- Sergio Leone
Publié le 21/09/2008 à 12:00 par myplanity
Il était une fois en Amérique
Titre original : Once upon a time in America
Année : 1984
Durée : 3h40
Genre : Drame, gangster
Réalisation : Sergio Leone
Avec : Robert De Niro, James Wood, Elizabeth McGovern
RESUME
Il était une fois deux truands juifs, Max et Noodles, liés par un pacte d'éternelle amitié. Débutant au début du siècle par de fructueux trafics dans le ghetto de New York, ils voient leurs chemins se séparer, lorsque Noodles se retrouve durant quelques années derrière les barreaux, puis se recouper en pleine période de prohibition.
AVIS
Seul film non-western de la filmographie de Leone (à part son premier essai, un peplum),
Il était une fois en Amérique est un projet auquel le réalisateur tenait depuis longtemps. Leone fait bien plus que nous raconter le destin d'un personnage du milieu de la mafia, il nous dépeint toutes les sensations humaines, l'amitié, l'amour, la jalousie... et surtout le remord, à cause duquel Noodles se réfugie dans la fumerie d'opium. Doté d'une mise en scène superbe, parfaite,
Il était une fois en Amérique, dernier film de Leone et summum de sa filmographie, est également magnifié par la musique d'Ennio Morricone. Enfin, le film est porté par Robert De Niro dans son interprétation la plus magistrale, la plus contenue et mesurée aussi.

Le film, très long, navigue entre passé, présent et futur, à tel point qu'on ne sait plus si le temps existe, si tout est réel ou rêvé. Malgré tout, le film débute et se termine dans la fumerie d'opium dans les années 30, ce qui donnerait à penser que l'enfance de Noodles et son passé proche ont bien eut lieux, mais que son futur de vieil homme innocent et trahi n'est qu'une chimère, une hallucination due à la drogue. D'où le plan final où Noodles sourit, heureux de se croire non-coupable. Une hypothèse qui paraît plus probable à chaque vision, le film nous livrant à chaque fois ses secrets et subtilités. En effet, les scènes dans lesquelles Noodles est âgé sont étranges : il est étonnant que Fats Moe ait survécu, que Deborah n'ait pas autant vieilli que lui et que le fils de Max ressemble comme deux gouttes d'eau à son père adolescent, comme l'a connu Noodles. De plus, l'intriguant freesbee et le mystérieux camion-benne semblent tous droits sortis des rêveries d'un drogué. Et, comme je l'ai déjà dit, le fait que le film s'ouvre et se ferme sur la fumerie d'opium confirme bien que cette scène EST le présent.





EN BREF, magnifique, bouleversant, renversant, transcendant...
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Publié le 21/09/2008 à 12:00 par myplanity
Le bon, la brute et le truand
Titre original : Il Buono, il brutto, il cattivo
Année : 1966
Durée : 2h35
Genre : Western
Réalisation : Sergio Leone
Avec : Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Eli Wallach
RESUME
Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Blondin connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache. Chacun a besoin de l'autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Setenza, une brute qui n'hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.
AVIS
Clausule de la "trilogie des dollars" de Sergio Leone, avant sa trilogie des "
Il était une fois...",
Le bon, la brute et le truand nous dépeint encore une fois une course au magot. Dans
Pour une poignée de dollars, l'Homme sans nom vend ses services à toute la ville ; dans
Et Pour quelques dollars de plus, le Gaucher et Mortimer se conccurencent pour la prime des voleurs de la banque d'El Paso ; enfin, dans
Le bon, la brute et le truand, trois hommes sans pitiés veulent pour eux tous seuls un trésor caché dans une tombe. Mais seul Blondin connaît le nom écrit sur la pierre tombale...
Les trois premiers westerns "spaghettis" de Leone sont des films très divertissants, chargés de second degré, en opposition aux
Il était une fois... bien plus dramatiques.
Le bon, la brute et le truand est la quintessence du genre que Leone a crée. Le film est traité les trois quarts du temps avec humour et ironie : en plus des nombreux dialogues cultes, le scénario offre de nombreux gags de répétition (la corde, la phrase "le monde est divisé en deux"...).
