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rebonsoir, c'est en effet un film méconnu boudé par la critique et le public et c'est bien dommage. la fin est...
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Par dasola, le 18.11.2009
bonsoir, j'ai hésité à aller voir ce film car j'avais été déçue par le temps du loup et caché. le ruban blanc ...
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Par dasola, le 18.11.2009
alors perso, alain resnais, j'ai pas adhéré à tous ses films, certains j'ai adoré, d'autres pas.... celui là j...
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Par rosearcana, le 15.11.2009
carrie!! un des films qu'adore mon homme!! lui qui adore stephen king, moi moyen l'univers de stephen king, ça...
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Par rosearcana, le 19.10.2009
hello!! petit passage rapide pour te souhaiter une bonne semaine, à +http://rosear cana.centerblo g.net...
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Par rosearcana, le 05.10.2009
bonjour!! bravo pour ton blog, extra plein de renseignements , très complet, super vraiment, je te mets dans m...
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Par rosearcana, le 29.09.2009
ce qui est génial avec tarantino, c'est qu'il est amoureux du cinéma et sait mettre en valeur tous ses acteurs...
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Par elisa, le 04.09.2009
c'est tout? capra,et ce film méritent une analyse plus poussée......
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Par hawkeye, le 17.07.2009
votre blog devrait être élu encyclopédie officielle du 7 ème art !
merci pour tous les renseignements ,
bonn...
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Par Emilie, le 10.06.2009
ce cinéaste est un génie fou !!!...
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Par youpi, le 27.05.2009
sympa toute ses captures de gran torino ca me redonne envie de voir le film tiens et pourtant je trouve que c'...
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Par Cinéphile Amateur, le 09.03.2009
bravo pour cet article très pertinent et intéressant....
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Par blondin70, le 06.03.2009
hell nicomyers...
moi je ne dirai pas "à force de te lire" puisque tu viens seulement de t'inscrire sur le f...
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Par Franckie, le 06.03.2009
coucou nicomyers ^^
a force de te lire sur le forum, je me suis dis que j'allais passé aussi sur ton blog p...
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Par Cinéphile Amateur, le 04.03.2009
je l'avais vu au cinéma, il est vraiment bien.http://le chamoniard.cen terblog.net...
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Par lechamoniard, le 25.02.2009
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Date de création : 19.12.2007
Dernière mise à jour :
22.11.2009
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En 1932, lors d'un reportage sur un meeting d'acrobatie aérienne à La Nouvelle-Orléans, le journaliste Burke Devlin rencontre un passionné d'aviation, Roger Shumann, héros de l'Escadrille Lafayette, et sa femme Laverne...
Un an après Ecrit sur du vent, Douglas Sirk reprend trois des quatre acteurs qui y tenaient le haut de l'affiche, Rock Hudson, Dorothy Malone et Robert Stack. Habitué aux adaptations de romans de divers qualité ou aux "remakes" que lui proposaient les studios (qu'on pourrait plutôt qualifier de recyclages de scripts), le réalisateur s'attaque cette fois à un grand nom, celui de Faulkner. Comme par hasard, pas de technicolor pour cette
fois, mais un noir et blanc, sublime, qui convient parfaitement au ton âpre de l'auteur. Des riches héritiers d'Ecrit sur du vent aux bohèmes de La ronde de l'aube, il n'y a qu'un pas. Robert Stack et Dorothy Malone incarnent à nouveau deux êtres perdus dans le brouillard, ou plutôt dans les nuages. L'un fonce dans son bolide ailé pour oublier son humanité, l'une se demande si elle n'est pas passée à côté de sa vie. Des anges déchus. Même le fort et droit Rock Hudson est en droit de se
demander s'il n'est pas passé à côté de son rêve - être un grand journaliste de guerre - en écrivant pour un journal conformiste. Il ne se contentera que d'un ersatz d'héroïsme guerrier, dans cette reproduction de foire. Quand le mot 'fin' apparaît, que de chemin parcouru, et que d'humanité en 1h30. Les personnages vivent, réfléchissent, leur psychologie est finement travaillée, et le drame, simple, mais puissant, prend aux tripes lors d'une scène fatale comme Sirk sait nous en servir. Bref l'association de ces deux talents, Faulkner et Sirk, fait des étincelles - on frise la perfection. L'écrivain tombera d'accord et citera La ronde de l'aube comme l'adaptation de ses romans qu'il préfère ; Sirk quant à lui jugera qu'il est sa meilleure réalisation.
