- Stanley Kubrick
Publié le 04/10/2008 à 12:00 par myplanity
Eyes Wide Shut
Année : 1998
Durée : 2h39
Genre : Drame
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Tom Cruise, Nicole Kidman, Sydney Pollack
RESUME
William Harford, médecin, mène une paisible existence familiale. Jusqu'au jour où sa femme, Alice, lui avoue avoir eut le désir de le tromper quelques mois auparavant...
AVIS
Dernier film de Kubrick,
Eyes Wide Shut peut s’inscrire dans la veine des films choquants et provocateurs de son auteur, à savoir
Lolita, dans lequel il contait une histoire d’amour impossible entre un vieil homme et une adolescente, et
Orange Mécanique, dans lequel il s’attachait à mettre en scène la violence sous toutes ses formes, mais surtout gratuite.
Eyes Wide Shut est une œuvre sur la libido, et sûrement l’un des films les plus fantasmagoriques de son auteur. Tout du long, Tom Cruise ère dans la ville, comme dans un labyrinthe, et le spectateur au final a la sensation de sortir d’un long rêve (érotique, bien sûr), ou peut-être d’un cauchemar.
C’est d’ailleurs le thème du film, faire la différence entre fantasme et réalité (ce qui est d’ailleurs résumé dans l’épilogue entre Cruise et Kidman). Jusqu’à la fin, on se demande si Alice l’a bel et bien trompé, ou si elle n'a fait que fantasmer. D’un autre côté, les péripéties que vit Hardford semblent tellement romanesques et folles qu’on est en droit de se demander s’il ne les a pas fantasmés lui aussi…
On en revient au même point :
Eyes Wide Shut, œuvre sur le fantasme, sur le sexe, sur la frontière entre rêve et réalité, une œuvre sans pudeur et choquante jusqu’à la réplique finale et provocatrice. Le film est encore une fois très réussi esthétiquement, surtout dans la scène de l’orgie particulièrement inquiétante (troublante analogie, par son aspect de secte, avec l’appartenance de Tom Cruise à la scientologie). Kubrick filme le nu avec audace, en particulier avec une actrice aussi célèbre que Nicole Kidman. Le casting est d’ailleurs très bon, mais malheureusement assez mal doublé en vf.
EN BREF, Kubrick réalise un long rêve érotique en guise de testament, dont certaines images frappantes restent gravées dans l’imaginaire du spectateur.
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Publié le 04/10/2008 à 12:00 par myplanity
Full Metal Jacket
Année : 1987
Durée : 1h52
Genre : Guerre, Drame
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Matthew Modine, Vincent O'Onofrio, Adam Baldwin
Interdit aux - 12 ans
RESUME
Pendant la guerre du Vietnam, la préparation et l'entrainement d'un groupe de jeunes marines, jusqu'au terrible baptême du feu et la sanglante offensive du Tet a Hue, en 1968.
AVIS
Full Metal Jacket est un film de guerre réalisé par Kubrick en 1987, donc bien après d’autres oeuvres célèbres sur le Vietnam, comme
Apocalypse Now ou
Voyage au bout de l’enfer, car il mis 7 ans à le réaliser. Le metteur en scène y fait de nouveau une critique forte de la guerre (après
Les Sentiers de la Gloire et
Docteur Folamour), la montrant cette fois comme un monstre terrible qui fait perdre leur âme à ses soldats. Nous le constatons avec le surnommé ‘Guignol’, personnage principal, qui essaye de rester pacifiste et humain, mais qui devient au final comme les autres, à savoir une machine à tuer.

Le film est divisé en deux parties, une première dans le camp d’entraînement des Marines, et une seconde au Vietnam. Nous verrons par la suite que les deux parties sont inégales et possèdent des différences, mais elles ont une structure commune : elles commencent toutes deux sur une note assez joyeuse, légère (le sergent Hartman dans la première, des soldats qui s’ennuient à ne tuer personne dans la deuxième), mais se terminent en drame, dans un bain de sang. Ce phénomène de miroir se voit même au niveau de notre héro, Guignol : dans la première partie, il essaye d’aider ‘Baleine’, mais finit par faire comme tout le monde et à le frapper ; dans la seconde, il arbore fièrement son symbole ‘peace and love’, mais finit encore par devenir un être déshumanisé et "né pour tuer".

