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Catégorie : Blog Cinéma Date de création :
19.12.2007 Dernière mise à jour :
05.07.2008
Evocation des années de guerre d'Oskar Schindler, fils d'industriel d'origine autrichienne rentré à Cracovie en 1939 avec les troupes allemandes. Il va, tout au long de la guerre, protéger des juifs en les faisant travailler dans sa fabrique et en 1944 sauver huit cents hommes et trois cents femmes du camp d'extermination de Treblinka.
AVIS
Entre deux Jurassic Park, Spielberg renoue avec un projet qui lui est cher, et par là même avec sa lignée de films ‘sérieux’, comme La couleur pourpre ou plus tard Munich, principalement basés de faits historiques. Ici, il s’atèle à un projet plus personnel, mais sûrement plus dur. Dans un magnifique noir et blanc, avec une réalisation très inspirée, il nous livre un film en effet assez dur, subtile, d’un ton juste. En effet, pour s’attaquer à un tel sujet, il ne tombe pas trop dans la caricature et montre que tout le monde peut avoir un bon fond.
Jamais Spielberg n’ose montrer les chambres à gaz, même s’il réalise la scène des (vraies) douches, assez insoutenable, ainsi que des exécutions qui choquent. On ressent un véritable effroi face à cet holocauste réalisé froidement, avec calcul. Malgré tout, le film souffre de fortes longueurs et les 3h00 passent difficilement. On ressort plutôt bouleversé mais en restant un peu indécis. Peut-être le sujet était-il trop épineux pour Spielberg ? On notera enfin la prestation très bonne de Liam Neeson et Ralph Fiennes, ainsi que la musique de John Williams, boulversante, prenante, à pleurer.
EN BREF, des scènes bouleversantes, certaines choquantes, mais Spielberg préfère lancer un message d’optimisme, même au milieu du pire, en choisissant de raconter cette histoire plutôt qu'une autre plus représentative du drame. Dommage qu’il y ait de grosses longueurs à cause de scènes peu importantes.
Avec : Whoopi Goldberg, Danny Glover, Rae Dawn Chong
RESUME
L'histoire de deux soeurs, Celie et Nettie, et de leur famille qui a la particularité d'être de couleur noire au cours de la premiere moitie du XXeme siècle dans le sud des Etats-Unis.
AVIS
Premier film plus ‘sérieux’ de Spielberg dans sa carrière, La couleur pourpre est un film plutôt méconnu mais pourtant très beau. Une intrigue prenante et tragique, dont il ressort une ambiance particulière très bien dépeinte. Le film fait découvrir Whoopi Goldberg, absolument formidable dans son rôle, et offre à Danny Glover un rôle bien différent de celui de L’arme fatale.
La réalisation de Spielberg est encore une fois très belle, une image soignée (plans magnifiques de couchés de soleil par exemple, comme souvent chez le réalisateur) et mise en scène recherchée (par exemple le passage d’une scène en Amérique à une autre en Afrique, avec pour transition un son similaire). On notera que la musique du film n’est pas de John Williams, chose rare chez Spielberg. Mais celle de Quincy Jones est toute de même très bonne.
EN BREF, un beau film qui suscite de nombreuses réflexions, en plus d’un casting hors pair (Whoopi Goldberg remarquable) et d’une très belle mise en scène.
Avec : Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier
RESUME
Lorsque Daniel Plainview entend parler d'une petite ville de Californie où l'on dit qu'un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'unique distraction est l'église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire.
Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s'intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l'amour, l'espoir, le sens de la communauté, les croyances, l'ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison... Et le pétrole.
