- Mario Bava
Publié le 03/11/2008 à 12:00 par myplanity
La Baie Sanglante
Année : 1971
Durée : 1h20
Genre : Horreur, giallo
Réalisation : Mario Bava
Avec : Claudine Auger, Luigi Pistilli, Claudio Volonté
Résumé
Les riverains d'une jolie baie, qui pourrait être le lieu idéal d'une juteuse opération immobilière, meurent assassinés les uns après les autres.
La Baie Sanglante est l’une des oeuvres les plus marquante dans l’histoire du gore et de l’horreur. En effet, sous l’étiquetage "giallo" (qui est l’assassin aux mains gantées ?), Mario Bava nous invite à un jeu de massacre assez cruel : aucun protagoniste ne s’en sortira. Et la question n’est plus "Qui est le tueur ?" mais "Qui sera le prochain ?". Par cela, il annonce les futurs
Vendredi 13 et consoeurs, par bien des indices : un meurtre toute les 5 minutes, le plus original possible, filmé en gros plan, sans ellipse, avec le plus de sang possible. Le passage (sans autre intérêt que de faire couler du sang, avouons-le) où la bande de jeunes vient s’amuser dans la baie avant de se faire assassiner est assez frappant sur ce point.
La Baie Sanglante est donc l’un des tous premiers films où la violence est gratuite, où le dégoût et le gore remplacent le suspense et l’angoisse. L'intrigue et l'identité des tueurs n'a que peu d'intérêt, le plus important étant de voir le plus de meurtres possible (comme le montre la scène finale controversée). Mais la mise en scène de Bava est-elle à la hauteur de ses meilleures œuvres macabres ? Pas vraiment. Deux passages pour moi sont réellement du plus haut niveau et valent à elles seules le film entier : la première scène (esthétiquement sublime) et la dernière, toute deux inattendues et sadiques. Entre ces deux moments, Bava abuse du flou et du zoom, et le rendu est inégal, alternant entre suspense et ennui, mauvais goût et réussite esthétique.
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Publié le 02/11/2008 à 12:00 par myplanity
Une Hache pour la Lune de Miel
Année : 1970
Durée : 1h28
Genre : Epouvante, Horreur
Réalisation : Mario Bava
Avec : Stephen Forsyth, Dagmar Lassander, Laura Betti
Résumé
Un homme se sent incapable de contrôler ses pulsions, qui le poussent à vouloir tuer de jeunes femmes revêtues de leur robe de mariée.
Avertissement : cette critique sera éminemment subjective ! En effet, là où beaucoup peuvent voir en
Une Hache pour la Lune de Miel un film de seconde zone, j'ai trouvé une oeuvre experimentale et envoutante sur la folie ; un film surréaliste et inquiétant, qui nous présente le psychopathe en tant que héro dès le début. Une excellente variation de
Psychose, filmée comme d'habitude par l'esthète Mario Bava. Ce qui pourrait être un défaut, à savoir une mise en scène extrêmement baroque, exagéré, psychédélique, est en fait justifiée, puisqu'il s'agit des visions d'un cerveau abimé. De plus, j'ai trouvé le casting pas trop mal, le personnage principal plutôt bien joué ; de même pour la musique, qui participe à l'ambiance folle du film.
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Publié le 02/11/2008 à 12:00 par myplanity
Opération peur
Année : 1966
Durée : 1h20
Genre : Epouvante, Fantastique
Réalisation : Mario Bava
Avec : Giacomo Rossi-Stuart, Erika Blanc, Fabienne Dali
Résumé
Quelle est la terrible malédiction qui pèse sur ce joli petit village ? C'est ce que doit découvrir le Dr. Eswai appelé à l'aide par l'inspecteur Kruger, impuissant devant une vague de mort frappant les villageois.
