous les chemins empruntés la ramènent à son point de départ...
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Etonnante incursion de Claude Chabrol dans le genre épouvante-fantastique,
Alice ou la dernière fugue est une réecriture pour adulte d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll (l'héroïne se nomme Alice Carroll). Cette rêverie insensée d'une femme entre la vie et la mort donne lieu à un film assez audacieux, qu'il se faut d'interpreter comme on le ferait aujourd'hui avec un Lynch, en comparant la réalité avec son rendu dans le monde du rêve (*). Une rêverie souvent mise en scène excellemment, d'autre fois la réalisation se fait bancale, mais en tout cas toujours originale et prenante. Chabrol maîtrise le suspense et parvient à angoisser ses spectateurs, parfois juste en jouant avec les sons - arrivée au château : le tic-tac de l'horloge, les sons effrayants au-dehors, le chant des oiseaux/le silence, etc. Apparitions mémorables de Charles Vanel, Jean Carmet ou André Dussollier, autour de la belle Sylvia Kristel. En bref, un Chabrol méconnu à connaître, car même si
Alice ou la dernière fugue n'est pas un chef d'oeuvre en tous points, c'est une oeuvre unique, un 'o.v.n.i.' à découvrir au moins par curiosité et pour se faire sa propre idée.
*
SPOILERS :
mon intérprétation,
A NE PAS LIRE SI VOUS NE L'AVEZ PAS VU
réalité : Alice se sent coupable d'avoir abandonné son mari
rêve : le maître des lieux lui dit venir des enfers, et le pompiste lui jette au visage cet évenement quand il raconte sa propre séparation
réalité : elle ne rêve probablement que quelques secondes avant de mourir
rêve : son rêve semble infini, la pendule s'arrête et le valet déclare qu'ici "le temps n'a pas d'importance"...
Publié le 14/02/2009 à 12:00 par myplanity
Poulet au vinaigre
Claude Chabrol
1984
Dans une petite ville de la province française, un jeune postier au comportement curieux et sa mère infirme et à demi-folle subissent les assauts répétés de trois notables locaux pour accepter de vendre leur propriété... Suite à un accident qui ressemble fort à un crime, un fin limier, l'inspecteur Jean Lavardin, amateur de bonne chaire (notamment d'oeufs au plat avec du paprika), arrive pour enquêter.
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Le film commence comme un thriller psychologique provençal, dressant des portraits au vitriol de personnages plus antipathiques les uns que les autres - principalement des hommes d’affaire véreux, prêts à tuer pour s'enrichir un peu dans une affaire immobilière. Le mobile des crimes d'ailleurs, pourrait s'apparenter aux 'macguffin' hitchcockiens (prétexte pour lancer l'intrigue, exemple le vol des 40000 $ dans
Psychose). Mais cette idée caustique est abandonnée à partir de l’arrivée de l’inspecteur Lavardin. Le film devient alors bancal et prend des allures de téléfilm policier, genre feuilleton du samedi soir. Dommage, car c’est aussi tout un côté inquiétant du film qui s’en va, avec la relation entre le fils et sa mère folle à lier et infirme, telle Norma(n) Bates, au profit d’un dénouement léger mais insipide. La déception est d’autant plus grande qu’on s’attend pendant tout le film à le voir s’élever au rang de très bonne cuvée Chabrolienne, peut-être un film sur les faux-semblants et les apparences (générique de début, du point de vue d'un photographe lors d'une soirée), avant de nous laisser sur notre faim. Tout de même, mise en scène bonne et même fréquemment excellente, avec de beaux mouvements de caméras justifiés par l'intrigue, casting plutôt de qualité (Jean Poiret, Lucas Belvaux mais surtout l’infâme Jean Topart). Voilà, Claude Chabrol a failli faire, avec
Poulet au vinaigre, un thriller hitchcockien à la sauce (au vinaigre) ironique/virulence, mais on en retient surtout une gentillette intrigue à la Agatha Christie.
Publié le 11/02/2009 à 12:00 par myplanity
Réalisateur Français né en 1930, Claude Chabrol fait partie des jeunes cinéastes qui ont lancé la
Nouvelle vague, ajoutant sa pièce à l'édifice en question par son premier film,
Le beau Serge. Mais il s'éloignera rapidement de cette école et réalisera alors plus d'une cinquantaine de films, des films policiers, des thrillers, plus ou moins portés sur la comédie et l'humour (souvent noir), faisant fréquemment le portrait (acerbe) de la bourgeoisie française. Tout cela dans un style bien à lui, simple et modeste ; ses films ne sont pas tous des chefs d'oeuvres, mais ce sont de bons petits plats, en gastronome qu'il est. En tournant souvent avec les mêmes comédiens, dont Isabelle Huppert, ainsi qu'avec ses fils ou son épouse, Claude Chabrol s'est constitué une "famille" de cinéma. Parmi ses films les plus fameux, on peut citer
Que la bête meure,
Le cri du hibou,
La cérémonie ou
Merci pour le chocolat. Il vient de tourner avec Gérard Depardieu pour la première fois, dans son dernier film
Bellamy, qui sort le 25 février 2009.
1959 : Le Beau Serge
1959 : Les Cousins
1959 : À double tour
1960 : Les Bonnes Femmes
1961 : Les Godelureaux
1962 : L'Œil du Malin
1963 : Ophelia
1963 : Landru
1964 : Le Tigre aime la chair fraîche
1965 : Marie-Chantal contre docteur Kha
1965 : Le Tigre se parfume à la dynamite
1966 : La Ligne de démarcation
1967 : Le Scandale
1967 : La Route de Corinthe
1968 : Les Biches
1969 : La Femme infidèle
1969 : Que la bête meure
1970 : Le Boucher
1970 : La Rupture
1971 : Juste avant la nuit
1971 : La Décade prodigieuse
1972 : Docteur Popaul
1973 : Les Noces rouges
1974 : Nada
1975 : Une partie de plaisir
1975 : Les Innocents aux mains sales
1976 : Les Magiciens
1976 : Folies bourgeoises
1977 : Alice ou la Dernière Fugue
1978 : Les Liens de sang
1978 : Violette Nozière
1980 : Le Cheval d'orgueil
1982 : Les Fantômes du chapelier
1984 : Le Sang des autres
1985 : Poulet au vinaigre
1986 : Inspecteur Lavardin
1987 : Masques
1988 : Le Cri du hibou
1989 : Une Affaire de femmes
1990 : Jours tranquilles à Clichy
1990 : Docteur M
1991 : Madame Bovary
1992 : Betty
1993 : L'Œil de Vichy
1994 : L'Enfer
1995 : La Cérémonie
1997 : Rien ne va plus
1999 : Au cœur du mensonge
2000 : Merci pour le chocolat
2002 : La Fleur du mal
2004 : La Demoiselle d'honneur
2006 : L'Ivresse du pouvoir
2006 : La parure, TV, série Chez Maupassant
2007 : La fille coupée en deux
2008 : Bellamy