Mais deux parties également très différentes, avec comme seul "fil rouge" le héros ; une première rythmée et passionnante, et qui devient de plus en plus grave et forte en tension. La suite au Vietnam spectaculaire, la mise en scène y est bluffante, dans un
style documentaire comme le voulait Kubrick, qui immerge les spectateurs au cœur de la bataille. Ce style réaliste, différent de celui de la première partie, nous fait oublier qu'on est devant un écran (ce qu'essaie de faire Kubrick à travers tous ses films, même dans un film historique comme
Barry Lyndon). La seconde partie atteint son apogée lors du massacre final, avec des ralentis violents et durs sur les soldats tués depuis l’immeuble (qui font d’ailleurs échos au ralenti sur la victime de la première partie).
En bref, une première partie forte et originale ; une seconde spectaculaire et à la mise en scène impeccable : le tout forme un grand film de guerre. Mais au-delà de son appartenance au genre du film de guerre,
Full metal jacket nous invite à une réflexion sur le rapport d'un être humain à son environnement social, et la difficulté de rester en permanence différent de celui-ci, de s'y opposer jusqu'au bout.
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Publié le 03/10/2008 à 12:00 par myplanity
Shining
Année : 1980
Durée : 1h55
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyd
Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don de médium, le "Shining", est effrayé à l'idée d'habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles évènements passés...
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Adepte des adaptations, Stanley Kubrick réalise en 1980
Shining, d’après Stephen King. Si l’écrivain fut très déçu par le travail du metteur en scène, le jugeant trop éloigné du roman de base, il n’en reste pas moins que
Shining est un grand film, à part entière. Et le fait que Kubrick s’éloigne de la trame de base permet justement d’apprécier les deux œuvres séparément (au contraire de films fidèles mais souvent très plats, et pourtant appréciés par les "fans" du livre). Kubrick réalise un film bien à lui, en fait une œuvre personnel, et son style habituel froid et cérébral convient particulièrement à ce genre de scénario.
Le metteur en scène crée une atmosphère dérangeante et inquiétante dès le début, grâce aux musiques savamment choisies et placées et à l’esthétique très lumineuse du film. Le style et l’image sont aussi travaillés et forts que dans
2001 l’Odyssée de l’Espace. Comme dans ce dernier, une
forme revient (dans le cas de
2001, le cercle principalement) : ici il s’agit de la forme de la
profondeur - des couloirs et du labyrinthe. Dans
2001, la caméra tournoyait sans cesse, suivant les personnages et les vaisseaux spatiaux ; ici, elle avance et recule constamment en travelling, suivant Danny sur son tricycle ou courant dans le labyrinthe (par steadycam, technique inventée lors du tournage de ce film).
Shining est donc un chef d’œuvre de mise en scène, mais porte peut-être aussi symboliquement un message sur l’art : Jack, qu’on pourrait assimiler à Kubrick ou à tout créateur, n’arrive pas à écrire puis devient fou. La création et l’art sous toutes leurs formes sont donc salvateurs et réparateurs, ils permettent de défouler la folie de l'écrivain, du peintre, du metteur en scène, du musicien... Au-delà d'être un film d'horreur, ce à quoi on l'a trop souvent réduit,
Shining est un film dur sur la famille, vue par Jack comme un empêchement. Il ne parvient pas à remplir sa feuille comme il le voudrait, toujours sorti de son travail d'auteur par sa femme trop présente et son fils maladif.
