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Par rosearcana, le 29.09.2009

ce qui est génial avec tarantino, c'est qu'il est amoureux du cinéma et sait mettre en valeur tous ses acteurs...
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Par elisa, le 04.09.2009

c'est tout? capra,et ce film méritent une analyse plus poussée......
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Par hawkeye, le 17.07.2009

votre blog devrait être élu encyclopédie officielle du 7 ème art ! merci pour tous les renseignements, bonn...
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Par Emilie, le 10.06.2009

ce cinéaste est un génie fou !!!...
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Par youpi, le 27.05.2009

sympa toute ses captures de gran torino ca me redonne envie de voir le film tiens et pourtant je trouve que c'...
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Par Cinéphile Amateur, le 09.03.2009

bravo pour cet article très pertinent et intéressant....
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hell nicomyers... mo i je ne dirai pas "à force de te lire" puisque tu viens seulement de t'inscrire sur le f...
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On connaît la chanson - Alain Resnais - 1997

Publié le 07/11/2009 à 14:02 par myplanity Tags : connait chanson musical comédie musicale dussollier azema azema arditi bacri jaoui

2h - Film français - Musical - Avec Sabine Azéma, Pierre Arditi, André Dussollier, Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui

 

on connait la chanson

 

Comme toujours, Alain Resnais offre sa mise en scène au service de plumes talentueuses, ici le duo Bacri-Jaoui (pour la deuxième fois, après l'expérience Smoking/No Smoking), et parvient à combiner ses exigences de cinéma avec leur style propre ainsi que leurs thèmes préférés. Le projet d'On connaît la chanson parti d'un concept nouveau, d'une idée cinématographique encore inexpérimentée - c'est souvent la base du travail de Resnais - même si le film puise son inspiration dans les oeuvres du brittanique Dennis Potter. L'idée fut celle d'une nouvelle forme de comédie musicale, consistant à calquer des chansons populaires en playback sur les lèvres des comédiens, et d'inscrire le tout dans l'intimité du quotidien.

 

on connait la chanson resnais

 

Le résultat, une comédie réjouissante et bon enfant, rythmée et entraînante. Bien décidé à ne pas tirer la couverture à lui, Resnais met complètement en valeur ses comédiens, à savoir une ribanbelle de talents : Azema, Arditi, Dussollier, mais aussi Lambert Wilson, Bacri-Jaoui, ainsi que Jane Birkin et Jean-Paul Roussillon plus furtivement. L'alchimie de ces personnages qui se croisent et se perdent, avant d'être réunis lors de la crémaillère finale, est absolument parfaite. Certes, tout à un air de déjà vu, des anciens amants retrouvés au quiproquos grotesque, mais cet aspect est totalement assumé : n'est-on pas déjà mis en garde par le titre du film ? De même, le choix des chansons populaires et connus de tous s'inscrit dans une démarche de film accessible et modeste. Tout l'atrait du film se trouve dans sa singularité - il est franchement jubilatoire de voir Sabine Azema entamer "Sous les jupes des filles" et André Dussollier "Ma gueule" d'Hallyday.

 

bacri dussollier

 

Certes, on n'est pas en face d'un Marienbad et peut-être le concept de base prend-il trop le dessus sur la mise en scène. Néanmoins, Resnais nous offre avec On connaît la chanson un petit divertissement de qualité, un magnifique numéro d'acteurs et des dialogues savoureux. Une petite perle à (re)découvrir.

