- David Lynch
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par myplanity
Twin Peaks : Fire Walk With Me
David Lynch
1992
La mort mysterieuse de Teresa Banks dans la tranquille petite ville de Twin Peaks va donner bien du fil a retordre aux agents Dale Cooper et Chester Desmond qui vont mener une enquete en forme de charade et decouvrir que bien des citoyens de la ville sont impliqués dans cette affaire.
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Encore une fois David Lynch parvient à créer un angoissant sentiment d’étrangeté, lors de scènes d’anthologie comme celle du nain difforme, de la femme aux cheveux rouges ou de la mythique apparition de David Bowie. Dès les premières images et la musique aux accents de films noirs, on est immédiatement envoûté, hypnotisé. Frôlant souvent l’absurde et même un certain humour,
Twin Peaks Fire Walk With Me peut être également profondément émouvant – en plus, bien sûr, d’être angoissant, unique, captivant… Tel Hitchcock, Lynch manipule ses spectateurs en leur faisant croire pendant une demi-heure que nous suivrons les aventures d’un duo de flics enquêtant sur la mort d’une nommée Teresa Banks, avant de passer au point de vue de Laura Palmer. Mais ce n’est que vers la fin que l’on se ressert autour de Laura, car Lynch utilise souvent un point de vue extérieur, celui d’un Dieu (d’un ange ?) ou d’une caméra de surveillance, surplombant objectivement ses personnages. Le réalisateur joue avec l’idée d’énigme, de film labyrinthique et obscur, comme en témoigne la scène où l’agent Desmond déchiffre les gestes de la fille aux cheveux rouges, semblant annoncer tout le reste du film : peu importe si l’on n’a pas toutes les réponses aux mystérieuses questions qui parsèment le film, peu importe si l’on ne comprend pas la « fleur bleue », ce qu’il faut c’est se laisser porter par ce charmant jeu d’incongruités. Plus que jamais Lynch applique sa formule : «
On n’est pas obligé de comprendre pour aimer. Ce qu’il faut, c’est rêver ».
Publié le 19/04/2009 à 12:00 par myplanity
Le dernier film de David Lynch est disponible sur Youtube ! Et oui, en attendant une nouvelle oeuvre pour le grand écran, il faut se contenter de ce clip musical réalisé pour le dernier morceau de Moby, "Shot in the back of the head", de l'album "Wait for me". On y retrouve l'abstraction totale qui caractérisait les premiers courts métrages de Lynch,
Six Figures ou
The Alphabet, composés de tableaux animés et sonores.
Publié le 07/12/2008 à 12:00 par myplanity
Premier Court Métrage de David Lynch "Six men getting sick (Six Times)"
1966
Deuxième Court Métrage de David Lynch "The Alphabet"
1968
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Publié le 07/12/2008 à 12:00 par myplanity
Eraserhead
Réalisation : David Lynch
Avec : Jack Nance, Charlotte Stewart, Allen Joseph
Année : 1977
Durée : 1h30
Résumé
Un homme est abandonné par son amie qui lui laisse la charge d'un enfant prématuré, fruit de leur union. Il s'enfonce dans un univers fantasmatique pour fuir cette cruelle réalité.
