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Par dasola, le 18.11.2009

bonsoir, j'ai hésité à aller voir ce film car j'avais été déçue par le temps du loup et caché. le ruban blanc ...
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Par dasola, le 18.11.2009

alors perso, alain resnais, j'ai pas adhéré à tous ses films, certains j'ai adoré, d'autres pas.... celui là j...
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Par rosearcana, le 15.11.2009

carrie!! un des films qu'adore mon homme!! lui qui adore stephen king, moi moyen l'univers de stephen king, ça...
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Par rosearcana, le 19.10.2009

hello!! petit passage rapide pour te souhaiter une bonne semaine, à +http://rosear cana.centerblo g.net...
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Par rosearcana, le 05.10.2009

bonjour!! bravo pour ton blog, extra plein de renseignements , très complet, super vraiment, je te mets dans m...
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Par rosearcana, le 29.09.2009

ce qui est génial avec tarantino, c'est qu'il est amoureux du cinéma et sait mettre en valeur tous ses acteurs...
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Par elisa, le 04.09.2009

c'est tout? capra,et ce film méritent une analyse plus poussée......
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Par hawkeye, le 17.07.2009

votre blog devrait être élu encyclopédie officielle du 7 ème art ! merci pour tous les renseignements , bonn...
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Par Emilie, le 10.06.2009

ce cinéaste est un génie fou !!!...
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Par youpi, le 27.05.2009

sympa toute ses captures de gran torino ca me redonne envie de voir le film tiens et pourtant je trouve que c'...
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Par Cinéphile Amateur, le 09.03.2009

bravo pour cet article très pertinent et intéressant....
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Par blondin70, le 06.03.2009

hell nicomyers... moi je ne dirai pas "à force de te lire" puisque tu viens seulement de t'inscrire sur le f...
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Par Franckie, le 06.03.2009

coucou nicomyers ^^ a force de te lire sur le forum, je me suis dis que j'allais passé aussi sur ton blog p...
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Par Cinéphile Amateur, le 04.03.2009

je l'avais vu au cinéma, il est vraiment bien.http://le chamoniard.cen terblog.net...
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Par lechamoniard, le 25.02.2009

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- Clint Eastwood

Mémoires de nos pères

Publié le 02/07/2009 à 13:36 par myplanity
Mémoires de nos pères
Mémoires de nos pères
Clint Eastwood
2006

Au cinquième jour de la sanglante bataille d'Iwo Jima, cinq Marines et un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais. L'image de ces hommes unis face à l'adversité devient légendaire en l'espace de quelques jours. Elle captive le peuple américain, las d'une guerre interminable, et lui donne des motifs d'espérer.

***

En réalisant ce film de guerre, produit par Steven Spielberg, Clint Eastwood ne s’éloigne pas pour autant des thèmes qui le touchent et traversent son œuvre. On retrouve dans Mémoires de nos pères l’altération d’une vérité au profit des plus grands, déjà présente dans Les pleins pouvoirs puis dans L’échange, entre autres. Pour démêler le vrai du faux, c’est à un incessant retour dans le passé que les survivants et leurs enfants doivent être confrontés. Eastwood se pose la question de savoir si la raison d’Etat prévaut - s’il faut, comme il est dit à la fin de L’homme qui tua Liberty Valance, « imprimer la légende ». Le réalisateur n’apporte pas de réponse radicale ; il montre d’une part les bénéfices d’un tel mensonge (la guerre du Vietnam, elle, aura été perdue à cause d’une photo violente) et d’autre part ses conséquences sur la vie d’hommes, révélant ainsi le contraste entre l’Histoire avec un grand H et la petite histoire, humaine. Il termine ainsi le film sur l’image des soldats s’éloignant quelques instants de leurs devoirs patriotiques, courant pour se baigner dans la mer d’Iwo Jima.


Top 5 Clint Eastwood (vidéo)

Publié le 02/07/2009 à 00:58 par myplanity

Vidéo Youtube

Honkytonk man

Publié le 01/07/2009 à 00:45 par myplanity
Honkytonk man
Honkytonk man
Clint Eastwood
1983

Red Stovall, guitariste talentueux de Country passé à côté de sa carrière décide d'entreprendre un voyage en voiture à travers les États-Unis avec son neveu ainsi que son grand-père pour passer une audition au Grand Ole Opry.