7/10



Smoking / No Smoking - Alain Resnais - 1993

Publié le 07/11/2009 à 13:57 par myplanity Tags : resnais smoking azema arditi

2h20 et 2h25 - Film français - Comédie - Avec Sabine Azema et Pierre Arditi

 

resnais smoking

 

En 1993, Alain Resnais collabore avec le duo Jaoui – Bacri pour réaliser Smoking / No Smoking, diptyque de 2h25 et 2h20. Comme souvent, il aborde un ou des auteurs au style particulier et à la plume talentueuse en leur proposant un concept nouveau, une idée de cinéma encore inexpérimentée. Ici, il s’agira de raconter toutes les histoires possibles et imaginables autour d’un groupe de personnages, en supposant ce qui aurait pu se produire si untel « avait dit » autre chose. Autre gageure, faire interpréter tout ce petit monde par deux acteurs seulement. On a donc le droit à un numéro mémorable, à une performance incroyable de Sabine Azema et Pierre Arditi, tour à tour jeune servante blasée, élégante aristocrate et femme adultère pour l’une, directeur d’école ivrogne, collègue naïf et jardinier au physique sculptural pour l’autre. L’idée étant de faire varier les relations entre ces personnages autant que possible, montrant qu’une haine féroce ou un amour fou ne se fabriquent qu’à partir de phrases prononcées ou non, de cigarettes fumées ou non.

 

resnais smoking no smoking

  

Les quelques décors faits de carton pâte et revenants sans cesse témoignent de l’influence notable du théâtre sur l’univers du réalisateur. Le tout crée une œuvre d’une richesse infinie, d’une inventivité sans égale, si bien pensée, écrite et jouée que cela en est vertigineux. Le ton se fait tour à tour enlevé ou bouleversant, absurde ou ironique, offrant aux deux comédiens l’occasion d’exprimer toute l’étendue de leur talent. Au final, on souhaiterait ne jamais sortir de cet univers chatoyant, ne jamais quitter ces personnages savamment étudiés, et les situations savoureuses que la narration et le montage cinématographiques, sous les mains expertes de Resnais, nous ont offert.

no smoking azema arditi

 

10/10 

Le Ruban Blanc - Michael Haneke - 2009

Publié le 27/10/2009 à 20:34 par myplanity Tags : ruban blanc haneke palme 2009 drame social guerre violence enfance allemagne noir blanc auteur huppert

2h24 - Film Allemand - Drame social - Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leoni Benesch

 

Ruban blanc 

 

Le festival de Cannes 2009 restera probablement dans les annales pour ce qu’on appellera plus tard « l’Affaire Isabelle Huppert ». Telle Shoshana Dreyfus, elle accomplit sa vengeance implacable envers Quentin Tarantino et son film très réussi Inglourious Basterds, auquel elle ne cède qu’un prix d’interprétation masculine (pour l’inoubliable Christoph Waltz). Parallèlement, elle offre la mythique Palme d’or à un film presque « outsider », qui n’avait pas fait tant de bruit sur la croisette en comparaison par exemple avec un favori comme Le Prophète, Le Ruban blanc réalisé par son ami Michael Haneke, qui l’avait engagé (lui au moins !) dans La pianiste et Le temps du loup. Le film d’Haneke fut presque handicapé par la récompense : outrés par la dictature imposée par Huppert et ses sentiments personnels sur le jury, certains critiques et cinéphiles y virent un film mineur, décevant, en quelque sorte usurpateur. Or, il n’en est rien, et face à l’engouement des spectateurs français lors de sa sortie en salles (il grimpe à la deuxième place lors de son démarrage à Paris), il est peut-être utile d’affirmer la beauté et la singularité du Ruban blanc.

 

ruban blanc

 