Dès son premier long-métrage,
Eraserhead, nous trouvons les codes habituels de l'univers de Lynch, à savoir un personnage emplit de culpabilité qui doit choisir entre la lumière et les ténèbres, entre la blonde ou la brune, le tout transfiguré dans un monde onirique inquiétant. Tout comme Orson Welles et son
Citizen Kane, Lynch commence sa carrière par un chef d’œuvre qui surpasse peut-être toutes les œuvres qui suivront. Très proche du cinéma muet (très peu de dialogues), à la fois surréaliste et expressionniste,
Eraserhead laisse comme tous les films du réalisateur la liberté d’interpréter. On peut y voir notamment un homme pris au piège de la paternité. Adieu la progression sociale, adieu les autres femmes (la voisine brune), adieu même la possibilité d'une vie d'artiste (la scène de music-hall derrière le radiateur). Il doit s'occuper de ce bébé, qu'il voit hideux et bruyant, et se contenter de sa femme frigide. Lynch symbolise cet empêchement d'évoluer dans la vie à cause de l'enfant par les scènes où la tête du bébé remplace celle du personnage principal (puis on extrait de sa tête un crayon à gomme, sa vie est rayée d'un trait ou plutôt gommée) ou encore quand l'ignoble bébé se moque, rigole au nez de son père. Et, comme dans
Mulholland drive dans lequel l'héroïne est traversée par la culpabilité pour avoir commandité un meurtre, comme dans
Inland Empire pour s'être adonné à la prostitution en attendant le retour du père et de l'enfant, comme dans
Lost Highway pour avoir tué sa femme, dans
Eraserhead le personnage principal a tué son enfant, se sent coupable et revoit les faits en rêve. La culpabilité éprouvée est rendue en image par le bébé qui, alors qu'il vient d'être tué, devient énorme et effrayant. Mais comme je l’ai dit,
Eraserhead est hyper visuel et contient très peu de dialogue, c’est donc l’un des Lynch les plus ‘interprétables’, mais aussi peut-être le plus fascinant, troublant, effrayant, atypique, dérangeant, bref un de ses meilleur.
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Publié le 06/12/2008 à 12:00 par myplanity
INLAND EMPIRE
David Lynch
2006
Nikki Grace, actrice, épouse d'un homme fortuné, attend avec impatience de savoir si elle a été sélectionnée pour un rôle dans une nouvelle production hollywoodienne. Une voisine énigmatique lui rend visite et lui prédit qu'elle sera acceptée. Le lendemain, elle reçoit un appel qui lui annonce qu'effectivement elle est retenue pour le rôle. La comédienne fait la connaissance de son partenaire, du réalisateur et les répétitions commencent. Elle incarne Suzanne Blue dans une romance intitulée
Là-haut dans les lendemains bleus . Au cours de la préparation, le réalisateur apprend que le film a déjà fait l'objet d'un tournage qui ne s'est pas achevé pour des raisons mystérieuses ; les acteurs qui interprétaient les deux rôles principaux auraient, semble-t-il, été assassinés.
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De
Lost Highway à
INLAND EMPIRE, en passant par
Mulholland Drive, David Lynch donne de plus en plus d’importance à la part de rêve dans ses films. Dans
Lost Highway, la partie rêvée prend la moitié du film approximativement, les deux tiers dans
Mulholland drive, et elle atteint son apogée dans
INLAND EMPIRE, puisque le réel (la femme de l'Est devant la télévision) n’est montré que par bribes, noyé dans une part de rêve (Nikkie la star d'Hollywood) et de flash-back (la seconde partie, dans laquelle Laura Dern devient cette fille de l'Est qui abandonne son pays et son mari). C’est donc à chaque fois un nouveau pas dans l’évolution de la technique narrative, puisqu’il est de plus en plus complexe de s’y retrouver. Néanmoins, le film peut décevoir au premier abord si on s'attend à retrouver le choc cinématographique de
Mulholland drive ;
INLAND EMPIRE est bien différent, c'est un mariage entre ce qu'a fait Lynch récemment et ses premiers amours, à savoir l'expérimental pur et dur (
Eraserhead, les courts-métrages). Dur, c'est le mot, car on a bien du mal à apprécier pleinement lors de la première vision : on est frustré de ne pas comprendre, on n'a plus envie de chercher la 'clef'. A la seconde vision, on apprécie bien mieux les traits de génie de Lynch : la voisine effrayante et totalement incohérante, les lapins, le visage de Laura Dern déformé en clown terrorisant. Le metteur en scène parvient à créer des formes terrifiantes et des images jamais vues. Il devient ensuite bien plus jubilatoire de le regarder, et on peut alors apprécier les délires créatifs de Lynch dans son oeuvre la plus novatrice. On commence à percer le mystère du film, à le comprendre pleinement et à l'apprécier pour cela ; il devient alors l'un des chefs d'oeuvres de son auteur, aux côtés d'
Eraserhead et
Mulholland drive. Lynch touche enfin à ce qu'il a toujours cherché, parler à son spectateur uniquement par l'image : au cours du film, chaque scène nous provoque une sensation, un réflexion, des milliers de symboles et de pistes possibles nous traversent... et surtout, même à la centième vision, bien que l'on finisse par comprendre tous ces symboles et à probablement s'approcher de ce que l'artiste avait en tête, l'oeuvre garde toujours un mystère en suspens, une aura, elle continue de fasciner. Et c'est pour ça qu'elle donne littéralement le vertige.