Vidocq naît en prison en 1775. Après une jeunesse faite d'expédients, il devient, grâce à une bande d'escrocs, sous-lieutenant dans l'armée de Bonaparte. Vidocq! Ce nom, il le fera sien, après l'avoir emprunté à une pierre tombale. Séducteur par tempérament, escroc par hérédité, sa connaissance du crime en faisait le préposé idéal aux fonctions de Chef de la Sûreté...
Douglas Sirk adapte librement la vie de Vidocq pour réaliser un mélange savoureux de comédie et d'aventure, Scandale à Paris. Débordant d'ironie, de cynisme, et d'excellents dialogues, le film, aujourd'hui presque oublié, offre à George Sanders un rôle sur mesure. Il met tout son flegme britannique dans ce personnage de gentleman cambrioleur.
Il est donc étonnant, à première vue, de voir Sirk réaliser une comédie de ce genre. Et pourtant, l'homme a su être touche-à-tout : avant sa série prodigieuse de mélodrames dans les années 50, il a fait un film de cape et d'épée (Capitaine Mystère), un péplum (Le signe du païen), un western (Taza, fils de Cochise) et des films policiers (dont L'homme aux lunettes d'écaille). Scandale à Paris n'est d'ailleurs pas sa seule comédie : il y a, entre autres, le dyptique No room for the groom et Qui a donc vu ma belle ?réalisés en 1952.
En 1946, Sirk réalise donc son troisième film américain avec cet essai dans la comédie. Il le fait avec brio. Bien que la légereté de l'ensemble empêche le film de décoller, et que la mise en scène reste assez académique, l'humour fait mouche très souvent. La fin, néanmoins, qui montre les hésitations de Vidocq, et son traît tiré sur le passé par le biais de deux scènes de meurtres très cruelles et violentes, prédomine turpitudes et les coups du destin qui attaqueront les futurs héros de Sirk.
En bref, s'il n'est pas un chef d'oeuvre de la comédie ni un chef d'oeuvre dans la carrière de son réalisateur, ce joli petit film, mouvementé et plutôt rythmé, se laisse regarder agréablement. Pour les curieux.
Fils d'un roi du pétrole texan, Kyle Hadley, ivrogne et noceur, se range en épousant Lucy Moore, dont son ami d'enfance, Mitch Wayne est épris. Tout se passe bien dans un premier temps, Lucy a l'espoir de guérir Kyle de son vice, mais ce dernier apprend par le médecin de famille qu'il ne pourra jamais avoir d'enfant.
Avec Ecrit sur du vent, Douglas Sirk ne livre pas vraiment un mélodrame ‘flamboyant’ ni larmoyant, étiquette qu’on lui colle trop facilement, mais plutôt un drame violent, brutal et moderne. Certes, les passions amoureuses sont toujours là, au cœur d’un triangle amoureux, voire même d’un rectangle, et avec elles la magnifique photographie sirkienne. Il y a aussi la critique sociale (nuance, Sirk préfère parler de « conscience sociale », aux spectateurs d’émettrent leur critique) ; ici, le réalisateur dépeint la décadence d’une bourgeoisie agonisante. Le ‘self made man’, vieil homme qui a fondé de ses mains un empire du pétrole, a engendré deux enfants sans repères, presque dégénérés, alcoolique pour le fils (Kyle, joué par Robert Stack), folle à lier pour la fille (Marylee, jouée par Dorothy Malone). A ce duo s’oppose celui du gentil garçon, fils de chasseur, sorte d’homme à tout faire de la famille, interprété par Rock Hudson – un bloc de bonté et de sagesse – et de la secrétaire, parachutée dans ce manoir, mariée du jour au lendemain à Kyle Hadley. Ces deux adultes s’opposent donc aux frères et sœurs Hadley, qui ne sont jamais sortis de l’enfance – Marylee rêve au bord de la rivière de son enfance, Kyle espère y retourner dans son dernier souffle.
Ces personnages, que le destin s’est amusé à manipuler, à mal marier, finiront par se retrouver. Les Hardley chutent définitivement, et les bons s’éloignent en s’enlaçant. « Happy end oblige », confessait Sirk, quand il s’entretenait avec Jon Hallyday à propos de son travail avec les studios hollywoodiens. Néanmoins, Sirk-le pessimiste parvient toujours à glisser un pincement au cœur dans les fins heureuses : ici, c’est pour la jeune Marylee, peste comme on n’en voit peu, mais qui semble posséder une infime part d’honnêteté, et à qui on n’a laissé aucune chance de rachat. Elle finit seul, désespérée, dans un manoir vide. Pincement au cœur aussi pour Kyle, dupé par les illusions et par l’alcool, destiné à foncer dans le mur. Après coup, on se prend de pitié pour ces deux êtres perdus, victimes de trop de richesse, de trop peu de valeurs.