En effet, quand elle floue Tarantino et pistonne Haneke, Isabelle Huppert fait aussi un choix esthétique et critique. Effectivement, les deux films que ces cinéastes nous ont offert cette année tournent autour de thèmes communs, ceux de la violence, du nazisme et de la guerre, passés à la moulinette de leurs styles propres afin de livrer des œuvres particulières et novatrices. Le résultat : deux œuvres radicalement différentes et même opposées. Tarantino joue de la jouissance offerte par le spectacle de la violence et jongle avec la moralité du spectateur, Haneke crée son film comme une réponse à cela. Comme il le dit lui-même (entretien publié dans le Positif n°584), s’il a abordé le thème de la violence dans sa filmographie, c’est parce qu’il s’enrageait « de constater une augmentation de la consommation de la violence » - consommation de la violence attribuable, entre autres évidemment, au metteur en scène de Kill Bill et Pulp Fiction. Dans son Ruban blanc, Haneke expérimente la violence en ne la montrant quasiment jamais. A l’opposée de la violence explicite, gore et virtuose d’Inglourious Basterds, elle se fait ici sourde et menaçante. L’espace de 2h30, elle ombrage sur le quotidien des personnages et, pesant sur ce village allemand à la vieille des deux guerres (l’action se déroule en 1913), elle oppresse le spectateur. Par l’utilisation de voix-off, celle de l’instituteur du hameau, qui, aujourd’hui vieillard, évoque l’année pleine de mystère qui précéda la première guerre, Le Ruban blanc se présente immédiatement comme un polar, une enquête étrange et inquiétante, faite de silences et d’images troublantes : qui a fait chuter le docteur de son cheval ? Qui a maltraité le fils du baron ? Qui a détruit la récolte de choux ? Au final, le film, comme souvent chez Haneke, pose des questions sans y répondre, et l’intrigue se referme comme elle avait commencé, sur un long fondu au noir qui vient couper court à nos interrogations de manière inattendue.

 

ruban blanc

 

Au-delà de l’intrigue, le nœud du film se joue dans l’enracinement du mal sur une génération, et par là le réalisateur tente de donner une tentative d’explication au futur déploiement du nazisme. Haneke souhaite présenter les ravages d’une éducation punitive et elle-même violente, qui mène à l’admiration aveugle des enfants pour leurs aînés. La banalisation de la violence et la déshumanisation n’est pas le fruit de la télévision ou des jeux vidéo, mais d’une idéologie (ici, la morale protestante) appliquée dans l’extrême, d’idéaux austères sermonnés par des parents irresponsables aux secrets honteux, allant de l’inceste à l’enfant illégitime et renié. Austérité parfaitement rendue par des lenteurs étouffantes et des scènes de violence morale extrêmement difficiles (le docteur insultant la sage-femme dont il est l’amant, la trouvant idiote, vieille et enlaidie ; le pasteur humiliant son fils parce qu’il se masturbe), accompagnées d’un noir et blanc magnifique et d’un parfait usage du numérique. La reconstitution, que ce soit par le biais des décors, des costumes, de l’apparence physique des acteurs et de la photographie, est irréprochable. On se rappellera particulièrement des scènes d’extérieur, présentant les champs enneigés ou l’ambiance champêtre lors de la promenade d’Eva et de l’instituteur. Enfin, notons l’interprétation des enfants, absolument sidérante.

 

ruban blanc

 

Evidemment, le propos du Ruban blanc implique quelques longueurs, et les questions adressées au spectateur demandent une inhabituelle attention de sa part. Il devra apporter sa propre réflexion, à partir des quelques événements auquel il a assisté. Dès lors qu’on accepte ce parti pris de mystère laissé en suspens, le Ruban Blanc est un beau film, envoûtant et esthétiquement réussi, et dont le succès au box-office face à l’infâme Lucky Luke laisse espérer un regain d’intérêt des spectateurs pour la culture et le bon cinéma.

L'assassin habite au 21 - Henri-Georges Clouzot - 1942

Publié le 25/10/2009 à 00:16 par myplanity Tags : policier polar whodunit enquete détective inspecteur assassin habite 21 classique clouzot

1h20 - Film français - Policier - Avec Pierre Fresnay, Suzy Delair

 

l'assassin habite au 21 

 