Publié le 04/12/2008 à 12:00 par myplanity
Lost Highway
Réalisation : David Lynch
Avec : Bill Pullman, Patricia Arquette, Robert Blake
Année : 1997
Durée : 2h15
Résumé
Fred Madison est un saxophoniste plutôt aisé de Los Angeles. Cependant, il soupçonne sa femme Renée de le tromper. Très vite, après le début de ses soupçons, il reçoit des vidéos. Filmées par un inconnu, elles montrent l'appartement où il vit avec Renée, vu de l'extérieur puis de l'intérieur. Après la visite peu rassurante d'une équipe de policiers, une nouvelle cassette vidéo montre Fred à côté du corps de sa femme assassinée. Il est alors condamné à mort pour ce meurtre mais un homme mystérieux l'arrache à ce destin par un moyen inconnu. Fred Madison se retrouve alors dans la peau d'un autre homme mais, comme dans un rêve, les éléments de son passé vont peu à peu réapparaître, sous une forme différente.
Avis
Tout comme le fera
Mulholland Drive (en mieux) quatre ans plus tard,
Lost Highway nous présente une histoire de meurtre vue de manière onirique. Alors que
Mulholland drive nous montre apparemment le rêve de la meurtrière qui se sent coupable,
Lost Highway rentre quant à lui dans l’esprit d’un homme dérangé et schizophrène. Comme chacun le sait, le grand débat autour des films de Lynch est que chacun peut (ou doit ?) avoir sa propre interprétation. Dans Lost Highway, j’ai vu un déséquilibré qui tuait sa femme mais ne voulait pas en prendre conscience (mis à part quelques flash-back rapides, qu’il repousse de son esprit). Une fois en prison, il tente de s’échapper et s’imagine être un jeune homme mis dans cette cellule par erreur. Mais on ne peut fuir la réalité, et elle vous rattrape petit à petit... Les passages d’une personnalité à l’autre sont symbolisés par l’arrivée de l’homme mystère et l’apparition de la maison en feu.

Mais, comme je l’ai dit, chacun son interprétation : il est possible également que le héro ne soit pas fou mais change réellement de corps en faisant un pacte avec le diable (lumières rouges venant du haut de la cellule, visage qui se déforme dans la dernière scène) et le diable est peut-être cet homme mystère. De toute façon, cette recherche d’explication se fait surtout
après le film, alors que pendant le film, on se laisse embarquer et on reçoit l’œuvre comme une expérience. Dans ce cas, les films de Lynch sont à critiquer visuellement, au niveau sensoriel des choses, l’image et le son. Et bien sur ce point
Lost Highway est décevant , on est loin de l’atmosphère de ses chefs d’œuvres. Malgré que le film commence bien (la cassette vidéo, scène du couloir sombre, le fameux homme mystère), il tombe petit à petit dans un excès de scènes hallucinatoires ou érotiques, sans motif apparent, gâchant ce qui aurait pu être du grand cinéma. En bref, Lynch applique à nouveau sa formule ‘onirique + psychanalytique’ dans
Lost Highway, qui fonctionne dans la première partie mais finit par ennuyer gentiment.
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Publié le 03/12/2008 à 12:00 par myplanity
The Grandmother
Réalisation : David Lynch
Genre : expérimental, surréaliste, court-métrage
Année : 1970
Durée : 34 minutes
Résumé
Un jeune garçon découvre une étrange graine qui, grâce à ses soins, se développe en cocon géant donnant naissance à une grand-mère, lui permettant de trouver un échappatoire à la tyrannie de ses parents.