Enfin, le film semble aborder principalement le thème de la folie (symbole et affiche du film : Jack Nicholson, hirsute, passant la tête par le trou de la porte arrachée à la hache), et surtout la limite fragile entre la "normalité" et la folie. Il crée le doute, et ainsi l'angoisse, sur les apparitions de fantômes du passé. Ces mêmes apparitions semblent être les hallucination d'un fou quand on les voit par les yeux de Jack, les visions d'un enfant doté du "shining" dans le cas de Danny, et la réalité quand c'est Wendy qui y fait face finalement. Ce doute permanent et également la grande complexité de
Shining en font un film fascinant, dont l'aura de mystère permet de le revoir un nombre incalculable de fois sans qu'il ne perde de son impact. Le suspense et la terreur fonctionnent toujours, grâce à une utilisation savante du son et de la musique (l'usage de Penderecki est excellent). Une autre grande force de l'oeuvre tient dans le fait que les spectateurs oublient complètement qu'ils sont devant un écran - paradoxalement, car souvent il frôle le fantastique et devient complètement barré, hallucinatoire. Les acteurs y sont pour beaucoup ; le jeune Danny Lloyd est très fort pour son âge (les enfants dans les films ne rendent pas toujours bien) ; Shelley Duvall, torturée psychologiquement pendant le tournage (par Kubrick entre autres), semble réellement effrayée, et nous avec ; enfin, Jack Nicholson dans son plus grand rôle. A croire qu’il était réellement fou, tellement son jeu est crédible et parfait. Voilà pour le trio de base, mais n'oublions pas Scatman Crothers dans le rôle d'Halloran, le cuisinier doté lui aussi du "shining"...


En bref, culte et effrayant, un film froid comme la neige qui s'abat sur l'Overlook Hotel.
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Publié le 02/10/2008 à 12:00 par myplanity
Barry Lyndon
Année : 1975
Durée : 3h04
Genre : Drame épique
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Ryan O'Neal, Marisa Berenson, Patrick Magee
RESUME
Au XVIIIe siècle en Irlande, à la mort de son père, le jeune Redmond Barry ambitionne de monter dans l'échelle sociale. Il élimine en duel son rival,un officier britannique amoureux de sa cousine mais est ensuite contraint à l'exil. Il s'engage dans l'armée britannique et part combattre sur le continent européen. Il déserte bientôt et rejoint l'armée prussienne des soldats de Frederic II afin d'échapper à la peine de mort. Envoyé en mission, il doit espionner un noble joueur, mène un double-jeu et se retrouve sous la protection de ce dernier. Introduit dans la haute société européenne, il parvient à devenir l'amant d'une riche et magnifique jeune femme, Lady Lyndon.
AVIS
Après la folie et la démesure d’
Orange Mécanique, Stanley Kubrick se lance dans la réalisation d’un film historique, poétique, romantique et classique :
Barry Lyndon. Le film (encore une fois une adaptation), raconte dans une première partie ce qui a amené Barry a devenir Barry "Lyndon", puis la seconde nous montre sa progressive déchéance. Kubrick avait voulu par ce film réaliser un "
documentaire du XVIII° siècle". Et bien c’est réussi ! Le spectateur est immergé dans l'oeuvre, et chaque plan semble être un tableau dans le style de l’époque. Cet effet fascinant est rendu par la photographie réalisée avec des objectifs spéciaux et bricolés, permettant de tout filmer en lumière naturelle (ciel ou bougies uniquement).
Le film donne également grande importance à la musique, comme la merveilleuse
Sarabande de Haendel (datant également du XVIII° siècle). Le thème et ses variations, ainsi que les musiques de Schubert ou Bach, portent complètement cette fresque majestueuse, qui nous fait voyager littéralement trois siècles plus tôt. La mise en scène, la musique, la lumière et l’esthétique ressemblant à des tableaux, tout est parfait.
Le casting l’est également, surtout dans le cas de Barry (joué par Ryan O’Neal), et ce même si les acteurs ne sont pas forcément connus. Les 3h00 passent plutôt vite, avec une première partie qui nous entraîne, dans un style plus proche du film d’aventure ou de cape et d’épée, et une deuxième partie plus bouleversante, où l’étiquetage « drame épique » du film prend tout son sens. Trois scènes en particulier frappent fort : la bagarre entre Barry et son beau-fils, l’accident tragique et le duel final, au suspens puissant.
EN BREF, un film sublime, un des plus grands films historiques.
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Publié le 02/10/2008 à 12:00 par myplanity
Orange Mécanique
Titre original : A Clockwork Orange
Année : 1971
Durée : 2h16
Genre : Science fiction, drame
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Malcolm Mc Dowell, Patrick Magee, Michael Bates
Interdit aux - 16 ans
RESUME
Au XXIème siècle, où règnent la violence et le sexe, Alex, jeune chef de bande, exerce avec sadisme une terreur aveugle. Après son emprisonnement, des psychanalystes l'emploient comme cobaye dans des expériences destinées à juguler la criminalité...