**

Sans atteindre la perfection des chefs d'oeuvres signés Eastwood dans les années 90 et 2000, Honkytonk man contient déjà à l'état brut la beauté des meilleurs films du réalisateur. Film sur la transmission, thème majeur de son oeuvre, mais une transmission mutuelle, comment deux personnages apprennent l'un de l'autre (le duo Butch/Philip dans Un monde parfait, Robert/Francesca dans Sur la route de Madison, Frank/Maggie dans Million dollar baby, plus récemment Thao/Walt dans Gran Torino, etc). Dans tous les cas, deux générations ou deux mentalités se font face, et chacun en tire de grandes leçons de vie. Honkytonk man est aussi un film sur le rêve, sur la poursuite d'un idéal. Il y eut le grand-père dont la terre du Tenessee était la terre promise, Red qui s'accroche tenace à son rêve d'être un jour reconnu, et il y a les deux enfants qui s'éloignent vers la Californie. Le prix peut être fort pour réaliser ses rêves : Red, lui, donnera sa vie - le jour même de son enterrement, sa chanson est diffusée à la radio. Quand il est sur son lit de mort, il se rappelle soudain Mary, jeune paysanne disgracieuse, certes, mais qui lui offrit un jour tout son amour. Il finit par la quitter pour reprendre ses tournées dans les bastringles. Honkytonk man est donc un des meilleurs Eastwood de la période "pré-Impitoyable", un film plein de tendresse, d'humour, à la mise en scène correcte. Le trio Eastwood-Eastwood junior-John McIntire porte aussi le film sur ses épaules. L'amour que le réalisateur porte pour la musique finit de parfaire l'ouvrage.

Breezy

Publié le 21/03/2009 à 12:00 par myplanity


Breezy
Clint Eastwood
1973

Un architecte quinquagénaire rencontre une jeune hippie. Leur relation amoureuse se heurte aux préjugés de leur entourage.

***


En 1976, le grand Orson Welles faisait l’éloge de Clint Eastwood en disant de lui qu’il était bien trop sous-estimé ("le metteur en scène le plus sous-estimé du cinéma actuel"). Etonnamment, on considère généralement que les premiers chefs d’œuvres d’Eastwood datent des années 90. A quels films en particulier pensait donc Welles ? A Josey Wales hors-la-loi, probablement (Welles le décrit comme son "western préféré"), mais peut-être aussi à Breezy, un grand film où Clint traite déjà des thèmes majeurs de sa filmographie. Les similitudes sont étonnantes entre ce film de 1973, donc le troisième de sa filmographie, et d’autres plus notoires comme Sur la route de Madison – pour la romance impossible – et Million dollar baby – pour la belle relation, asexuée dans Million dollar baby, d’un vieil homme et d’une jeune fille. La ressemblance entre l’héroïne de Breezy et la boxeuse Maggie est frappante, et dans les deux films le vieil homme s’appelle Frank. Au-delà de ces comparaisons, Breezy est un film qui correspond au cinéma eastwoodien en général. On y retrouve le thème de la transmission présent dans toutes ses grandes œuvres, qu’il soit traité explicitement (Un monde parfait, Gran Torino) ou plus implicitement (Impitoyable, Sur la route de Madison).

Mais Breezy présente une originalité passionnante : en apparence, cela devrait être au vieil homme de transmettre ses valeurs à la jeune fille naïve. Mais le contraire à lieu dans Breezy (certes, il lui fait découvrir l’océan). Le vieil homme n’a plus rien à attendre de la vie, et il préfère l’oublier dans la solitude ou en se tuant au travail (les premières scènes le présentent toujours penché sur son bureau). La fille, fraîchement arrivée à Los Angeles de "Baisenville" en Pennsylvanie, s’émerveille de tout. Elle a une vision radicalement optimiste de la vie, déconseillant la consommation de drogue à ses amies hippies. Frankie, foncièrement sceptique, fini par lui rétorquer qu’elle "finira bien par découvrir la triste vérité". Mais Breezy est persuadée de la beauté de la vie, et rétorque à son tour que Frank a un "nuage noir au-dessus de la tête". L’âge n’a donc plus d’importance (Frank effrayé à l’idée de ne pas être à la hauteur, peur de la décrépitude fréquente chez Eastwood), puisque le maître s’avère être la jeune fille et l’élève l’homme d'âge mûr.