Déambulations d’enfants riches, à bord de porsches multicolores, nostalgie de l’enfance face aux arbres rouges et jaunes de l’automne, baiser interdit des âmes sœurs, tout est au service de la mise en scène virtuose et colorée de Sirk. Il quitte parfois la rigueur classique des grands mélodrames américains, pour adopter une caméra mobile, ou bien créer des angles distordus, prédominant un cinéma plus moderne qui allait apparaître dès les années 60. Le quatuor d’acteurs est très bon, brillamment dirigés.
Très beau livre d'entretiens avec Douglas Sirk, qui, au-delà de réveler les secrets de tournages de ses films, s'exprime sur sa vision politique de l'Allemagne au temps des nazis, du Hollywood hypocrite des années 50 et plus généralement sa vision de la société. On découvre, au fil de ce livre assez court, un intellectuel raffiné, ayant commencé par le théâtre, amateur d'art et féru de littérature. En toute modestie, il affirme admirer les oeuvres de ses contemporains : Jean Renoir, Ophuls, Murnau, Fritz Lang, John Ford, entre autres, sont mentionnés. Il n'hésite pas non plus à écorcher quelques scélérats qu'il a rencontré, des collaborateurs nazis aux producteurs véreux d'Hollywood.
Lorsque Cochise meurt, son fils Taza lui promet de maintenir la paix au sein de la tribu indienne qu'il a unie et régie. Mais son frère, lui, souhaite lier la tribu à celle du belliqueux Géronimo, hostile envers les colons et les autres peuples. Pour honorer la promesse faite à son père, Taza va donc devoir affronter son frère.
Ce film mineur de Douglas Sirk, qui s’essaye au western pour l’unique fois de sa carrière, n’est certes pas dénué d’intérêt ni de quelques bonnes séquences - quelques fulgurances dans des plans bien choisis. Et Rock Hudson, peinturluré en chef Apache, s’avère contre toute attente assez crédible.
L’intrigue, également, est intéressante. Sous son apparence caricaturale, elle pose la question de la cohabitation des deux peuples des Etats-Unis, les Indiens et les blancs. Pour les ‘natives’, signer la paix signifie-t-il se rendre esclave des blancs, perdre ses valeurs et disparaître à long terme ? Trahison, famille, valeurs ancestrales contre société moderne, intérêt privé contre intérêt publique… on sent que le scénariste, un dénommé Gerald Drayson Adams, n’est pas manchot. Le film présente également l’intérêt d’être un des tous premiers à se mettre du côté des Indiens, avec La flèche brisée réalisé quelques temps auparavant.
Néanmoins, si du script de Taza fils de Cochise aurait pu apparaître un très bon film, Douglas Sirk semble avoir perdu de son génie en route pour les déserts de l’Utah et réalise un série B qui ne restera pas dans les anales. La mise en scène, comme la photographie, est académique (le fait que le film fut tourné initialement pour la 3D peut être un excuse possible). Peu d’émotion, et finalement peu d’intérêt pour les personnages principaux. Si bien que l’intrigue se déroule, sans ennui, mais oubliant d’attraper le spectateur avec elle.
Douglas Sirk, qui rêvait de tourner des westerns, semble avoir raté le coche quand il s’est présenté (« Je crois que si j'avais été Américain, je serais devenu réalisateur de westerns »).
