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Catégorie : Blog Cinéma Date de création :
19.12.2007 Dernière mise à jour :
05.07.2008
New York est en liesse après la victoire sur le Japon. Jimmy Doyle, saxophoniste et jeune soldat, remplace son uniforme par les habits à la mode et se rend au Starlight Club où la fête est déjà commencée. Il rencontre Francine Evans, une jeune chanteuse, et tente sans succès de la séduire. Mais le hasard les fait à nouveau se rencontrer dans la nuit.
AVIS
Sorti en 1977, après Taxi Driver, New York, New York a été tourné dans des conditions difficiles pour Martin Scorsese. Le budget est dépassé, les producteurs lui mettent des bâtons dans les roues... et le film, au final, n'obtient pas de succès. Scorsese en ressort difficilement et chutera dans la drogue, avant que son ami Robert De Niro lui offre la possibilité de se refaire avec Raging Bull.
Le film, hommage aux comédies musicales des années 40-50, est un vrai régal. Même s'il perd un peu de rythme parfois, certaines scènes sont excellentes. Le film n'est pas qu'un comédie musicale, la majeure partie adopte une narration normale. Parallèlement aux séquences colorées ou au film dans le film intitulé "Happy Ending", New York, New York n'est pas impersonnel à Scorsese, à l'image des scènes de disputes ou de la demande en mariage où la tension entre les protagonistes crispe le spectateur.
Le film repose également beaucoup sur la musique, le jazz, la musique noire, les big band. Liza Minnelli, extraordinaire dans son rôle, chante magnifiquement bien. Fille de producteur et d'actrice, elle a déjà joué 5 ans plus tôt dans Cabaret. La chanson New York, New York, écrite pour ce film, sera reprise plus tard par Frank Sinatra. Enfin, Robert De Niro est toujours excellent. Pro de l'actor's studio, il aurait appris à jouer du saxo pour le film et aurait demandé lui-même de modifier le thème musical principal.
EN BREF, un film dont on resort subjugué, mélange de genres et de sentiments, superbement mis en scène mais souffrant de quelques longueurs.
Avec : Paul Williams, William Finley, Jessica Harper, Gerrit Graham
RESUME
Winslow Leach, jeune compositeur de talent, se fait voler sa cantate intitulée "Faust" par un certain Swan, star planétaire. Décidé à demander des comptes, Leach s'introduit dans la maison de production "Death Records". Poursuivi par les gardiens, il est jeté en prison. S'évadant, il se coince accidentellement la tête dans une presse à disques. Défiguré, celui-ci hante le nouveau temple du rock n'roll : le Paradise.
AVIS
Ah ! Que dire de ce film ? Culte ? Incroyable, étonnant ? Exceptionnel ? Parfait ? Délirant ? Unique ? WOOOOAW !! comme dirait Beef.
Après sa première excursion dans le thriller, Brian De Palma réalise, en 1974, un film devenu culte, unique en son genre et dans la filmographie de son auteur. Ce film offre un cocktail de genres explosif : fantastique, horreur, comédie, drame... le tout sur fond de comédie musicale. Phantom of the Paradise fait bien sûr référence au Fantôme de l'Opéra. Mais le film est truffé d'autres références : Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde et le mythe de Faust, Du côté de chez Swan de Marcel Proust, mais également Psychose d'Hitchcock, parodié dans une scène sous la douche hilarante. Le personnage de Swan s'inspire quant à lui du producteur de disques Phil Spector, créateur, à l'origine des plus grands albums, addict à la drogue et accusé de meurtre en 2003 (http://en.wikipedia.org/wiki/Phil_Spector)
La mise en scène, virtuose, colorée, participe parfois elle-même à l'humour du film (le résumé des péripéties de Winslow au début du film est extraordinaire). Les musiques et les chorégraphies sont géniales et autant délirantes que le film en lui-même. Elles ont été composées avec génie par Paul Williams, l'acteur de Swan.