Breezy est donc, malgré sa petite notoriété (ce qui est injuste), un film majeur et très personnel d’Eastwood, un film d’auteur de la trempe des récents travaux du réalisateur. Sa non présence au casting (excepté une fugitive apparition hitchcockienne) exprime la volonté de faire un film plus intimiste et profond, en opposition aux projets plus populaires auxquels il prêtait sa présence. En premier rôle, William Holden est absolument parfait, un jeu extraordinaire et un charisme imposant. La jeune Kay Lenz fait beaucoup penser, comme je l’ai dit, à Hilary Swank, et de même s’en sort très bien.

La sanction

Publié le 11/03/2009 à 12:00 par myplanity
La sanction
La sanction
Clint Eastwood
1975

Jonathan Hemlock est un collectionneur d'art qui finance son hobby par des 'contrats' pour le compte d'un obscur cabinet. Il doit découvrir sa cible, un tueur russe, au sein d'une équipe d'escalade qui projette de partir pour l'Eiger...

**

Film d’action à la James Bond, dont l’un des sujets majeurs, l’escalade, permet d’offrir aux spectateurs des cascades à répétition. La sanction est un projet qui vise un très large public et qui n’est guère profond, un film d’aventure assez banal et mineur… pourtant, étonnamment, Eastwood a décidé de se l’approprier en le réalisant lui-même, plutôt que de reléguer ce poste à quelqu’un d’autre. Si la première moitié du film nous permet de croire à une réussite, grâce à la succession de péripéties, de dialogues croustillants qui s’y trouvent, le rythme ralenti sérieusement dans les dernières minutes et le suspense décroît tout autant. Dommage, car on ne pouvait que s’incliner devant le travail effectué pour rendre la séquence finale vertigineuse. Une bonne demi-heure de moins, et un ton moins maussade auraient fait de La Sanction un film moins oubliable.

Million dollar baby

Publié le 11/03/2009 à 12:00 par myplanity


Million dollar baby
Clint Eastwood
2004

Autrefois entraîneur de boxe réputé, Frankie dirige désormais une petite salle de boxe régionale avec son meilleur ami, un ancien boxeur nommé Scrap. Leur quotidien sera bouleversé par l'arrivée d'une jeune boxeuse appelée Maggie Fitzgerald.

***


Million Dollar Baby est un véritable coup d’éclat du réalisateur Clint Eastwood, un film qui obtint succès populaire et critique, et qui rapidement s’imposa parmi les chefs d’œuvres de sa filmographie. Eastwood, comme souvent, nous y parle de la transmission. On retrouve le chassé-croisé d’Un monde parfait : Maggie est une fille dotée d’un semblant de famille d’ignares et d’empotés. Elle retrouve en Frankie le père qu’elle a perdue (sa mort est évoquée). Frankie, quant à lui, n’a jamais revu sa fille depuis un certain événement, dont nous ne connaîtrons jamais rien, si ce n’est qu’il continue de ronger l’entraîneur. Quand Maggie arrive au gymnase, il commence par s’en éloigner, par peur de connaître les mêmes souffrances. Puis la jeune fille devient pour lui l’occasion de se racheter, en ne commettant plus les mêmes erreurs. Ce rachat, Frankie tente de l’obtenir auprès de Dieu, en allant à l’église tous les dimanches depuis vingt-trois ans, mais sans trop être persuadé par se rachat spirituel (scènes cocasses avec le prêtre). Il doit en réalité se racheter par les actes, ce qu’il fait en mettant fin aux jours de Maggie à sa demande. Cet acte donne Frankie sa valeur d’héros eastwoodien par excellence, celle d’un personnage qui applique sa propre justice en connaissance des circonstances et face à des lois trop générales et incapables de s’appliquer à tous les cas. La vie est un combat de boxe, où il faut parfois savoir imposer sa règle si on veut le gagner. Million Dollar Baby se place alors dans le prolongement de toute l’œuvre d’Eastwood.