Toute l’ambiguïté et la complexité de Sirk apparaissent au grand jour dans son film de 1956, Demain est un autre jour. Tout comme dans Mirage de la vie ou encore Tout ce que le ciel permet, il est impossible de dire si le dénouement est un "happy end" ou non. Sarah Jane revenait, en effet, mais trop tard dans Mirage de la vie, tout comme Cary dans Tout ce que le ciel permet dans le cas où Rock Hudson mourrait de ses blessures – au spectateur d’imaginer sa propre suite… C’est le cas dans Demain est un autre jour. A mon avis, Sirk, homme de lettre très cultivé (selon Jon Halliday, auteur de « Conversations avec Douglas Sirk », il devait être "l’homme le plus cultivé d’Hollywood"), n’était pas dupe de son final, tout comme le spectateur d’aujourd’hui ne l’est plus : Cliff rentre au bercail, et sa famille semble être plus attentionnée grâce aux efforts de la maîtresse Norma Vail, néanmoins rien n’affirme un bonheur futur – en tout cas, pas la mine atterrée de Fred MacMurray. La phrase finale, de la bouche d’un des enfants, ne peut laisser crédule pour peu que l’on ait un peu d’ironie : "quel beau couple, tout de même !" Les enfants, la famille, la société américaine, sont parvenus à leur fin, qui était de faire revenir Cliff Groves, inquiétant "rebelle" à la recherche d’un amour véritable, dans la norme. Sirk réitère donc une fois de plus son pari, qui est d’intégré au mieux la forme hollywoodienne pour y glisser sa critique de la société américaine. Comme d’habitude, le tout s’accompagne des terribles déchirements internes inhérents à tout mélodrame, qui révèle la complexité de nos vies, dans lesquelles on ne choisit pas toujours entre le bien et le mal, mais parfois entre le bien et le bien. Le tout est d’une incroyable subtilité : tout est dit, et pourtant on n’y a vu que du feu. Jamais le trait n’est grossier ou souligné.
Alors, Demain est un autre jour, chef d’œuvre ? Non, bien des éléments empêchent le film d’accéder à ce rang. Après la haute dose lacrymale de Tout ce que le ciel permet, Demain est un autre jourparaît bien terne. Si le noir et blanc convient bien au réalisateur habituellement associé au technicolor - beaux contrastes, cadrages parfaits - le tout manque de prouesses. Du coup, l'émotion et les moments de grâce auxquels le metteur en scène nous avait habitué sont largement en manque. Si le départ de Norma du bureau de Cliff, dans l’avant-dernière scène, fait monter la sauce, la tension retombe malheureusement dans ce qui aurait dû être la grande scène à larmes du film, celle de l’avion s’éloignant dans le ciel. Demain est un autre jour est donc un Sirk quelque peu imparfait, bien que très recommandable.
Mirage de la vie
Douglas Sirk
1959
À New York, Lora Meredith jeune veuve et mère d’une fillette, Susie, veut se lancer dans la carrière d’actrice mais a du mal à joindre les deux bouts. Elle fait la rencontre d’Annie Johnson, une femme noire, également seule dans la vie avec sa fille Sarah Jane.
****
Mélodrame d'une forme parfaite, film dense et profond, Mirage de la vie l'est... et plus encore ! Le dernier long-métrage de Douglas Sirk, oeuvre testamentaire donc, est aussi un portrait des propensions humaines à la gloire, et par là même un portrait de l'Amérique qu'observe le réalisateur d'origine allemande. ""Un film grandiose et fou sur la vie et la mort. Et sur l'Amérique" avait dit Fassbinder, grand admirateur du metteur en scène. Dans Mirage de la vie, La célébrité et la réussite - c'est-à-dire le rêve Américain, ni plus ni moins - ne sont que des "imitations de la vie". Les acteurs, danseurs cherchant le succès ou bien l'argent ne font en fait que mener une vie d'apparence, pour cacher le vide de leur vie ou bien pour échapper à la responsabilité de faire quelque chose de sa vie. Un réalisateur qui critique son propre métier ? Non, car on voit bien que les "artistes" du film ne veulent aucunement servir l'art mais trouver la reconnaissance et les grandeurs, à l'image des diamants qui tombent doucement pendant le générique. Une fois atteints, ces rêves de gloire s'évanouissent - puisqu'ils sont atteints ! Laura, héroïne du film, doit alors faire face à la vanité de sa réussite, et tente tant bien que mal de quitter son milieu pour retourner au bonheur familial. Mais entre temps, la jeune Sarah Jane a elle aussi voulu atteindre l'impossible : renier ses origines. Blanche de peau, elle ne peut vivre en paix à cause de sa mère noire, qui lui cause bien des malheurs en société. Là, Sirk glisse mine de rien l'inquiétante réalité des Etats-Unis des années 50, raciste et ségrégationiste. Elle revient aussi, au final, et trop tard, à sa vraie nature - mais son dilemme aura été bien plus déchirant que celui de Laura : choisir entre l'amour d'une mère et l'acceptation en société. La société américaine empêche de choisir les deux, quand on est noir ou enfant de noir.