AVIS
Sorti en février 2008 en France (mais encore diffusé dans quelques patelins ;) There will be blood gagne l'Oscar du meilleur Acteur. En effet, Daniel Day-Lewis se transforme à nouveau et semble une fois de plus "être" son personnage totalement, et ce malgré quelques cabotinages. Réalisé par Paul Thomas Anderson, le film est une oeuvre sur une vie, un personnage, Daniel Plainview qui oublie de profiter de la vie pour ne s'intéresser qu'à l'or noir. Un homme très riche mais qui n'a rien, ni femme, ni enfant (puisqu'il a adopté celui d'un ami mort), ni amis. Le film me rappelle un peu les thèmes de Scorsese : succès puis déchéance, folie, religion et violence (la scène du bowling ou celles des puits de pétrole). Mais le film a son ton bien à lui, mélange de grandeur et de finesse, et ne rentre dans aucun schéma classique. Si bien qu'on peut également rester un peu sur sa faim au dénouement. La musique est inhabituelle et prenante, à l'image du film : les ellipses et changements d'époque sont imprévisibles, tout comme l'arrivée du générique de fin.
EN BREF, un film prenant et fort à sa vision, mais dont on peut ressortir sur sa faim et indécis.
Avec : Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck
RESUME
Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l'argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s'est-il passé chez cet homme pour qu'il change si étrangement de comportement ?
AVIS
Voilà un film que je voulais voir depuis longtemps, bien avant les pubs dans les médias (qui rebutent plus qu'autre chose). En effet, Deux jours à tuer marque la confrontation de deux univers qui me plaisent : celui d'Albert Dupontel, marrant, fou, ironique, parfois flippant et sale ("Le Sale Dvd") et celui de Jean Becker, qui nous rappellent les sentiments les plus simples, les plus beaux. Des films profonds et nostalgiques. Les enfants du Marais est sûrement son plus grand film, suivi par L'été meurtrier. Mixte des deux (on retrouve à la fois le secret et la nature, les plaisirs oubliés), Deux jours à tuer peut se hisser à la troisième place.
Le film à tout de même un ou deux défauts. Tout d'abord la mise en scène. Jean Becker n'est pas fan d'effets et adopte toujours un style réaliste. Mais là, et surtout dans la première partie, les cadrages restent parfois trop basiques. Deuxièmement, l'intrigue est peut-être prévisible ou devinable. Mais ce n'était pas le cas pour mes voisins, alors... Dans tout les cas, l'émotion est grande, au-delà de l'image et la fin nous laisse sans voix.
EN BREF, encore un film de Jean Becker riche en profondeur et émotions. Si vous avez 1h25 à tuer, allez le voir.
Avec : Nicolas Cage, Patricia Arquette, Ving Rhames
RESUME
Trois nuits de la vie d'un ambulancier. Malgré ses efforts pour garder les gens en vie, Frank voit les fantômes de ceux qu'il n'a pas réussi à sauver. Il a tout essayé pour se faire renvoyer, mais ne parvient pas à quitter le travail de lui-même.
AVIS
Entre deux films historiques, Martin Scorsese opère un retour aux sources en réalisation ce drame dans New York. On pourra trouver des parallèles avec Taxi Driver, son premier grand film. Sauf qu'ici le héros n'est pas chauffeur de taxi mais d'ambulance, et qu'il ne veut pas tuer ses passagers mais les sauver. Et comme Taxi Driver, l'ambiance d'A Tombeau Ouvert est très sombre. La quasi-totalité du film se déroule la nuit et beaucoup de scènes mettent mal à l'aise.
Un film boulversant, donc, et qui ne déroge pas à la superbe réalisation de son metteur en scène. Les lumières de New York, comme dans Taxi Driver, se reflètent sur le visage de Frank. Comme dans ce-dernier, Scorsese dépeint les bas-fonds de la société, mais ceux d'aujourd'hui. Franck, par son métier, y assiste impuissant, et nous avec. On s'attache complètement à lui, et c'est pourquoi le film est dûr. Il faut d'ailleurs saluer la prestation excellente de Nicolas Cage, complètement dans le personnage - comme quoi il n'est pas incapable de faire de bons films.
EN BREF, un très beau film, sombre, triste et prenant, et pourtant méconnu.