Le premier maître du réalisateur-acteur, Sergio Leone, aimait jouer avec les répétitions, les rengaines : reprise de l’air joué par la montre à gousset dans Pour quelques dollars de plus, de la phrase "le monde se divise en deux catégories" dans Le bon la brute et le truand, de l’air d’harmonica à la fin d'Il était une fois dans l’ouest. Eastwood applique lui aussi ce "tragique de répétition", que ce soit dans Sur la route de Madison avec le collier suspendu au rétroviseur lors de la séparation finale, dans Gran Torino avec le briquet ou dans Million dollar baby. On pleure quand Maggie évoque le chien handicapé de son enfance, ou encore quand on voit, dans la séquence finale, la silhouette de Frank dans le restaurant où l’on sert de si bonnes tartes aux citrons. Eastwood choisit pour scénario une histoire douloureuse, cruelle, mais la met en scène avec sa rigueur habituelle, dans une simplicité belle et digne de John Ford. La photographie est des plus sombres et fait de cette œuvre cruelle un quasi film noir. La dureté du dénouement, ce mélange savant des émotions, s’apparente à sa future œuvre L’échange. Outre le jeu d’Eastwood comme toujours parfait, Morgan Freeman envahit le film de sa voix, qui nous raconte les événements (voix-off intelligemment utilisée, puisqu’on découvre à la fin qu’il écrit une lettre à la fille de Frankie), et Hilary Swank se hisse avec talent au niveau de ses coéquipiers expérimentés.

L'épreuve de force

Publié le 10/03/2009 à 12:00 par myplanity
L'épreuve de force
L'épreuve de force
Clint Eastwood
1977

Le policier Ben Shockley est charge de convoyer un suspect de Las Vegas a Phoenix. Il s'aperçoit que son suspect est une femme que l'on cherche a supprimer a tout prix.

***

Produit typique du Eastwood populaire des 80’, L’épreuve de force s’avère tout à fait jubilatoire, explosif et violent. Tout comme les policiers démolissent une maison à coup de magnum et de mitraillettes, Eastwood fustige la bureaucratie moderne, société où les patrons de la police et les détenteurs de la justice travaillent de paire avec la mafia. Beaucoup d’autodérision, Eastwood malmène son personnage de Callahan, devenu ici un has been déconcerté par les femmes. Et, au beau milieu de cette comédie d’action mineure en apparence, le réalisateur parvient à donner vie à des personnages, d’y apporter de la profondeur – en témoigne la scène de ‘confession’ et de demande en mariage. La mise en scène, comme souvent dans les œuvres pré-Impitoyable, n’est pas parfaite sur toute la ligne : on regrettera par exemple quelques effets de mauvais goût, l’usage excessif du style ‘caméra au poing’ lors de la scène du viol par exemple. Néanmoins, ces moments se font rares, et on a souvent le droit à de la très bonne qualité. Avec ça de bonnes scènes d’action, un duo pétillant Sondra Locke – Eastwood, un scénario bien ficelé, des dialogues savoureux, un suspense ténu et un rythme effréné… que demander de plus ?

Quelques captures de Gran Torino

Publié le 07/03/2009 à 12:00 par myplanity
Photos extraites des trailers de Gran Torino, le dernier Clint Eastwood.


















Les thèmes de l'oeuvre de Clint Eastwood

Publié le 05/03/2009 à 12:00 par myplanity
(---SPOILERS---)

Certes, Clint Eastwood n'a jamais été crédité scénariste, mais il a toujours choisit attentivement les projets dans lesquels il s'est lancé. Même simplement en tant qu'acteur : profitant de sa notoriété et de son statut de producteur, il était à l'origine des films, voulait imposer sa vision et virait parfois le réalisateur (il remplaça Philip Kaufman pour la direction de Josey Wales hors-la-loi). En tout cas, il est indéniable que son oeuvre lui est complètement personnelle, pour preuve ses thèmes favoris :

- La vengeance
Elle a immédiatement caractérisé la légende d'Eastwood, de pair avec la violence. Dans les premiers films, elle est le sujet complet du film, sans grande profondeur. Néanmoins, quand il s'y attaque lui-même, il aime apporter subtilité et variations. Certes, dans L'homme des hautes plaines, le changement n'est pas énorme : jouant de sa réputation d'homme sans nom, il fait de son personnage un fantôme, un revenant, tout en laissant planer le mystère. Le traitement est plus intéressant dans Josey Wales. Alors que Wales ne vit plus que pour se venger, comme bon nombre de précédents héros eastwoodiens, il abandonne l'idée de duel contre celui qui l'a pourtant trahi, préférant repartir vers une vie paisible entouré d'une nouvelle famille.