Le film vaut aussi son pesant d'or pour ses personnages, tous hauts en couleurs. Il est même difficile d'en préférer un ! Mais je pencherais pour Beef. Beef ? Vous ne connaissez pas Beef ?! C'est un rocker aux intonations de Johnny Halliday vêtu de combinaisons rouges moulantes et maquillé comme une drag-queen. Un personnage innimitable, joué par Gerrit Graham. Le héros, le Phantom, Winslow Leach, est quant à lui interprété par William Finley, acteur de seconds rôles récurrent chez De Palma. Paul Williams, en plus de composer la musique, joue avec brio le rôle du maléfique Swan. Enfin, la belle Phoenix est très bien jouée par Jessica Harper, qu'on a pu voir en héroïne de Suspiria. Les seconds rôles sont également très bons.
EN BREF, comment résumer ce qu'on ressent face à Phantom of the Paradise ? Un film que j'adore un peu plus à chaque nouvelle vision !
SWEENEY TODD, Le Diabolique Barbier de Fleet Street
Titre original : Sweeney Todd, The demon barber of Fleet Street
Année : 2008
Genre : Comédie musicale, horreur, drame
Avec : Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman
RESUME
Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie lovett. Celle-ci l'informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.
Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires.
AVIS
Je suis allé le voir au ciné dimanche dernier : le dernier film de Tim Burton est une réussite, il ne m'a pas déçu. D'habitude plutôt allergique aux comédies musicales, ici c'est très bien passé. Le film est grinçant, noir - le plus noir de toute sa filmographie. Certains disent que depuis quelques années, Tim Burton fait du Tim Burton, qu'il ressert le même plat réchauffé. Et bien, au contraire, je trouve ce film très différents de tous ses autres. Même si un des principaux personnages est un enfant, Burton délaisse le regard enfantin de ses précédentes oeuvres. Ames sensibles, s'abstenir ! Adeptes de l'humour noir et de l'horreur, foncez !
Comme je l'ai déjà dit, ce film est le plus sombre de Burton. Les plans sont gris, brumeux. Londres est étouffant, orageux. A tel point qu'on semble enfin respirer quand les personnages voient, pour la seule fois du film, le ciel bleu et la mer (dans une séquence particulièrement marrante). Les égorgements sont exagérés, ce qui, je pense, est fait exprès - peut-être pour mettre moins mal à l'aise (que si c'était réaliste)? Les détracteurs du film ont critiqué un excès de gore. Je pense que cet excès est là pour montrer où mène la folie de cet homme, qui, dans un unique but de vengeance, devient un tueur fou. En gros, la vengeance est-elle utile ? La mort de son ennemi fera-t-elle oublier le drame en question (ici la perte de sa femme et sa fille) ? Bref, ceux qui trouvent le scénario bateau ou simpliste, peut-être, mais en tout cas il est puissant. Même si on s'attend à une certaine fin, il y a quand même des rebondissements innatendus.
La folie de cet homme est brillament jouée par un Johnny Depp toujours meilleur. Il dépasse ici toutes ses autres prestations, en adoptant plus de finesse dans son jeu. De plus, il chante vraiment bien. Ah, au fait ! Les chansons. Elles peuvent paraître soûlantes parfois, au début, et puis on s'habitue. Au final, on ne pourrait imaginer le film sans elles. A ses côtés, Mme Helena Bonham Carter-Burton, est parfaite, tout simplement et chante très juste (vraiment, cette actrice que je ne connaissais pas avant Harry Potter 5 m'épate!). La miss a d'ailleurs ramenée avec elle ses collègues de boulot anglais : j'ai nommé le grand, l'inégalable Alan Rickman et le tout petit, tout moche, tout crasseux Timothy Spall. Tout les deux mènent un duo de crapules on ne peut plus crapuleux. Alan Rickman, LE méchant du 7° art (bon, y en a d'autres, je sais, mais lui je l'adore) nous dévoile ses moeurs et son don caché pour la chanson ! Il est donc très amusant de le voir chanter Pretty Women avec Johnny Depp. Timothy Spall pousse également la chansonette avec humour. Enfin, n'oublions pas Sacha Baron Cohen, le Borat de Borat, ici en raseur italien. Il est plus convaincant que je ne le croyais et chante comme un rossignol !
EN BREF, les chants s'oublient au profit de l'intrigue qui nous tient jusqu'au bout, porté par un excellent casting.