Dans les annees soixante-dix à Las Vegas, Ace Rothstein dirige d'une main de fer l'hôtel-casino Tangiers, financé en sous-main par le puissant syndicat des camionneurs. Le Tangiers est l'un des casinos les plus prospères de la ville et Ace est devenu le grand manitou de Las Vegas, secondé par son ami d'enfance, Nicky Santoro. Impitoyable avec les tricheurs, Rothstein se laisse un jour séduire par une virtuose de l'arnaque d'une insolente beauté, Ginger McKenna. Amoureux, il lui ouvre les porte de son paradis et l'épouse. Ses ennuis commencent alors.
AVIS
5 ans après Les Affranchis, Martin Scorsese signe un nouveau chef d'oeuvre en reprenant la même recette. En effet, Casino, en plus de reformer le duo De Niro - Joe Pesci, nous présente également l'ascension d'un personnage, "Ace", puis sa chute. Mais le film n'est pas une simple redite. Ici, le ton est plus grave, solennel (à l'image des musiques de Brahms et Delerue, ouvrant et refermant le film), une véritable fresque. Un film complexe, au montage rythmé et musical, un chef d'oeuvre devant lequel on est à chaque nouvelle vision plus fasciné.
L'humour se fait plus rare, et le personnage de Robert De Niro est cette fois au centre du film. Il incarne avec génie un personnage discret, intelligent, un patron de casino qui ne joue pas, mais qui préfère parier sur sa vie - c'est-à-dire sur sa femme Ginger (superbement jouée par Sharon Stone au meilleur de son talent, qui obtiendra un Golden Globe). Le film, qui raconte l'entreprise de toute une vie, mélange les genres et les sensations. Sur des musiques effrenées, des effets de styles époustouflants, tandis que la pression monte jusqu'au dénouement, Scorsese nous dépeint un amour impossible, une amitié qui se détruit (Nicky devient de plus en plus détestable) et une bataille de générations (les vieux parrains, Ace et Nicky, puis, comme le dit "Ace", le "Las Vegas-Disneyland").
C'est le duo-duel de Nicky et Ace, par voix-off, qui nous fait plonger dans le film. La beauté plastique tient du prodige, et de nombreuses scènes nous hantent après sa vision : les scènes finales, sur la musique de Devo, le face à face dans le désert digne d'un western... et celle dans le champ. Rarement une scène de règlement de compte n'a été plus difficile à supporter.
EN BREF, une réussite sur tous les plans, un chef d'oeuvre de mise en scène. Prenant, sensationnel, fort. Mon Scorsese préféré.
Avec : Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer, Winona Ryder
RESUME
A travers le portrait d'un homme partagé entre deux femmes et deux mondes, étude minutieuse de la haute société new-yorkaise des années 1870, avec ses intrigues, ses secrets, ses scandales, ses rites désuets et subtilement répressifs.
AVIS
Bien que l'on retienne surtout de Martin Scorsese ses films de gangster, Le temps de l'innocence n'est pas son unique film historique. Gangs of New York et La dernière tentation du Christ en sont des exemples, ainsi qu'Aviator et Kundun dans une moindre mesure. Oeuvre peu connue de son metteur en scène, le film remporte pourtant l'Oscar des meilleurs costumes et un Oscar du second rôle pour Winona Ryder. On pourra reprocher au film ses quelques petites longueurs au début, mais la mise en scène vive et recherchée nous plonge dans l'intrigue. Le film a du mal à démarrer, on rechigne un peu à rentrer dans l'histoire car on se perd un peu dans les personnages secondaires. Mais finalement, nous sommes transporté au XIX° siècle pendant quelques temps.
L'hypocrisie de l'époque et l'impossible relation des amants, parfaitement dépeints dans le film, sont également relayés par un très bon casting. Daniel Day-Lewis est excellent dans son personnage mutique et moral. Michelle Pfeiffer est également parfaite, son personnage lui va parfaitement ; de même pour Winona Ryder (fameuse actrice des Tim Burton), douce et naïve (quoique?).
EN BREF, après Les Affranchis et Les nerfs à vif, Scorsese montre qu'il peut s'atteler à tous les genres, même si Le temps de l'innocence manque de quelques ingrédients.