A partir des années 90, les grandes années où il s'amuse souvent à réécrire sa propre légende, il reprendra parfois ce thème : dans Impitoyable, Munny est un personnage qui s'est définitivement rangé de sa tendance lourde à tuer les gens. Mais alors qu'il est à l'automne de sa vie, il tuera pour la première fois sans être payé ou sous l'emprise de l'alcool : il venge son ami Ned lâchement tué à coups de fouets.



Dans Créance de sang, le flic McCaleb doit venger une pauvre femme assassinée, à la demande de sa soeur, en retrouvant son meurtrier. La vengeance ne doit consister qu'à lui mettre les menottes ; mais dans les dernières images, McCaleb accepte sans sourciller que la soeur en question plonge la tête de l'assassin sous l'eau.



Enfin, la question de la vengeance revient en force dans Gran Torino, puisque Clint réécrit de nouveau son mythe, ce qu'il n'avait pas fait depuis Créance de sang et Impitoyable (comme quoi le thème de la vengeance est intimement lié au "personnage" d'Eastwood). Pour commencer Walt ne prend les armes que pour défendre sa propriété privée. Puis, quand la maison des voisins, pour lesquels il s'est pris d'amitié, se fait mitrailler par le gang, commence pour lui la réflexion, le dilemne : vengera, vengera pas ? Et c'est là toute la force de Gran Torino : on y voit Clint prendre un chemin qu'il n'a jamais pris, celui d'une vengeance interposée, d'une mort en martyr. Ce choix ne pouvait être fait qu'à cause de deux autres éléments : une société de bureaucrates où la justice ne règne pas (pour la vengeance) et l'approche de la veillesse et de la mort (pour la mort en martyr) - deux autres thémathiques chères au réalisateur.



- La transmission, l'image du père

Il semble bien que Clint Eastwood ait eut plus de difficulté avec son père qu'avec sa mère, dans son enfance. En effet, on croise fréquemment dans ses films des personnages 'sans pères', tout simplement parcque le père est absent, ou qu'il est un mauvais père.
Tout d'abord, dans Un monde parfait. Kevin Costner-Butch, victime de la mauvaise éducation d'un père qu'il déteste encore aujourd'hui, s'est retrouvé en prison. Lors de sa cavale après son évasion, il croise un jeune garçon, Philip, dont le père est complètement absent. Son départ semble avoir rendu sa mère fragile, elle s'en être remis aux témoins de Jeovah. C'est donc le père, par son départ, qui serait fautif si Philip grandissait mal (plus que la mère, qui est tout simplement déboussolée). Alors, chacun s'identifiant à l'autre, Butch et Philip vont devenir père et fils pendant 48 heures. De là vient l'émotion dans Un monde parfait : s'ils avaient eut plus de temps, Butch aurait pu se ranger dans les bancs de la société et devenir un père exemplaire, et Philip aurait pu bénéficier d'un vrai père...



Le sujet des Pleins pouvoirs semble être la corruption des plus grands dans notre société. Mais en parallèle Eastwood pose encore le problème de la filiation. Cette fois on passe du côté du paternel, on adopte le point de vue du père : son personnage éprouve le regret de ne jamais s'être occupé de sa fille même après la mort de la mère. Il ne s'en préoccupait pas jusqu'à ce que la mort menace (plus à cause de cette affaire gouvernementale à risque qu'à cause de la vieillesse). Encore plus quand elle menace sa fille... Les retrouvailles sont possibles, car Clint n'oublie jamais vraiment sa fille dans ce film ; en fait, c'est plus par protection qu'il s'en est éloigné, puisqu'il est quasiment cambrioleur "professionnel". Il fait de son mieux malgré tout, en gardant des photos d'elle, en remplissant son frigo. Mais il fini par comprendre qu'il est pleinement fautif, car personne ne l'a forcé à être cambrioleur. Il quitte alors ce poste, après une aventure périlleuse, et s'adonne à l'art, en amateur.