AVIS
Réalisé en 1971 et adapté d’un roman d’Anthony Burgess,
Orange Mécanique est un film extrêmement novateur, par son audace dans la mise en scène de la violence. Le film est sensé se dérouler dans un futur assez proche, mais qui est en fait une exagération du style des années 70 (ce décor participe d'ailleurs à l'aspect très décalé du film). Evidemment, on peut tirer un ou des messages d’
Orange Mécanique. L’œuvre pose une question (assez connue) : où est la limite entre sa propre liberté et la vie en société ? Un homme qu’on force à se plier aux lois et décide de retourner dans le « droit chemin » peut-il rester libre, si son
choix était de tuer ?
Egalement, on trouve dans
Orange Mécanique une pointe de critique politique, avec le personnage du Premier Ministre, qui n’hésite pas à s'allier avec un hors-la-loi dans le but d’une campagne (un débat encore actuel, concernant la présence de l'émotion, du sensationnel et de l'anecdotique dans le monde politique). Mais ce dernier point est plus un détail.
Car
Orange Mécanique est surtout une œuvre complètement folle, parfois inquiétante (la scène culte des yeux maintenus ouverts de force devant les films violents), d’autre fois choquante (nudité, viols) et enfin souvent ironique ou entraînante. Cependant, nous (spectateurs plus avertis de l'an 2000) ne devons probablement pas le percevoir totalement comme à l'époque de sa sortie. Kubrick parvient à nous faire avoir pitié du personnage principal, pourtant horrible, sadique, fou et irrespectueux. Un personnage très bien rendu par l’acteur Malcolm Mc Dowell excellent. Cette ambivalence entre répulsion et attirance, qui règne sur le film, est portée parfaitement par l'inquiétante musique de Wendy Carlos, dont c’est la première collaboration avec Stanley Kubrick.
EN BREF, un film dingue, qui renverse le spectateur et le fait passer par le dégoût, le rire, la pitié, l’inquiétude, la jubilation, etc.
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Publié le 30/09/2008 à 12:00 par myplanity
2001 : L'Odyssée de l'Espace
Titre original : 2001 : A Space Odyssey
Année : 1968
Durée : 2h21
Genre : Science fiction, drame épique
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester
RESUME
A l'aube de l'Humanité, dans le désert africain, une tribu de primates subit les assauts répétés d'une bande rivale, qui lui dispute un point d'eau. La découverte d'un monolithe noir inspire au chef des singes assiégés un geste inédit et décisif. Brandissant un os, il passe à l'attaque et massacre ses adversaires. Le premier instrument est né.
En 2001, quatre millions d'années plus tard, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire au rythme langoureux du "Beau Danube Bleu". A son bord, le Dr. Heywood Floyd enquête secrètement sur la découverte d'un monolithe noir qui émet d'étranges signaux vers Jupiter.
Dix-huit mois plus tard, les astronautes David Bowman et Frank Poole font route vers Jupiter à bord du Discovery. Les deux hommes vaquent sereinement à leurs tâches quotidiennes sous le contrôle de HAL 9000, un ordinateur exceptionnel doué d'intelligence et de parole. Cependant, HAL, sans doute plus humain que ses maîtres, commence à donner des signes d'inquiétude : à quoi rime cette mission et que risque-t-on de découvrir sur Jupiter ?
AVIS
Dans l’univers cinématographique de la science-fiction, il y a un avant et un après
2001 : L'odyssée de l'Espace. Le chef d’œuvre de Kubrick parvient à s’éloigner des séries B habituelles et élève ce genre considéré comme mineur au rang d’art. L’esthétique est parfaite, les effets spéciaux sont bluffant et n’ont pris aucune ride. Deux formes prédominent l’œuvre : le rectangle du mégalithe, mais surtout le cercle. Tout comme le système solaire est elliptique et héliocentrique, dans
2001, les personnages se déplacent en cercle, les navettes tournent, l’œil de l’ordinateur est un rond rouge, etc. Le film en lui-même forme une boucle, comme nous le verrons plus tard. Mais
2001 est également une œuvre prédominante et bouleversante dans le cinéma
tout court.