L'évocation de la vie de Jésus Christ, écartelé entre son humanité et sa divinité.
AVIS
Après La couleur de l'argent s'attaque à un sujet plus polémique en adaptant un livre des années 50, La dernière tentation, écrit par un écrivain grec, Nikos Kazantzakis. Le roman est une réflexion sur la vie de Jésus Christ, une extrapolation sur les textes sacrés. L'auteur invente des pensées au Christ, des hésitations et un désir de devenir un humain comme un autre. Pourtant, le film de Scorsese fit bien plus de bruit et fut plus controversé à sa sortie que le roman. Malgré le message au début du film, qui précise que tout n'est que fiction, des groupes catholiques brûlèrent des cinémas (en France, les incendies des cinémas firent une quinzaine de blessés et un mort). La dernière tentation du Christ n'est pourtant pas une oeuvre très provocatrice. Elle ne fait que transformer le Christ en humain, qui doute de lui-même, de sa superiorité et qui désire abandonner son destin pour redevenir un humain comme un autre. Toute l'énigme tient dans paroles prononcées par Jésus sur la croix : "Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" suivie de "Tout est accompli". Une demi-heure se déroule entre ces deux phrases. Cette dernière partie du film, surprenante, qui mène le spectateur en bateau, amène à un final excellentissime qui nous laisse scotché.
Nul besoin pour apprécier le film d'être croyant, catholique ou autre - parole d'athé ! Le film arrive à nous passionner, il souffre de très peu de longueurs. La mise en scène est, comme d'habitude chez Scorsese, maîtrisée, élaborée, fascinante, bref parfaite. Les images et surtout la musique étrange de Peter Gabriel nous envoûtent. On retrouve les obsessions du réalisateur (jeune, il était d'abord déstiné à des études religieuses) comme l'auto punition et la souffrance du corps (à l'image du rasoir de The Big Shave et Gangs of New York). On retrouve aussi le schéma des Affranchis, de Casino, de Raging Bull, voir des Nerfs à Vif, c'est-à-dire le retour à la case départ : dans le premier, Henry entre dans le milieu de la mafia, encore adolescent, et finit, devenu adulte, par devenir un "quelconque minable". Dans le second, Ace est contacté par la mafia pour gérer le casino Tangiers et doit se retirer, tandis que "Las Vegas se transforme en Disneyland". Dans Raging Bull, Jake monte au sommet avant la déchéance. Dernier exemple, Max Cady commence en prison et finit noyé. Dans La dernière tentation du Christ, Jésus doit lui aussi affronter un destin hors du commun.
Le film étant raconté 'à la première personne', l'interprète de Jésus se devait d'être exceptionnel. Le rôle revient à Willem Dafoe (le sergent Elias de Platoon, le bouffon vert de Spiderman). L'acteur, complètement dans la peau du personnage, est impressionnant. Il "est" Jésus ! A défaut d'avoir De Niro au casting, Martin Scorsese fait appel à son vieil ami Harvey Keitel dans le rôle de Judas. Un Judas réhabilité, bien moins traitre qu'on ne le croit. On notera les appartions de David Bowie, acteur quand il ne chante pas, en Ponce Pilate et d'Irvin Kershner (réalisateur de L'empire contre-attaque) en Zébédée.
EN BREF, un film à voir, peu importe ses croyances, tant pour Willem Dafoe et pour la profondeur du personnage, que pour la mise en scène excellente et envoûtante.
Avec : Michael Douglas, Charlie Sheen, Martin Sheen
RESUME
Bud Fox, qui est courtier en bourse à Wall Street dans les années 1980, a un fort désir d’arriver rapidement au sommet. A force de persévérance, il arrive à convaincre un investisseur, Gordon Gekko, de le prendre sous son aile. Ce qui va à la fois le propulser dans le monde de "yuppies" et lui attirer un certain nombre de problèmes.