Ce Mario Bava là s'approche plus de la série Z que de la série B : les acteurs sont ridicules (personnage principal tout sauf charismatique, son amie blonde de même...), le doublage n'arrange rien ; le scénario s'empire au cours du film et les dialogues sont bien trop mélodramatiques. Mais paradoxalement, la mise en scène de Bava le rend très effrayant, baignant dans une atmosphère lourde et repoussante (apparitions de la petite fille qui glacent le sang). Le film penche même sur l'expérimental et l'onirique vers la fin (le héros se poursuit lui-même, dans une sorte de labyrinthe fait de toiles d'araignées). Donc, à conseiller pour les passionnés d'horreur, ceux qui ont leurs repères dans les films de genre... et à regarder à minuit.
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Publié le 02/11/2008 à 12:00 par myplanity
Les 3 Visages de la Peur
Année : 1963
Durée : 1h28
Genre : Film à sketch, épouvante, fantastique
Réalisation : Mario Bava
Avec : Boris Karloff, Michèle Mercier, Jacqueline Pierreux
Résumé
Le film est composé de trois sketches qui, chacun, mettent en scène une situation horrifique. "Le téléphone" : Rosy passe une nuit particulièrement éprouvante, harcelée au téléphone par un inconnu lui annonçant sa propre mort... "Les Wurdalaks" : Le comte Vladimir passe la nuit dans une ferme. Les habitants y attendent leur père qui est parti tuer un vampire. "La goutte d'eau" : Miss Chester n'aurait peut-être pas dû voler la bague de l'une de ses patientes récemment décédée...
Avis
En 1963, Mario Bava réalise un film à sketch nommé
Les 3 visages de la peur, composé de trois courts métrages inspirés très librement de trois nouvelles (Maupassant, Tchékhov, Tolstoï). Si l’angoisse n’est pas toujours au rendez-vous (en réalité, elle va crescendo : chaque épisode est plus prenant que le précédent), c’est par la mise en scène, l’ambiance et la photographie (Bava au sommet de son art) que le film charme le spectateur. Passée l’introduction de Boris Karloff, le premier sketch, "Le téléphone", a des airs de
giallos et de
La Fille qui en savait trop. Une première histoire pas trop mal, ressemblant assez à
Scream et autres
slashers… mais pas transcendant. Vient alors le deuxième sketch, "Les Wurdalaks" ; celui-ci rappelle
Le Masque du Démon et les films de la Hammer. Un segment excellent, d’une beauté visuelle frappante (landes, forêt, château) qui a sûrement inspiré Tim Burton (surtout dans
Sleepy Hollow) ou même John Carpenter dans
The Fog ou
The Thing – ici, la peur est déjà plus grande (l’enfant, le visage à la fenêtre). Enfin, vient le dernier épisode, "La Goutte d’eau". Là, le giallo et le fantastique se confrontent pour donner un segment très réussi également, le plus angoissant des trois. En bref, la réussite esthétique des
3 visages de la Peur se conjugue avec une peur qui va crescendo. Le tout possède un brin d’humour noir (séquence finale), un charme d’antan, une ambiance, dus au côté rare et peu connu de cette série B. A voir évidemment la nuit, idéal pour celle d’Halloween…
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Publié le 01/11/2008 à 12:00 par myplanity
La Fille qui en savait trop
Année : 1962
Durée : 1h26
Genre : Thriller, policier, "giallo"
Réalisation : Mario Bava
Avec : Barbara Steele, Andrea Checchi, John Richardson
Résumé
Nora Davis, une jeune américaine, arrive à Rome pour voir sa tante, mais celle-ci meurt le jour de son arrivée. Le même soir, Nora, après s’être fait agresser, voit une scène qu’elle n’aurait pas dû voir : elle devient donc un témoin gênant.
Avis
Considéré comme le premier
giallo,
La Fille qui en savait trop possède surtout des références hitchcockiennes (rien qu’au titre) : la jeune femme, aux airs de Vera Miles ou Janet Leigh, se retrouve dans une situation bien malgré elle (comme dans tous les films d’Hitchcock). Mais en mêlant cette trame à la Hitchcock aux romans policiers d'Agatha Christie (faux airs de "ABC contre Poirot" d'ailleurs), Bava laisse apparaître petit à petit les prémices du
giallo, notamment dans la surrenchère de cadavres. Le tout bénéficie - comme d’habitude avec Bava – d’une photographie et d’une mise en scène parfaites, même s’il n’en reste qu’une bonne série B, pas aussi réussie que
Le Masque du Démon par exemple.