Pour son premier long-métrage, Clouzot adapte un roman belge de Steeman, L'assassin habite au 21, whodunit suivant les traces d'un mystérieux tueur en série laissant sur ses cadavres une carte de visite au nom de "Durant". Porté à l'écran, cela donne comme on pouvait s'en douter quelque chose d'un peu trop bavard et, sur le plan de la mise en scène, souvent trop effacé - l'enquête suffisant à tenir le spectateur en bride. Pour faire passer la pilule, Clouzot a tout de même l'ingéniosité de créer tout un petit monde par le biais des différents suspects de la pension des Mimosas, du docteur dégoûté par l'espèce humaine au joyeux luron magicien. De plus, quelques experimentations, quelques scènes plus recherchées, sont semées dans le film et viennent casser les classiques champs/contre-champs. On constate l'effort mis sur le son, avec la variété des accents qu'offrent les nombreux protagonistes, ainsi que plusieurs scènes de chants (chanson populaire, diva débutante...), ou bien même le gag de l'imitateur de chants d'oiseaux. Du côté de l'image, le premier meurtre en point de vue subjectif de l'assassin et la soudaine compréhension du mystère par la femme de l'inspecteur sont deux scènes particulièrement réussies. L'assassin habite au 21 est donc un polar qui se laisse regarder, au ton assez léger et au rythme plutôt entraînant, mais un peu mou du côté de la forme, ce qui est souvent le cas dans ces intrigues à la Agatha Christie.

Sisters - Brian De Palma - 1973

1h33 - Film américain - Thriller, fantastique - Avec Margot Kidder, Jennifer Salt

 

soeurs de sang

 

Variation sur le mode fantastique et déjanté de Psychose, Sisters est le premier film hitchcocko-depalmien dans la filmographie du réalisateur barbu. La scène d’ouverture, qui nous montre une fausse aveugle reluquée par un jeune homme lui-même filmé en caméra cachée pour les besoins d’un jeu télévisé, résume à elle seule toute l’œuvre à venir du cinéaste : voyeurisme, faux-semblants, points de vues démultipliés. Le jeune homme – qui est noir, précisons-le, car le film est bien ancré dans son époque avec les allusions au racisme, mais aussi aux scandales et au journalisme de l’ère Vietnam – tente de flirter, après le tournage de l’émission, avec la fausse aveugle, Danielle Breton, qui s’avère être une jeune mannequin et actrice québécoise (Margot Kidder, l’interprétant brillamment, mise tout sur le charme de l’accent français). Malheureusement pour lui, l’ex-mari de la dite mannequin, un bonhomme dégingandé et effrayant, est bien décidé à les suivre partout (William Finley, le fantôme du ‘Paradise’, prête ses traits uniques au personnage). S’ensuit meurtre, enquête de la jeune voisine journaliste, affaire louche de sœurs siamoises séparées et clinique de fous inquiétante.

 

L’univers d’Hitchcock sert de soupape à tout cela, que ce soit du témoin du meurtre à sa fenêtre ou du doute schizophrénique, en passant par la musique signée Bernard Herrmann. Le tout passe évidemment sous l’égide de De Palma, qui y adjoint son amour du mauvais goût, la nudité et le kitsch, la mise en scène surfaite et jubilatoire, les split-screen et autres cadrages démesurés, l’immoralité totale et une fin ouverte, qui laisse le mystère planer encore après le mot « fin » - tout dépend si le cadavre se trouve bien dans le canapé, et ça nous n’en serons jamais certains… En résumé, Sisters est donc un bon De Palma, où percent déjà ses obsessions, mais qui conserve le ton malsain et l’aspect légèrement fantastique de ses débuts (Carrie et Furie) – à la différence d’Obsession et du triptyque Pulsions / Blow Out / Body Double – avec son petit côté cheap et seventies, qui a ouvert la voie des slashers osés, et qui en fait un film idéal pour une soirée d'halloween.

 

7.5/10

L'année dernière à Marienbad - Alain Resnais - 1961

Publié le 20/10/2009 à 18:50 par myplanity Tags : marienbad resnais experimental nouvelle vague fantastique romance drame sentimental

1h34 - Film français - Drame sentimental, Fantastique, Expérimental - Avec Delphine Seyrig, Giorgio Albertazzi

 

marienbad 

 