Dans Million dollar baby, comme dans Un monde parfait, se croisent deux êtres faits "l'un pour l'autre". Maggie est doté d'une famille d'imbéciles -sans père-, et trouve en Frankie son père d'adoption. Frankie, quant à lui, ne veut pas répéter les mêmes erreurs qu'il a fait avec sa propre fille. Lui et sa fille sont complètement brouillés, il n'y a plus aucune chance qu'il se revoient. Au début ayant peur que l'histoire se répète avec la jeune boxeuse, il s'en éloigne bêtement. Puis il accepte de l'entraîner, c'est alors l'occasion de réécrire cette histoire. Malheureusement, le sort n'est pas avec Frankie, d'où l'immense noirceur du film.



Enfin, on retrouve encore cette idée d'adoption dans Gran Torino. Le jeune Thao explique, vers le milieu du film, qu'il n'a jamais eut de lien avec son père très traditionnaliste. De son côté, Walt est un irascible vieillard, qui n'est pas prêt à ouvrir son esprit vers ses enfants. L'approche de la mort bouleverse cette idée. Néanmoins, il est trop tard pour se rattraper auprès de sa famille : il faudrait des années, puisqu'ils l'ont toujours connu renfermé. Le téléphone dans une main, les résultats d'analyse dans l'autre, il essaye pourtant : mais évidemment, personne n'a envie de décrocher, avant que le fils s'y décide et lui réponde qu'il a "beaucoup de boulot". Voilà pourquoi Walt ouvre soudainement le dialogue avec ses jeunes voisins, Thao et Sue, pourquoi il s'intéresse soudainement à leur culture (scène du buffet), et pourquoi il joue le rôle de père en allant au champ de bataille (battements de tambour d'armée) pour eux.




- La vieillesse / un mythe vieillissant

Pour se détacher du côté "archétype" qui lui est attaché, par son statut de légende, Eastwood s'amuse à donner à son personnage des faiblesses, dont celui de la vieillesse. Dans Impitoyable, William Munny a bien du mal à s'occuper de ses cochons, à monter à cheval ou à viser droit. Il n'est plus le tueur agile qu'il était, parcque le temps (et l'amour) l'a assagi. Dans Les pleins pouvoirs, le cambrioleur Luther parle de son pacemaker en rigolant avec l'inspecteur de police interprété par Ed Harris ; ce personnage là est plus touché par l'idée de vieillesse que par le vieillissement du corps. C'est l'accumulation des années qui lui fait prendre conscience qu'il est passé à côté de l'essentiel, sa famille. Dans ces deux films, le héros est bouleversé quand il s'aperçoit qu'il a passé trop d'années de sa vie à côté de l'essentiel. Il s'assagit de lui-même.





Dans Créance de sang et Gran Torino, la vieillesse intervient plus brutalement. Terry, l'inspecteur de Créance de sang, continue à se prendre pour l'inspecteur Harry, et ce dès la scène d'introduction. Musique, course-poursuite, cascades, coups de feu, hélicoptère, tout y est. Mais son âge lui est violemment jeté à la figure, alors que son coeur lâche. Dans Gran Torino, Walt reste obtus, grognon, réactionnaire au possible. Le genre de type qui ne changera jamais, d'ailleurs ses enfants en sont certains et n'attendent plus aucune amélioration de sa part, après avoir essayé vainement de le faire évoluer. Mais quand Walt se met à cracher du sang, et qu'il obtient ses résultats d'analyse, il devient urgent pour lui de changer. Il appelle directement son fils, tente de renouer la conversation avec lui : "Ta femme, elle va bien? Et les gosses?" Mais il est trop tard, Kowalski Jr n'a que trop l'habitude de son père, et lui raccroche quasiment au nez. D'où le soudain intérêt pour ses voisins Hmongs, enfants adoptifs pour les quelques jours lui restant à vivre.