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Publié le 01/11/2008 à 12:00 par myplanity
Le Masque du Démon
Année : 1960
Durée : 1h24
Genre : Fantastique, épouvante
Réalisation : Mario Bava
Avec : Barbara Steele, Andrea Checchi, John Richardson
Résumé
Dans la Moldavie du XVIIe siècle, la princesse Asa Vajda, soupçonnée de sorcellerie, est condamnée par l'Inquisition et meurt en maudissant sa propre famille, responsable de son sort. Au XIXe siècle, les docteurs Kruvajan et Gorobec, en route pour un congrès médical, découvrent en chemin le cercueil d'Asa...
Avis
Premier film complètement personnel de Mario Bava (il n’avait signé que des co-réalisations jusqu’alors),
Le Masque du démon reprend les codes des films de la
Hammer, à savoir château hantée, vampires et morts vivants, landes embrumées, forêts terrifiantes… En s’appropriant ce genre américain, Bava réalise un chef d’œuvre du genre horreur et fantastique, qui sûrement a dû inspirer Tim Burton et bien d’autres. Mario Bava étant également au poste de chef opérateur, la photographie en noir et blanc est sublime, donnant à ce conte macabre une certaine poésie. L’ambiance très forte nous imprègne avec une incroyable rapidité, et Bava a su créer sans moyens énormes de multiples artifices pour que cette histoire fantastique ne tombe pas dans le ridicule avec le temps (la scène du vieillissement accéléré très réussie, par exemple).
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Publié le 01/11/2008 à 12:00 par myplanity
Mario Bava
Filmographie :
1946 : L'orecchio
1947 : Santa notte
1947 : Legenda sinfonica
1947 : Anfiteatro Flavio
1949 : Variazioni sinfoniche
1954 : Ulysse (Ulisse) (non crédité)
1956 : Les Vampires (I Vampiri) (non crédité)
1959 : Caltiki, le monstre immortel (Caltiki - il mostro immortale) (non crédité)
1959 : La Bataille de Marathon (La battaglia di Maratona) (non crédité)
1960 : Le Masque du démon (La maschera del demonio)
1961 : Le Dernier des Vikings (L'ultimo dei Vikinghi) (non crédité)
1961 : Les Mille et Une Nuits (Le meraviglie di Aladino)
1961 : Hercule contre les vampires (Ercole al centro della terra)
1961 : La Ruée des Vikings (Gli invasori)
1963 : La Fille qui en savait trop (La ragazza che sapeva troppo)
1963 : Les Trois visages de la peur (I tre volti della paura)
1963 : Le Corps et le fouet (La Frusta e il corpo)
1964 : Six femmes pour l'assassin (Sei donne per l'assassino)
1964 : La strada per Fort Alamo
1965 : La Planète des vampires (Terrore nello spazio)
1966 : Les Dollars du Nebraska (Ringo del Nebraska) (non crédité)
1966 : Duel au couteau (I coltelli del vendicatore)
1966 : Opération peur (Operazione paura)
1966 : L'Espion qui venait du surgelé (Le spie vengono dal semifreddo)
1968 : Danger : Diabolik ! (Diabolik)
1970 : L'Île de l'épouvante (5 bambole per la luna d'agosto)
1970 : La Baie sanglante 2 (Il rosso segno della follia)
1970 : Roy Colt e Winchester Jack
1971 : La Baie sanglante (Reazione a catena)
1972 : Baron vampire (Gli orrori del castello di Norimberga)
1972 : Quante volte... quella notte
1973 : La Maison de l'exorcisme (La casa dell'esorcismo)
1974 : Les Chiens enragés (Cani arrabbiati)
1977 : Les Démons de la nuit (Schock)
1979 : La Venere di Ille (TV)
Malgré son appartenance aux séries B ou Z, Mario Bava est un réalisateur trop méconnu et à découvrir. Metteur en scène hors pair, chef opérateur de génie, ses films d'horreur sont des pièces de maître qui ont inspiré bon nombre d'autres réalisateurs plus célèbres, de Dario Argento à Tim Burton.