Avis
Pour un de ses premiers courts métrages, David Lynch, qui sort d’une école d’art plastique, réalise
The Grandmother. D’une durée de ½ heure environ, le métrage est esthétiquement très recherché et réussit, une vrai ‘œuvre d’art’, ce à quoi Lynch essaiera toujours de s’approcher dans la suite de sa carrière. Comme toujours, il nous raconte une histoire assez concrète et simple qui touche nos plus profonds instincts, en la transformant pour lui donner une apparence de puzzle à reconstituer. Ici, c’est un enfant oppressé par ses parents violents, qui trouve le réconfort chez sa grand-mère. Par ces images souvent terrifiantes, glauques ou tristes, il traite l’amour (baiser incestueux) et la mort (déchirantes scènes du décès, et de l’intriguant cimetière). Dès ses débuts, Lynch voit son film comme une expérience à vivre pour son spectateur. Donc, à la fois un cauchemar et un rêve, car tantôt attendrissant, émouvant et terrifiant d’autre part (principalement en jouant avec les sons brillamment).
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Publié le 03/12/2008 à 12:00 par myplanity
Blue Velvet
Réalisation : David Lynch
Avec : Isabella Rossellini, Kyle MacLachlan, Laura Dern, Dennis Hopper
Année : 1986
Durée : 2h00
Dans la belle petite ville de Lumberton, Caroline Nord, États-Unis, M. Beaumont en arrosant son gazon, est victime d'une crise cardiaque. Son fils Jeffrey, en retournant chez lui suite à une visite à son père malade, trouve une oreille humaine dans un champ. L'oreille, en décomposition, est couverte d'insectes. Jeffrey amène immédiatement l'oreille à l’inspecteur Williams et fait ainsi la connaissance de sa fille, Sandy. Poussé par la curiosité et un certain goût pour le mystère, Jeffrey va mener l'enquête avec Sandy pour découvrir à qui appartient cette oreille et ce que cache cette histoire macabre, derrière la façade apparemment innocente de Lumberton.
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Dans tous les films de David Lynch, le réalisateur traite le thème de l’illusion et du faux-semblant par le biais d’images oniriques. C’était déjà le cas avec
Elephant Man, dans lequel un homme semble apparemment être monstrueux et sauvage mais est très humain et sensible en cherchant un peu derrière l'apparence première ; ce sera le cas avec
Mulholland Drive, qui prend place à Hollywood, ville du cinéma donc de l’illusion, et qui présente une héroïne qui se voit dans ses rêves aveuglées par les flashs des photographes (la scène au club Silencio résume à elle seule cette idée de supercherie).
Blue Velvet prend place dans un village typiquement Américain, aux formes droites, linéaires, aux maisons propres et aux pelouses parfaitement tondues. Mais même ces pelouses peuvent cacher un monstre informe (première scène symbolique) ou une oreille coupée. Jeffrey fait un voyage au cœur de ces ténèbres que cachent les fleurs bien arrosées, des ténèbres à la fois terrifiants (le caïd joué par Dennis Hopper) et attirants (la superbe Dorothy Vallens). Le message semble être qu’il ne faut pas rester aveugle et bercé d’illusions, le monde a sa part de ténèbres (« the world is strange ») et il n’est pas parfait comme le fait croire le village de Lumberton. Néanmoins il ne faut pas tomber dans les extrêmes et voir ce monde en demi-teinte, comme le montre un des derniers plans, celui du rouge-gorge, qui symbolisait l’amour dans un rêve fait par Sandy, tenant pourtant un insecte mort dans son bec.

L’alternance entre les scènes avec la brune, triste et mystérieuse, et la blonde, tendre et affectueuse, comme entre l’ombre et la lumière, fait une fois de plus de ce film de Lynch un long rêve, une hallucination (avec quelques détails absurdes, comme « l’homme en jaune »). Et évidemment, quand la blonde rencontre finalement la brune dans toute sa nudité, quand celle qui voit le monde sans dépasser certaines limites rencontre la femme de la nuit, déshabillée et violentée, la scène est très difficile. L’âge relativement jeune des personnages (Sandy est encore à l’université) peut expliquer cette ignorance d’un monde sordide.
Au-delà de l’interprétation (que Lynch souhaite libre pour chaque spectateur),
Blue Velvet est un film envoûtant, comme beaucoup d’autres de la filmographie du metteur en scène, truffé de scènes captivantes et mémorables. La photographie est sublime, et la descente dans ces ténèbres cachés est fantastique. Un excellent film, dont certaines images flottent dans notre imaginaire longtemps encore.