En effet, Kubrick change les lignes et invente une nouvelle forme de cinéma, en secouant le fond et la forme habituels. Le film laisse beaucoup de questions en suspens et est une question en lui-même. Y a-t-il un message à trouver ? Ou bien Kubrick souhaitait-il que chaque spectateur interprète le film à sa manière ? Qu’est-ce que ce mégalithe ? Apparemment, il semble être le signe de nouvelles ères. Il apparaît d’abord au début du film, à « l’aube de l’humanité », quand les singes deviennent humains. Il apparaît au final, et avec lui un nouveau-né. Mais qu’ont appris les Hommes cette fois ? Comment ont-ils évolué ? La scène précédent l’apparition du nouveau-né, montrant le héro se voyant lui-même mais à chaque fois plus vieux, peut indiquer qu’il s’agit de l’éternité. Mais ce serait trop simple, et la séquence dans laquelle nous voyons défiler des couleurs et images fascinantes prouve qu’il s’agit d’en fait d’une vérité encore inconnue, bien plus insondable. L’Homme a donc du évoluer par lui-même pendant des milliers d’années (comme le montre la conquête spatiale) avant de faire face de nouveau au mégalithe, qui, tel un guide supérieur, lui indique une nouvelle étape, un stade supérieur encore inconnu. En réalité,
2001 répond à une question : pourquoi, ou plutôt COMMENT, nous, les humains, avons-nous évolué de la sorte, passant d’animaux à des êtres doté de raison, alors que ce n’est pas le cas d’autres espèces ? La réponse est simple : le mégalithe était là pour nous guider !
Voilà pour mon interprétation, mais il serait trop simple de dire « j’ai trouvé ! ». Car le film est très fascinant, et peut laisser perplexe à la première vision. Comment savoir si notre raisonnement est celui de Kubrick, ou d’Arthur Clarke, l’auteur du roman ? Et il serait réducteur de trouver une explication concrète à ce chef d’œuvre irrationnel qui a pour force de laisser son spectateur étonné, fasciné, disons même hypnotisé par les fabuleuses images, les scènes teintées d’émotion (la folie du superordinateur) et par les musiques de Richard et Johann Strauss.
EN BREF, un chef d'oeuvre hypnotique, fascinant et sublime visuellement.
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Publié le 29/09/2008 à 12:00 par myplanity
Docteur Folamour
Titre original : Doctor Strange Love
Année : 1964
Durée : 1h31
Genre : Comédie, Guerre
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden
RESUME
L'histoire se déroule en pleine guerre froide. Le général américain Jack D. Ripper, frappé de folie paranoïaque, décide d’envoyer des B-52 frapper l’URSS . Le président des États-Unis commande une réunion d'urgence dans la salle souterraine de commandement stratégique pour tenter d'éviter une guerre nucléaire.
Un débat s’engage alors entre les tenants des différentes options politiques et militaires qui s’offrent au président. La seule possibilité pour éviter un conflit majeur, est de fournir aux Soviétiques les positions des avions, afin qu’ils les détruisent. Certains sont abattus et les autres sont rappelés, sauf un, dont le système de communications est hors d'usage. L’ambassadeur de l’URSS, convoqué afin de témoigner de la bonne foi du président américain, mentionne l’existence d’un système secret de défense qui déclencherait l’holocauste nucléaire mondial en cas d’attaque contre l’URSS. Ledit système secret de défense porte le nom de "La Machine infernale".
AVIS
Docteur Folamour est le deuxième film de guerre de Stanley Kubrick, après
Les Sentiers de la Gloire - et avant
Full Metal Jacket (le premier prenant place en France pendant la guerre de 14-18, le second pendant la guerre du Vietnam).
Docteur Folamour, lui, traite de la Guerre Froide. Encore une fois, Kubrick dénonce l'absurdité de la guerre et surtout l'incompétence de nos dirigeants aux dépents des gens "d'en bas". Dans
Les Sentiers de la Gloire, une attaque suicidaire menait à l'exécution de trois soldats innocents de toute faute. Mais dans
Docteur Folamour, c'est l'humanité
entière qui subira les folies des hommes politiques.