Doté d'une mise en scène exemplaire (la scène finale), novatrice (le nom des méchants apparaissant lors d'arrêts sur image ; le passage musical où Tuco court dans le cimetière, la caméra tournoyant) et qui essaie toujours de surprendre ses spectateurs (dans la première scène, nous croyons avoir affaire à un duel), le film possède quand même quelques longueures. En effet, et malgré les nombreux rebondissements, le chemin de nos protagonistes est long avant la confrontation finale autour du trésor, et certaines scènes auraient pu être elludées. Par exemple, celle du pont semble n'exister que pour faire saliver un peu plus le spectateur en attente du dénouement.
Un film divertissant, bien mis en scène, mouvementé, certes, mais n'oublions pas quelques belles scènes plus tragiques : les retrouvailles entre Tuco et son frère, le dialogue qui s'en suit avec Blondin et la scène muette dans laquelle Blondin offre une dernière bouffée de son cigare à un soldat mourant.
Comment parler de ce film en oubliant deux points majeurs, les acteurs et la musique ! Clint Eastwood est encore un cran au-dessus dans son jeu, Lee Van Cleef est de nouveau excellent (même si son rôle devient moins important dans la deuxième partie) et enfin, Eli Wallach en Tuco est absolument génial. La musique de Morricone est pas mal du tout, mais elle n'atteint son apogée que lors des deux derniers thèmes :
Ectasy of Gold, quand Tuco découvre le cimetière ; et celui accompagnant le "duel à trois" final.
EN BREF, bien joué et bien mis en scène,
Le Bon, La Brute et Le Truand est un film divertissant, prenant, amusant, "culte", mais peut-être trop longuet vers la fin pour un film de ce genre.
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Publié le 17/09/2008 à 12:00 par myplanity
Et Pour Quelques Dollars de Plus
Titre original : Per qualche dollari di piu
Année : 1965
Durée : 2h06
Genre : Western
Réalisation : Sergio Leone
Avec : Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonte
RESUME
Le colonel Douglas Mortimer collabore avec un chasseur de primes surnommé L'"Etranger". Tous les deux souhaitent capturer l'Indien, un tueur fou, qui sème la terreur autour de lui. Ce dernier et ses hommes sont sur le point de piller la banque d'El Paso.
AVIS
Deuxième western spaghetti de Sergio Leone et de sa "trilogie du dollar",
Et pour quelques dollars de plus met en scène cette fois un duo - le premier nous montrant Clint Eastwood seul et contre tous, le troisième un trio de pourris voulant chacun la plus grosse part du trésor. Au beau milieu de ce western divertissant et typique (citations cultes, duels et coups de feu), Leone effleure le côté tragique de ses meilleures oeuvres,
Il était une fois dans l'Ouest et
Il était une fois en Amérique, par le biais du personnage de Mortimer. Comme l'Harmonica et Noodles dans ces deux films, Mortimer est un personnage coupé du monde présent et hanté par son passé, qui lui revient sous formes de
flash-backs (effet de style également très présent dans
Il était une fois la Révolution).
Lee Van Cleef est d'ailleurs excellent dans le rôle de son personnage triste, et c'est probablement la meilleure interprétation de sa carrière (une carrière inégale, il faut bien le dire). Clint Eastwood est également, et comme toujours, très bon ; les deux comédiens forment un attachant duo. L'amitié et la camaraderie sont des thèmes très importants chez Leone, et on retrouvera ce même genre de tandem dans
Il était une fois la Révolution.
Les acteurs sont donc très bons (n'oublions pas non-plus Gian Maria Volonte, célèbre acteur italien particulièrement troublant dans le film), la musique est bonne elle aussi, idem pour la mise en scène, novatrice et originale, mais parfois trop (la surrenchère de courts plans sur les yeux quand Mortimer et le Manchot voient l'affiche de l'Indien, par exemple). A l'opposé, elle est trop faible et hasardeuse lors du premier duel, entre l'Indien et le traître. Enfin, toujours côté négatif, le film souffre d'importantes longueures dans la dernière partie, après la scène du braquage de la banque d'El Paso. Néanmoins, le final est à la hauteur et nous offre une très belle confrontation finale.
EN BREF, un excellent western "spaghetti", mais pas
le chef d'oeuvre de Leone.