Publié le 30/11/2008 à 12:00 par myplanity
Mulholland Drive
Année : 2001
Durée : 2h30
Genre : Drame
Réalisation : David Lynch
Avec : Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux
Résumé
Victime d’un accident, une mystérieuse femme, amnésique et blessée, erre sur la sinueuse route de Mulholland Drive. Elle se réfugie dans la première maison qu'elle trouve : chez Betty Elms, une apprentie comédienne fraîchement débarquée de province et venue conquérir Hollywood. Intriguée par cette inconnue se faisant appeler Rita, Betty découvre dans son sac des liasses de billets verts. De plus en plus complices, les deux femmes mènent l’enquête pour retrouver l’identité de Rita. Entre conscience et inconscience.
Avis
Réalisé en 2001,
Mulholland Drive est considéré à raison comme l’un des plus grands films de David Lynch. Il peut se voir de deux manières, soit (ce qui est le cas à la première vision) en se laissant embarquer par cette œuvre folle et imprévisible, soit (aux visions suivantes) dans l’interprétation, à la recherche de la clef (bleue) du mystère, qui ouvrira la fameuse boîte. C’est un film qui indéniablement cache de nombreux secrets, qu’on découvre petit à petit, sans être juste mystificateur ; c’est aussi un film profondément renversant, vertigineux et glauque. Aller voir un tel film de David Lynch, c’est ne plus savoir si on est bien éveillé ou si on rêve pendant le film, et c’est ne plus faire la différence entre les deux en sortant de la salle.
Mulholland drive produit en effet son impact pendant et après le film, avec des visions oniriques qui nous hanteront à jamais. Lynch est un génie, le plus grand réalisateur de notre temps : il a su utiliser au mieux les accessoires cinématographiques pour inventer un nouveau langage. En exposant un rêve sur 2 heures, puis en nous ramenant à la réalité, il brouille les pistes et nous amène au plus près du sentiment de vertige que peut créer la vie, bien au-delà de l’histoire policière cachée, du remord, du suicide, de la sensualité et de l’excellente métaphore rêve/Hollywood. Mais alors que tout peut nous sembler gratuit, vide de sens et absurde, tout simplement une œuvre sur le rêve,
Mulholland drive est bourré de sens et nous apporte à chaque fois un nouvel indice pour ouvrir la boîte. Un pur chef d’œuvre.
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Vu au cinéma Reflet Médicis, "Les 100 plus beaux films de l'histoire du cinéma"
Publié le 26/11/2008 à 12:00 par myplanity
Elephant Man
Année : 1980
Durée : 2h57
Genre : Drame
Réalisation : David Lynch
Avec : John Hurt, Anthony Hopkins
Résumé
Londres, 1884. Le chirurgien Frederick Treves découvre un homme complètement défiguré et difforme, devenu une attraction de foire : l'homme éléphant.
Avis
Basé de l’histoire vraie de Joseph Merrick,
Elephant Man a trop souvent été réduit à un simple ‘biopic’ de
l’homme éléphant. David Lynch a réalisé un film à la fois dur et poétique, proche du rêve (dès l’introduction, avec les gros plans à la
Sueurs Froides, puis les déambulations du Dr Treves dans la brume à la recherche d’elephant man), doté d'un noir et blanc somptueux (pour l’inscrire dans l’univers de films d’époque tels que
Freaks de Tod Browning). Bien sur, c’est un hymne à la tolérance et à l’amour. Mais Lynch va plus loin et fait plus qu’un simple film dramatique, avec les violons pour nous tirer les larmes (même s’il y en a, des larmes !), il retranscrit à travers l’homme éléphant notre incapacité à communiquer notre amour, notre peur du regard des autres ; ce n’est pas pour rien que nous pleurons pour son sort, car nous sommes tous un peu cet
homme éléphant. Tout le monde à sa part de laideur, et pour vaincre cette souffrance, un regard d’amour suffit : « je sais que quelqu’un m’aime, je suis enfin moi-même ». Le film se termine sur une ode à l’art, à la création : après avoir été fasciné par l’illusion du théâtre, John Merrick rentre chez lui et termine sa cathédrale miniature. Lui, l’homme le plus monstrueux du monde, crée une œuvre sublime signée de son nom. Ainsi, jamais il ne disparaîtra vraiment, « rien ne meurt jamais ».
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