On remarquera que tous les personnages essaient de fuir géographiquement leur problème, comme si quitter les acteurs du problème le faisait disparaître. Laura fonce tête baissée vers la réussite, oubliant l'amour de ses proches, Sarah Jane part pour la côté ouest, et vers la fin du film, la jeune Susie veut aller dans un internat dans le Colorado. Tous reviennent, plus ou moins difficilement, vers l'amour originel, naturel, simple et bon. L'image finale de la famille enlacée résout en quelque sorte le problème, et s'assimile à celle du vieux moulin ou le couple Jane Wyman-Rock Hudson pourront s'aimer librement dans Tout ce que le ciel permet. Néanmoins, la fin n'est pas tant que ça un happy end : le problème du racisme, qui a forcé Sarah Jane à faire disparaître sa mère de sa vie ("je l'ai tuée" hurle-t-elle au final), n'a pas disparu ; de plus, le conflit intérieur de Susie n'est pas totalement réglé : elle tend la main à sa mère presque à contre coeur.
Sarah Jane, Susie, Laura, Annie... et les hommes ? Si Steve a son mot à dire au début du film, et représente, comme Rock Hudson dans Tout ce que le ciel permet, le choix de ne pas courir en vain après l'inutile gloire, son personnage disparaît souvent, et son point de vue est rarement adopté. Au final, il est l'objet du désir de deux femmes, mais on ne connaît pas trop ses désirs. Car Douglas Sirk livre aussi une magnifique galerie de portraits féminins dans Mirage de la vie, portraits de femmes face à la société de leur temps. La scène dans laquelle l'agent propose à Laura de coucher avec tous les producteurs s'il le faut, et celle où son "double", Sarah Jane, se fait frapper par son petit copain, témoignent de la domination des hommes dans tous les milieux. Les deux femmes, à la suite de ces scènes traumatiques, décident de se battre et de redoubler d'effort, seules possibilités pour elles de réussir. Laura décide d'être une femme de conviction, qui n'a pas sa langue dans sa poche, Sarah Jane devient une danseuse qui défie les hommes du regard avec assurance.
Mirage de la vie est donc une fresque profondément humaine et intelligente, mais paradoxalement, mise en scène dans le style dit "flamboyant" du sieur Sirk. Au final, le film donne donc beaucoup d'os à ronger pour la réflexion, tout en étant un vrai plaisir pour les yeux. Ce qui en fait un chef d'oeuvre, ai-je besoin de le préciser. Et j'oubliais les acteurs, excellents, en particulier les deux héroïnes jouées par Lana Turner et Juanita Moore.
Jeune veuve avec deux enfants, Cary Scott mène une vie terne, continuant à rêver au grand amour sans oser chercher le nouvel homme de sa vie par crainte des commentaires.
****
Plus que sur les sentiments intérieurs, Tout ce que le ciel permet insiste sur le point de vue que la société porte à l'amour des deux héros. Pour Cary, toute la question est de savoir si elle doit ou non quitter le cocon protecteur de sa vie monotone mais bien réglée pour affronter la violence soudaine - la violence est soudaine, par définition - des habitants de sa bourgade, ainsi que celle de ses enfants. Par la même occasion, Sirk nous parle de la difficulté de faire des choix, avec ce personnage finalement sartrien qu'est Ron Kirby, le jardinier jouer par Rock Hudson : nous ne sommes que la somme de nos actes, il faut alors assumer nos décisions et les prendres seuls, "en homme". Tout ce que le ciel permet livre aussi un magnifique portrait de femme, une femme arrivée à l'âge de changer de vie, tiraillée entre son amant et ses enfants pas encore complètement adultes ni indépendants. Très ancrée dans ses valeurs par simple habitude, respectueuse d'une certaine morale et de la mémoire de son mari, elle est à la fois effrayée de quitter ce carcan et angoissée de rater l'amour de sa vie, et de finir par la même occasion vieille fille cloîtrée dans sa maison, s'ennuyant devant son poste de télévision. Sirk dénoue le dilemme par un évenement extérieur, un aléas du quotidien, ce qu'il faisait déjà dès La fille du marais, son deuxième long-métrage de 1935 et dans lequel un meurtre commis par un inconnu venait élucider le triangle amoureux.

On ne peut oublier de mentionner que, pour mettre en scène ces turpitudes amoureuses, Sirk réalise un travail d'esthète impressionant, que ce soit par le choix des cadres et des décors, des déplacements des personnages, et, évidemment, le travail sur les couleurs. Rock Hudson nous est très sympathique, mais Jane Wyman sidérante le surpasse et lui vole presque la vedette - ce qui n'empêche le duo d'offrir une symbiose parfaite. Le tout porté par un thème musical parfaitement mélancolique, et on ne peut définir Tout ce que le ciel permet que par le mot chef d'oeuvre - ou bien le définir par l'adjectif magistral, comme vous voudrez.