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Publié le 15/09/2008 à 12:00 par myplanity
Il était une fois dans l'Ouest
Titre original : Once upon a time in the West
Année : 1968
Durée : 2h48
Genre : Western
Réalisation : Sergio Leone
Avec : Charles Bronson, Henry Fonda, Claudia Cardinale
RESUME
Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors des terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer). Mais les soupçons de portent sur un aventurier, Cheyenne...
AVIS
Le genre du western a connu différentes passes et son succès n'a jamais été continu. Pour résumer, d'abord, le western classique, avec en tête d'affiche John Ford et Howard Hawks côté réalisateurs, John Wayne, James Stewart, Henry Fonda côté acteurs. Puis, vint le temps du western-spaghetti, marqué par les oeuvres de Sergio Leone et pas mal de séries B. Des années 80 et 90 n'émèrgent que quelques oeuvres, comme celles de Clint Eastwood ou Kevin Costner. Enfin, le western semble revenir à la mode ces temps-ci avec le remake de
3h10 pour Yuma et, dans un mois,
Appaloosa, le film de Ed Harris. Bref, tout ça pour dire que cette constatation m'a donné envie de revisionner ce qui reste la quintéssence du genre, film somme, un de ces nombreux "ultimes westerns",
Il était une fois dans l'Ouest.
Réalisé en 1968 par Sergio Leone,
Il était une fois dans l'Ouest est un western, certes, mais bien plus encore. C'est un véritable chef d'oeuvre dramatique et esthétique, qui dépeint l'apparition des "hommes d'affaires" et l'extinction des Hommes purs et durs, pour qui la vengeance était la meilleur des justices. On peut croire, à voir la première scène, qu'on retrouvera dans ce film ce qui fait le bonheur des fans de
Le bon, la brute et le truand : à savoir coups de feus, humour et "gueules" mal rasées. Mais le film s'avère, à partir de la scène suivante, bien plus dur et âpre que cela, visant plus haut que le simple divertissement. Sous son apparence de simple western,
Il était une fois dans l'Ouest est le film dans lequel Leone a su au mieux nous montrer au plus profond de leur âme ses personnages voués à une fin tragique, avec
Il était une fois en Amérique (là sous l'apparence d'un film historique ou de gangster).
Le film commence par un générique devenu culte, puisqu'il dure une bonne dizaine de minute et sans musique. Nous observons trois hommes en cache-poussière qui attendent un train... Ces trois hommes pourraient très bien être Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach... Mais une minute plus tard, ils disparaissent. Une manière de dire "finis les enfantillages et les répliques cultes, ce film est plus sérieux". Sergio Leone accorde beaucoup d'importance à l'exposition de nos personnages principaux : une longue scène de tension précède l'apparition magistrale et sinistre de Charles Bronson ; de même pour Frank, dont la première scène restera dans les mémoires (l'assassinat de la famille McBain). Deux scènes de puissances équivalentes. Arrivent ensuite Jill, qui apparaît quant à elle avec grâce et poésie, et le Cheyenne menotté, avec plus d'humour, dans la fameuse scène du bar.

La suite du film se fait plus parcimonieuse, parsemée tout de même de quelques moments forts ou durs, nous exposant une intrigue qui mène inexorablement au duel le plus célèbre et le plus extraordinaire du 7° Art. Au dénouement, tous meurent ou disparaissent, tous sont condamnés, et Jill reste la seule preuve d'espoir et d'avenir dans ce monde cruel et encore primitif.

Oui, ce film est certainement le ou l'un des plus beau films du cinéma, à voir absolument. La mise en scène de Sergio Leone est absolument incroyable, au sens propre du terme. La musique, signée Ennio Morricone, est également un monument à elle toute seule. Elle est complètement intégrée au film, donnant un thème à chacun des personnages (le thème de l'harmonica, le thème de Frank, de Jill, du Cheyenne et de Morton). Enfin, les acteurs sont également du meilleur niveau. Le visage de Charles Bronson exprime toute sa tristesse, celui de Jason Robbards son amertume ; Claudia Cardinale est absolument divine, et je ne trouve aucun adjectif à la hauteur de Henry Fonda !
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