- Une société dirigée par des pourris

Quant Clint Eastwood se venge des méchants à sa manière (expéditive), de L'inspecteur Harry à Gran Torino, de Pendez-les hauts et cours à Impitoyable, c'est parce que ceux qui sont payés pour cela ne "font pas leur boulot". Harry Calahan est presque "contraint" de faire sa propre justice, dans un monde où l'injustice règne (contraste frappant, dans Le retour de l'inspecteur Harry, entre la scène des petites frappes qui font un hold-up d'amateurs dans un bar, puis celle où on voit un gros homme d'affaire se goinfrer paisiblement au mariage de sa fille, en toute respectabilité, bien qu'ayant commandité le meurtre sordide d'une jeune prostituée). Dans Gran Torino, jamais un policier n'apparaît dans les rues d'un Détroit déserté. Ils n'arrivent qu'après le meurtre commis, comme en témoigne le dénouement, où quand on les appelle - bien qu'ils doivent repartir sous les ordres du patron (scène où le prêtre tente de faire surveiller la maison du gang, en vain). Si on se penche sur Impitoyable, on s'aperçoit que c'est parcque le shérif Little Bill (Gene Hackman) ne fait pas correctement son travail que des tueurs sont engagés. A ceux qui ont défiguré la jeune prostituée, il ne demande qu'une simple amende, et encore dans le but de dédommager le 'propriétaire' de ces prostituées. Plus tard dans le film, c'est ce même représentant de la loi, qui ne fait en apparence que construire sa maison ("je ne mérite pas ça" dit-il au vengeur avant de mourir), qui lâchement et inutilement fouette à mort un homme déjà à terre.
Cette vision de la société, comme pourrie par ceux qui y occupent les meilleures places, on la retrouve dans trois films plus récents et de manière plus évidente : Les pleins pouvoirs, Mémoires de nos pères et L'échange. Dans Les pleins pouvoirs, cela est dit explicitement : l'assassin, dragueur et alcoolique, n'est autre que le président des Etats-Unis ! C'est probablement le film de Clint Eastwood où cette idée occupe le plus de place, puisqu'elle en est le thème premier, parallèment à la filiation. Dans Mémoires de nos pères, on s'aperçoit, comme dans Liberty Valance de John Ford, que les légendes qui font vivre un pays sont en réalité fabriquées de toute pièce... "entre la vérité et la légende, imprimez la légende..." Le dégoût de la nation explose lors de la scène où l'indien Ira balance une chaise, ivre mort, au beau milieu de la rue. Enfin, dans L'échange, Christine Collins est la pauvre victime d'une machination. En plus de ne pas faire son travail, protéger les citoyens, l'Etat représenté par la police fait le contraire de son travail, il met en danger la vie de ses citoyens. Christine Collins se retrouve donc enfermée entre quatre murs, pour protéger le siège de quelques politiciens verreux, en l'occurence le maire de Los Angeles. Il faut donc se battre pour vaincre dans la lutte contre cette société pourrie : à l'aide d'un révérend, d'un groupe de femmes laissées pour compte, elle sortira de sa prison et gagnera le procès.







- Un homme en décalage avec son époque

C'est le côté réactionnaire de Clint Eastwood : son personnage se refuse à s'adapter aux moeurs de son époque, et persiste à croire à des idéaux démodés. C'est la vieille méthode contre la modernité, le "flair" contre le raisonnement du Retour de l'Inspecteur Harry (le film commence par un échec au tribunal, Callahan n'ayant pour preuve que son flair), d'un Monde Parfait (les scènes cocasses entre Laura Dern et Eastwood), de Jugé Coupable (Everett commence par "sentir" que le condamné est innocent, ensuite il cherche des preuves). Mais Clint sais jouer de cet aspect de son héros, il ne fait pas toujours adopter son point de vue au spectateur : parfois, certes, on le plaint et on est de son côté - comme dans Jugé Coupable ou Le retour de l'Inspecteur Harry ; d'autres fois, il est tourné au ridicule, il est décalé par rapport aux progrès de son temps, comme dans Un monde parfait : il reste bouche bée face aux connaissances de Sally. Vexé, frustré, il prétend qu'elle ne fait que sortir des "blablas appris par coeur dans les livres à l'université". Le décalage est plus frappant dans Gran Torino : Walt est un vieu débris, un "grand-père complètement ciphoné" ; le jeune prêtre, après l'avoir laissé radoter, lui répond "on n'est plus en Corée". Walt, qui s'y croie toujours, est prêt à fusiller un à un les "niakwés". Mais le travail effectué par le "padre", tout au long du film, l'a raisonné ; il prend alors conscience de ce décalage, et opte pour une voie plus correcte.