Cette histoire catastrophique, Kubrick choisit de la traiter sur le ton de la comédie. Docteur Folamour est donc une satire très ironique et drôle, mais également inquiétante : nous sommes dirigés par des inconscients et des idiots ! Un exemple, les présidents se comportant comme des enfants (le président Américain au téléphone avec son homologue Russe : "non, moi aussi je suis peiné... Non, c'est
moi qui est plus peiné que vous !... D'accord, vous l'êtes, mais je le suis au moins autant que vous!").
Le film prend parfois une tournure plus loufoque et décalée, avec le personnage du Dr Folamour par exemple, ou dans la scène finale (avec le militaire à califourchon sur la bombe). Il offre à l'acteur Peter Sellers son meilleur rôle, ou plutôt
ses meilleurs rôles. En effet, il interprète (brillament) trois personnages : le Docteur Folamour, le président des USA et le Colonel Mandrake. Pour le reste du casting, George C. Scott et Sterling Hayden sont également très bons, dans des rôles assez similaires de militaires détraqués (l'un prétend d'ailleurs que les communistes attaquent le "fluide vital" des Américains par le biais du fluor).
EN BREF, un film acerbe, ironique, loufoque et globalement très réussi.
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Publié le 28/09/2008 à 12:00 par myplanity
Lolita
Année : 1962
Durée : 2h27
Genre : Drame, romance
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : James Mason, Sue Lyon, Peter Sellers
RESUME
Durant l'été, dans la petite ville de Ramslade, Humbert Humbert, un professeur de lettres divorcé et séduisant, loue une chambre dans la maison de Charlotte Haze, une matrone éprise de culture. Celle-ci essaie de séduire Humbert, mais ce dernier se montre beaucoup plus attiré par la juvénile Lolita.
AVIS
Venant de s'exiler en Angleterre, Kubrick adapte en 1962 le livre très polémique
Lolita de Vladimir Nabokov, qui raconte une histoire incestueuse et malsaine entre un homme quarantenaire et une jeune fille (de 12 ans dans le livre). Malheureusement, nous ne pouvons apprécier le film comme à l’époque de sa sortie, car les tabous ont bien changés et rien ne nous semble choquant dans ce que nous
voyons. Par contre, certaines ellipses, certains non-dits, suggérant des relations charnelles, mettent mal à l’aise à elles seules. Connaissant Kubrick (cf. la nudité dans
Eyes Wide Shut, etc), on se doute qu’il a voulu aller plus loin, mais la censure l’en a empêché.
Sur ce point, il est donc difficile de juger le film, qui a probablement perdu de son impact. De plus,
Lolita est une œuvre inégale : dans l’ensemble il est réussi, tant du côté de la mise en scène que du jeu de James Mason et Peter Sellers. Un film qui alterne entre drame et ironie, et qui démarre sur les chapeaux de roue avec une première scène excellente. La suite est parsemée de quelques bons passages (comme les apparitions de Peter Sellers, surtout celle en psy (annonçant le Dr Folamour)), mais le tout souffre de quelques longueurs et nous laisse partagé, mitigé, sur notre faim.
EN BREF, le côté sulfureux s’est apparemment amoindri avec le temps, laissant un assez bon film mais inégal.
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Publié le 27/09/2008 à 12:00 par myplanity
Spartacus
Année : 1960
Durée : 3h09
Genre : Peplum, Historique, Drame, Romance, Guerre
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Kirk Douglas, Jean Simmons, Laurence Olivier
RESUME
73 av. J.-C.. Spartacus est un esclave thrace que l'on fait travailler dans les mines de Libye. Il est remarqué et acheté par Lentulus Batiatus, propriétaire d'une école de gladiateurs à Capoue. À Capoue, il est pris en charge par l'entraîneur Marcellus qui l'initie au métier de gladiateur. Il fait connaissance avec les autres esclaves, dont Draba le Noir et Crixus. Il est aussi intéressé par Varinia, une des esclaves que Marcellus donne parfois en récompense pour une nuit aux gladiateurs qui l'ont bien mérité. (...)