AVIS
Oliver Stone, connu pour ses films polémiques (son prochain film, W., sera un biopic assez subjectif sur George Bush), réalise en 1987 Wall Street, alors qu'il vient de finir Platoon. Fils d'un financier de Wall Street, Stone réalise là une critique du monde de la bourse et de ses excès. Le contenu virulent en fait un film intelligent et profond. Dommage qu'il manque parfois de rythme et de force pour en faire un chef d'oeuvre.
Malgré ses défauts, le film parvient à nous passionner, surtout le dernier quart d'heure qui refait grimper toute notre attention, jusqu'au coup de théâtre final. On sent venir le coup de couteau dans le dos, mais on se demande jusqu'au dernier "round" qui sortira vainqueur de ce duel. Grekko, le businessman sans pitié, est joué par Michael Douglas impressionant dans son rôle. Il s'agit là d'une des meilleures prestations de sa carrière. On assiste également à la rencontre père-fils de deux excellents acteurs, Martin Sheen et Charlie Sheen, qui jouent dans le film également une relation père-fils ! Ils sont tous deux d'excellents interprètes, mais la version française dote Charlie Sheen du doubleur de Bruce Willis et de Tom Cruise...
EN BREF, un bon film, très intéressant et plutôt prenant, avec de très bons acteurs.
Le film retrace la vie de Jake La Motta, boxeur américain d'origine italienne surnommé « le taureau du Bronx », de son ascension qui le mena au titre de champion du monde des poids moyens jusqu'à l'échec de sa vie privée.
AVIS
En 1980, Martin Scorsese ne s'est pas remis de l'échec de New York, New York, et touche à la cocaïne. C'est son ami De Niro qui vient le trouver et lui demande d'adapter l'autobiographie de Jake La Motta. Résultat, même si le succès dans les salles ne sera pas forcement au rendez-vous, Raging Bull sera nominé 8 fois aux Oscars, et en gagnera deux : meilleur montage et meilleur acteur. En effet, De Niro, élève de la méthode de l'actor's studio, prend 25 kilos pour son rôle ! De plus, son jeu est exceptionnel. Totalement habité physiquement et moralement par le personnage, il est on ne peux plus impressionant. De puis, il garde toujours cette image de type costaud, autoritaire et violent (comme le montre la parodie de José Garcia !), alors qu'il a été calme et calculateur dans Casino ou Les Affranchis, bête et grande-geule dans Mean Streets, triste et fatigué dans Il était une fois en Amérique, etc.
A ses côtés, Joe Pesci encore débutant mais très bon et attachant, tout comme Cathy Moriarty, qui joue la pauvre épouse de La Motta. Ces personnages secondaires deviennent souvent plus proches du spectateurs que La Motta, tellement celui-ci peut être énervant. Les scénaristes, Paul Schrader et Mardik Martin, jouent sur ce point : le spectateur s'attache au personnage principal, alors qu'il le voit devenir de plus en plus méprisable. La dureté du film, l'atmosphère pesante, sont montrés grâce à un superbe noir et blanc. La mise en scène est exceptionnelle, tantôt discrète, tantôt recherchée et artistique. Les scènes de boxe multiplient les plans et les effets de styles, alors que les autres scènes sont plus banales et parfois ennuyeuses, comme pour montrer que tout l'interêt pour Jake est dans sa passion, et que la vie de famille est un ennui et un problème. Toujours en manque de boxer, Jake mélange ses deux vies ; il demande à son frère de le frapper, il cherche chez sa femme des problèmes où il n'y en a pas (la fameuse réplique du "you fuck my wife ?"). D'ailleurs, il arrêtera tout en même temps, la boxe et la vie de famille. Commence alors pour lui une reconversion, ridicule, synonyme de déchéance. Cette dernière partie, sorte de deuxième film, est également très touchante : on y voit Jake, méconaissable, l'ombre de lui-même, sans but. Emprisonné, il frappe aux murs et crie "Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?"
EN BREF, même s'il souffre de quelques longueurs, surtout à la première vision, Raging Bull est peut-être le film le plus profond de Scorsese, un film unique, dûr, un chef d'oeuvre du 7° art.