Un jeune et modeste fermier, amoureux d'une femme issue d'une plus grande ferme que lui, se rend à la foire aux bonnes pour en embaucher une. Il tombe en affection pour une jolie bonne, enceinte de son ancien patron et qui se défend lors d'un procès pour faire reconnaître le futur bébé.
***
Joli film pour le débutant Douglas Sirk, qu'il signe alors sous son vrai nom Hans Detlef Sierck, et dans lequel pointe déjà les thèmes de ses plus grands mélodrames : turpitudes d'un amoureux qui a demandé la main d'une femme trop tôt, partagé entre une riche héritière et une innocente fermière. Le regard de la société est déjà au coeur du dilemme. Une histoire pas franchement simple, mais que Sirk s'efforce à sublimer par la mise en scène. Son travail formel est déjà excellent, quoique un peu en retard en comparaison de ceux de Lang ou Murnau, bien plus novateurs à leurs débuts. Ici, pas d'avancées sur le plan sonore, ni d'experimentations visuelles. Néanmoins, ne soyons pas trop sévères en comparaison : en 1935, Sirk n'en n'est qu'à son deuxième film avec La fille des Marais (Das Mädchen vom Moorhof). On se contentera alors de la mise en scène tout ce qu'il y a de rigoureuse, traversée pardeux-trois coups d'éclats et recherches techniques (transition amenée par un caillou jeté dans l'eau), ainsi que d'un rythme soutenu, de personnages bien travaillés (le père mutique et la fille des marais si naïve) et d'un dénouement fort émouvant. Ce qui fait finalement pas mal de bons points !
Douglas Sirk
1900 - 1987

Réalisateur né en Allemagne, Douglas Sirk connaîtra le succès en émigrant pour Hollywood en 1940, fuyant le nazisme comme l'a fait Fritz Lang. Ayant tourné quelques comédies, c'est le mélodrame qui deviendra son genre de prédilection, genre dont il tirera ses plus grandes oeuvres dans les années 50 : Le secret magnifique, Tout ce que le ciel permet, Ecrit sur du vent, Mirage de la vie... Mélodrames aux couleurs flamboyantes du technicolor, qu'il utilise à des fins esthétiques, tout en portant une réflexion sur la société au travers de ses films, et ce depuis ses premières oeuvres allemandes : contrastres entre richesse et pauvreté, question du racisme, etc. Dans ses films s'oppose généralement l'hypocrisie, la facticité de la bourgeoisie et la bonté, la pureté d'une âme innocente (dès La fille des Marais). Par son travail esthétique unique, Sirk est aujourd'hui considéré comme l'un des grands de l'histoire du septième art.
Filmographie
1934 : Zwei Genies
1935 : Das Mädchen vom Moorhof(La fille des Marais)
1935 : Der Eingebildete Kranke
1935 : Dreimal Ehe
1935 : April, April!
1935 : Stützen der Gesellschaft
1936 : La Chanson du souvenir
1936 : 't was een april
1936 : La Neuvième symphonie(Schlußakkord)
1936 : Das Hofkonzert
1937 : Paramatta, bagne de femmes(Zu neuen Ufern)
1937 : La Habanera
1938 : Accord final
1939 : Boefje
1943 : Hitler's Madman
1944 : L'Aveu
1946 : Scandale à Paris
1947 : Des filles disparaissent
1948 : L'Homme aux lunettes d'écaille
1949 : Jenny, femme marquée
1949 : Slightly French
1950 : Le Sous-marin mystérieux
1951 : La Première légion
1951 : Tempête sur la colline
1951 : The Lady Pays Off
1951 : Week-End with Father
1952 : No Room for the Groom
1952 : Qui donc a vu ma belle?
1953 : Meet Me at the Fair
1953 : Take Me to Town
1953 : All I Desire
1954 : Taza, fils de Cochise
1954 : Le Secret magnifique
1954 : Le Signe du païen
1955 : Capitaine Mystère
1955 : Tout ce que le ciel permet
1956 : Demain est un autre jour
1956 : Écrit sur du vent
1956 : Les Ailes de l'espérance
1957 : Les Amants de Salzbourg
1958 : La Ronde de l'aube
1958 : Le Temps d'aimer et le temps de mourir
1959 : Mirage de la vie
1975 : Sprich zur mir wie der Regen
1977 : Sylvesternacht
1979 :Bourbon Street Blues
Mirage de la vie (Imitation of life)1959