AVIS
Tourné en 1960,
Spartacus fut par la suite renié par son réalisateur Stanley Kubrick. On peut comprendre cela, car en effet, il hérita des manettes du film après le départ de Anthony Mann (
L'Homme de l'Ouest, ...), initialement prévu au poste de metteur en scène. Alors, certes, ce n’est pas son film le plus personnel, mais il n’en reste pas moins que c’est un grand film. Tout de même, précisons que Kubrick remania le scénario afin d’en enlever son côté trop moralisateur qu'il jugeait inutile.
Spartacus est donc un très grand film, et surtout un très grand péplum, dont les 3h00 passent très vite pour le spectateur, pris dans l’action. La mise en scène est parfaite, de nombreux passages chargés d’émotion restent en mémoire : le premier combat à mort, la rencontre avec Varinia, les soldats qui se lèvent et crient tous
« je suis Spartacus » afin de défendre ce dernier ou encore le dénouement. Il faut avouer cependant que certaines scènes ont vieillies, et principalement la grande bataille finale.
La mise en scène est donc (évidemment) réussie, la photographie également – n’oublions pas la musique (somptueuse pour le thème d’amour, mais parfois barbante lors des scènes de guerre) et le superbe générique signé Saul Bass (créateur des intros de
Sueurs Froides,
West Side Story,
La mort aux trousses,
Alien,
Les affranchis,
Casino…) – nous pouvons donc passer à un dernier point majeur, le casting. Car il vaut le détour ! Kirk Douglas, déjà, est parfait comme à son habitude. Il joue magnifiquement bien son personnage de martyr et révolutionnaire, engagé dans une cause perdue et éternelle, la défense des opprimés contre les privilégiés. Intéressant d’ailleurs de voir que ce personnage peut à la fois être interprété comme un leader communiste du passé ou un Jésus Christ avant l’heure.
Le comédien, très impliqué dans le tournage et la production (il est d’ailleurs crédité en tant que producteur), réuni une pléiade d’acteurs monumentaux. Laurence Olivier (
Les Hauts de Hurlevent,
Rebecca,
Henry V,
Marathon Man…) est génialissime en Crassus, un de ses plus grands rôles ; Charles Laughton (grand acteur et réalisateur d’un seul film,
La nuit du chasseur) est lui aussi excellent ; et enfin, pour résumer, Peter Ustinov, Tony Curtis et John Gavin (Sam dans
Psychose) sont eux aussi du meilleur niveau. Côté féminin, par contre, le casting n’est pas doté de grandes pointures.
EN BREF, certes,
Spartacus est un film très classique et hollywoodien, mais surtout grandiose, prenant et émouvant.
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Publié le 25/09/2008 à 12:00 par myplanity
Les Sentiers de la Gloire
Titre original : Paths of Glory
Année : 1957
Durée : 1h28
Genre : Guerre, Drame
Réalisation : Stanley Kubrick
Avec : Kirk Douglas, Ralph Meeker, Adolphe Menjou
Interdit aux - 12 ans
RESUME
En 1916, durant la Première Guerre mondiale, le général français Broulard ordonne au général Mireau de lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, surnommée "La fourmilière". Au moment de l'attaque, les soldats tombent par dizaines et leurs compagnons, épuisés, refusent d'avancer...
AVIS
Troisième long-métrage de Kubrick,
Les Sentiers de la Gloire (adapté d'un roman) fit polémique dans notre beau pays à sa sortie. Ce n'est pas vraiment un film de guerre, mais plutôt un film contre la guerre. Il nous montre l'absurdité de celle-ci, et critique le système militaire : les généraux, pour arriver à leur fins, se servent des soldats comme de pions, alors qu'ils sont eux aussi des êtres humains. Sous prétexte de faire un exemple, ils n'hésitent pas à condamner à mort trois soldats au hasard et à monter de toute pièce une accusation pour justifier l'exécution.
En plus d'être un film très intelligent,
Les Sentiers de la Gloire est surtout un chef d'oeuvre esthétique. Déjà, Kubrick use de longs plans-séquences en travelling, souvent pour suivre un personnage. Le noir et blanc, les jeux de lumière, le travail sur la photographie sont superbes. De nombreuses séquences fortes, intenses, restent en mémoires, surtout quand Kubrick s'atèle à mettre en scène la violence. Enfin, le tout est porté par le charisme et le jeu d'acteur de Kirk Douglas.
EN BREF, un film rude et critique, également doté d'une mise en scène sublime.
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