Après la voix off féminine d’Hiroshima mon amour, faisant écho avec la scénariste « guest star » Marguerite Duras, c’est une voix d’homme qui nous berce dans L’année dernière à Marienbad, dont le scénario est co-signé par une autre pointure du nouveau roman, Alain Robbes-Grillet. Là encore, Resnais se fait, presque malgré lui, porteur de la nouvelle vague, en osant créer une œuvre très littéraire, enveloppée de voix-off poétiques et stylisées. Cette voix, c’est celle de X, homme amoureux de la belle A, qui avait repoussé ses avances l’année précédente dans un château de Marienbad, mais lui avait accordé une chance en lui demandant de revenir l’année suivante. Or, quand il revient, A ne se souvient plus de lui. Les deux amants tentent donc de démêler le vrai du faux, de savoir lequel des deux a inventé ou oublié. C’est donc encore une fois le passé, thème tenant la part belle dans la filmographie de Resnais, qui est au cœur du mystère. Le personnage, X, est obsédé par ce passé « Elle » dans Hiroshima mon amour. Dans les deux œuvres, le temps est d’ailleurs suspendu, comme hésitant entre présent et passé.

 

marienbad resnais 

 

D’Hiroshima mon amour, Marienbad en reprend donc les thèmes sous-jacents et la réflexion, mais sert pourtant un film plus réussi. L’aspect politique est délaissé au profit de l’expérimental, de la bizarrerie. Le film s’ouvre sur une introduction envoûtante, dans lequel un texte fait de bribes répétées prend forme petit à petit dans l’image. Commence alors un délire permanent, très pré-Lynchien, qui s’estompe rarement, si ce n’est pour laisser place au mystère de cette entrevue passée et oubliée. L’hôtel gigantesque, pas si éloigné de l’Overlook de Shining, devient alors un lieu artificiel, imaginaire, sorte de cerveau géant dans lequel X chercherait la réponse à ce mystère, se perdant sans cesse dans les labyrinthes/couloirs de sa pensée. A propos, l’hésitation de X à savoir s’il est fou, et s’il a bien vécu ce fait passé, pourrait presque estampiller Marienbad dans le genre fantastique – on connaît l’amour que Resnais porte aux films, bande dessinées et littérature de genre, particulièrement fantastique.

 

marienbad 

 

Au final, L’année dernière à Marienbad a ouvert toutes les portes, celles du château mystérieux, mais aussi celles du débat. Ce sera aux spectateurs de déterminer ce qu’ils ont vu, romance délirante ou film fantastique inquiétant, histoire d’adultère ou bien de meurtre. Mais ils tomberont probablement d’accord sur un fait, que L’année dernière à Marienbad soit un chef d’œuvre absolu.   

 

Carrie - Brian de Palma - 1976

Publié le 17/10/2009 à 16:43 par myplanity Tags : donnaggio fantastique horreur travolta piper laurie spacek palma de carrie

1h40 - Film américain - Fantastique, drame de l'adolescence - Avec Sissi Spacek, Piper Laurie, Nancy Allen, John Travolta...

 

carrie

 