- Les artistes

C'est un penchant plus méconnu de l'oeuvre de Clint Eastwood, portraiturer des artistes - Clint lui-même, en plus d'être cinéaste, se passionne pour le jazz. Que ce soit par le simple saltimbanque de Bronco Billy, le chanteur country de Honkytonk man, le saxophoniste Charlie Bird Parker, le metteur en scène John Huston/John Wilson de Chasseur blanc coeur noir, le photographe de Sur la route de Madison ou le dessinateur des Pleins pouvoirs. Ils sont tous des artistes modestes, qui préfèrent la simplicité à l'esbrouffe (le choix de John Huston dans Chasseur blanc coeur noir est symbolique de tout un cinéma 'pur' et simple, artisanal, celui de Ford et de Hawks également). Tout est résumé par une phrase que lance une inconnue à Luther dans Les pleins pouvoirs, le voyant dessiner : "vous êtes un manuel, vous". Ils imposent leur vision, sans écouter les producteurs ou les aléas du goût du public (Chasseur blanc coeur noir, Bird). Ils sont toujours modestes et terre à terre, n'aiment pas fréquenter la haute société et les snobs, même quand ils sont célèbres (toujours Bird et Chasseur blanc coeur noir). Mais la majorité de ces artistes sont inconnus du grand public (Honkytonk man, Bronco Billy) ou sont même de simples amateurs (Les pleins pouvoirs).














- Le passé

On ne pourrait dénombrer les films de Clint Eastwood traitant du passé, tant c'est un thème majeur de sa filmographie. Le personnage de Munny d'Impitoyable est sans cesse mis en contraste avec son passé, que ce soit par l'intermédiaire de son ami Ned qui en fait partie, de la tombe de sa femme fleurie, d'un pistolet retrouvé ou d'un cadre de photo. C'est un des cas où le passé surgit par l'évocation, avec Les pleins pouvoirs (là encore, des cadres photos) et Gran Torino (briquet et médaille d'honneur). Car les films à flash-back sont nombreux chez Eastwood, et ces flash-back sont connectés au présent par les traces qu'ils laissent derrière eux : prénoms tracés dans le ciment dans Mystic River, anciennes photographies des ponts de Madison County et cendres du photographe dans Sur la route de Madison, médaillon dans Jugé Coupable, célèbre photographie dans Mémoires de nos pères, missives retrouvées dans Lettres d'Iwo Jima. On peut même dire que l'intégralité d'Un monde parfait est un flash-back : le film commence sur Butch allongé dans l'herbe, se rappelant ses dernières 48 heures dans un dernier souffle, tandis que l'argent volé et le masque de Casper virevoltent près de lui, poussés par le souffle de l'hélicoptère.










Le retour de l'Inspecteur Harry

Publié le 28/02/2009 à 12:00 par myplanity
Le retour de l'Inspecteur Harry
Le retour de l'Inspecteur Harry
Clint Eastwood
1983

Lassés des méthodes expéditives employées par l'inspecteur Harry Callahan, ses supérieurs l'envoient dans une petite ville de Californie, pensant qu'il ne pourra y semer le trouble. Loin du calme escompté, il devra faire face à une vague de meurtres à résoudre, dont les mobiles s'apparentent à une vengeance.

***

Pour renflouer les caisses après l'échec commercial de son projet plus personnel Honkytonk Man, Clint Eastwood signe à nouveau pour un épisode des Dirty Harry. Et de prime, il passe à la réalisation - bien qu'il avait déjà un certain pouvoir sur les films non réalisés par lui, par le biais de sa société de production Malpaso et évidemment son influence en tant que star ; pour exemple le licenciement de Philip Kaufman sur le tournage de Josey Wales hors-la-loi, Eastwood voulant imposer sa vision. Le retour de l'inspecteur Harry reste un film d'action mineur dans sa filmographie, avec comme toujours son cotât d'Afro-américains à dégommer en scène d'intro et quelques publicités pour Smith&Wesson ou Remington... Mais on peut entrevoir un inspecteur Harry plus humain, un épisode plus profond avec cette femme hantée par le passé au destin tragique ; Clint joue sur l'ambiguïté : la douleur peut-elle justifier le meurtre ? Oeil pour oeil est-il la règle à suivre ? On peut aussi se contenter d'une mise en scène solide et belle, dont les séquence à suspense rappellent Play misty for me, la première oeuvre du cinéaste.


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