Bien qu'adaptant Stephen King, De Palma poursuit sa quête de style commencée avec Sisters. Le jeune réalisateur se permet toutes les expérimentations possibles, et son style est à l'apogée dans deux scènes phares du film : celle d'introduction et celle du bal, jouant d'ailleurs sur un effet de symétrie - les deux présentent en effet un fort contraste entre moment de délice puis celui de l'horreur. Il se donne à coeur joie de retrouver la photographie des giallos de Bava et Argento, notamment dans ces deux scènes où le sang y apparaît de manière théâtralisée. Ce style baroque (et barré - certaines scènes avec les étudiants rejoignent le ton de la comédie et l'aspect déjanté experimentés dans Phantom of the Paradise) est poussé à l'extrême grâce au personnage de Margaret White, fanatique religieuse, dont la maison est décorée de crucifix, bougies , idoles et autres fresques mexicaines, dans un style définitivement chargé. La maison elle-même ressemble à une église, avec ses trois fenêtres telles le père le fils et le saint esprit, de même que les trois ouvertures donnant sur la cuisine, semblables à des vitraux. Cet ajout fondamental par rapport au livre inscrit bien le film dans son époque, celle d'un désir de libération d'une génération - ici représenté de manière excessive. Les scènes de nu, mais aussi toutes celles à l'école, souvent kitsches, témoignent bien du côté seventies de Carrie. Mais le kitsche ne rebutera certainement pas le fan fidèle de De Palma, connaissant son goût pour la démesure. Alors en quoi Carrie présente-t-il des faiblesses ? Et bien tout simplement par son appellation fantastique. Comme dans Furie, où le fantastique baissait le niveau de cette belle histoire d'amour paternel, il apparaît comme peu crédible et finalement peu important : il pourrait même être supprimé du film ! En effet, le côté passionnant du film est dans la représentation des affres de l'adolescence difficile, du rejet de celui qui est différent. Or, la différence de Carrie tient presque plus à l'éducation dangereuse donnée par sa mère que par ses pouvoirs de télékinésie, dont personne ne s'aperçoit ou ne se moque. Ce pouvoir permet juste le dénouement - tragique. C'est aussi là, dans ce dénouement, que se cache une grosse faiblesse. Précipitées, mal venues, les scènes qui suivent la magnifique séquence du bal déçoivent un peu. Déception accentuée là encore par une scène finale presque venue d'ailleurs, un coup de théâtre horrifique de série B. Disons pour résumer que le grand-guignolesque dans Carriepasse moins bien que dans d'autres oeuvres plus réussies de De Palma. Partagé, je suis. Conseillons donc Carrie, film plaisant et grand spectacle, pour le prochain 31 octobre, avec un paquet de pop-corns et des ami(e)s.

7/10

Andrei Roublev - Andrei Tarkovski - 1967

Publié le 13/10/2009 à 15:05 par myplanity Tags : sovietique russe tarkovski roublev andrei epique époque

3h - Film soviétique - Drame Epique - Avec Anatoli Solonitsyne

 

andrei roublev

 

Voilà mon premier film d'Andrei Tarkovski. Andrei Roublev est un drame épique (trois heures, c'est toujours épique en soi) sur la vie du peintre du même nom, abordant des thèmes aussi vastes que l'art, le doute, la nature, la guerre, la religion et l'amour. Esthétiquement, le format cinémascope est utilisé avec génie et permet de magnifiques compositions d'images. Se déroulant donc au début du XVème siècle, c'est l'occasion pour le réalisateur d'offrir une reconstitution impressionnante de réalisme, ainsi qu'une plongée dans certains mythes et traditions russes, avec des scènes mémorables comme celle du bouffon ou de la fête païenne. Ce grand réalisme fait la force du film : on est littéralement plongé 600 ans en arrière, grâce à la lenteur que prend Tarkovski pour rendre palpable atmosphère, sons, odeurs de la nature ou plus généralement de l'environnement qui entoure les personnages. Ce désir de nous faire immerger, de donner une illusion puissante de réelle présence "matérielle" à son histoire, se symbolise au final par la série de gros plans sur des tableaux du véritable Andrei Roublev, filmés en couleurs, et quand ces tableaux disparaissent presque pour ne laisser que matière : pendant quelques secondes, Tarkovski se focalise sur la texture du support du peintre, et laisse apparaître rainures, sillons, craquements de la matière. Cette grande sensation de réalisme, d'immertion, est donc la force du film, mais aussi son défaut : honnêtement, on ne peut affirmer n'avoir eu la poupière lourde quelques instants, même en admirant la grande réussite formelle du film, même en appréciant son contenu, sans être pédant. Faire un long film n'est jamais une mince affaire, mais quelques longues oeuvres sont des chefs d'oeuvres parce qu'elles subjuguent constamment - on apprécie presque plus que tout le tour de force (Il était une fois en Amérique, 2001 : l'odyssée de l'espace, Le Guépard...).  Andrei Roublev, quant à lui, s'il reste un beau film, impressionnant souvent, souffre de quelques passages à vides, de quelques "baisses de niveaux" pour parler vulgairement.

Harmonica Disease - Episode 1 - Harmonica Under the Snow

Publié le 09/10/2009 à 18:31 par myplanity Tags : harmonica disease court métrage experimental amateur dv numérique étrange lynch hitchcock mystere absurde

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