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Catégorie : Blog Cinéma Date de création :
19.12.2007 Dernière mise à jour :
05.07.2008
Avec : Dennis Weaver, Eddie Firestone, Gene Dynarski
RESUME
Sur une route californienne, un modeste employé de commerce se voit pris en chasse par un énorme camion. Une course-poursuite effrénée s'engage...
AVIS
Réalisé en 1971 par un Steven Spielberg âgé de 25 ans, Duel est à la base un téléfilm. Mais il sera rapidement exploité en salles, ce qui en fera finalement le premier film du réalisateur (mais Sugarland Express le sera au sens propre du therme). Avec très peu de budget et 10 jours de tournage, Spielberg montre qu'il peut faire quelque chose d'excellent. Très peu de personnages, un tueur toujours inconnu, et pourtant le film est un vrai concentré de suspense et contient des scènes prenantes et plutôt spectaculaires. Sûrement désireux de faire ses preuves, Spielberg emploi déjà la caméra avec brio. Sa mise en scène est incroyablement travaillée, impossible d'y reconnaître un "téléfilm"! Malgré évidemment quelques petites erreurs (ombres de caméra par exemple), la réalisation est vive et parfaite : plans en reflet sur le rétroviseur, travellings, poursuites géniales... Une alternance parfaite entre suspense et surprise, comme le définissait Hitchcock. Le film fait d'ailleurs assez hitchcockien.
Duel, c'est un "western sur l'autoroute" (voilà qui aurait fait un excellent slogan !). Dennis Weaver qui défie du regard, ou plutôt des phares, ce camion sale et puant... De plus, l'action se situant sur des routes entourées par le désert, le décor convient. Le film montre jusqu'à quel état d'animalité on arrive lorsqu'un évenement innatendu nous 'attaque'. Le tueur depersonnifié (on ne voit que son bras, il est plus representé par le camion (à tel point qu'on se met à détester un camion !)) fait également penser au requin des Dents de la mer. La scène où Dennis tente d'éloigner les enfants de la route à l'approche du camion rappelle d'ailleurs les vaines alertes de Brody paniqué dans Les dents de la mer. D'ailleurs, lors de la scène finale de ce-dernier comme pour celle de Duel, on peut entendre le même bruitage, sorte de cri de dinosaure.
Pour finir, récapitulons : un suspense très bien mené, pas mal de sursauts et une mise en scène en béton. Bref, une réussite, et c'est jouissif. Mais on pourra regretter deux petites choses : une seconde attaque qui ressemble à la première, ce qui la rend forcément répetitive, et la voix-off, assez surprenante car elle arrive trop tard dans le film.
EN BREF, pour une première oeuvre, Spielberg livre un thriller à la Hitchcock, très prenant, à la mise en scène vive et travaillée et aux effets encore impressionnants.
Avec : Colin Farrell, Forest Whitaker, Katie Holmes
RESUME
Stu Shepard, un attaché de presse, passe devant une cabine publique. Le téléphone sonne, Stu répond à l'appel. Une voix qu'il ne connaît pas l'informe qu'il est mort s'il raccroche le combiné. Le point lumineux d'un rayon infrarouge sur son torse prouve que le mystérieux interlocuteur ne bluffe pas...
Un terrible incident ayant éclaté à quelques mètres de la cabine, la police arrive sur les lieux, flanquée de tireurs d'élite. Tous pensent que Stu, et non son invisible interlocuteur téléphonique, en est l'auteur. L'officier responsable, le capitaine Ramey, tente de convaincre Stu de sortir de la cabine...
AVIS
Il y a bien longtemps, le "maître es suspense" Alfred Hitchcock déclara qu'il 'ferai bien un film entièrement dans une cabine téléphonique'. Des années plus tard, Joel Schumacher 'hérite' du concept et réalise Phone Game. Pour Cary Grant ou James Stewart, il faudra se contenter de Colin Farrell, dont le jeu reste plutôt bon et assez conventionnel. Mais c'est normal, puisque cet adjectif (conventionnel) peut aussi qualifier le film. En effet, Joel Schumacher est un étrange réalisateur : à 60 ans et quelque, il a réalisé le pire (Batman et Robin) comme le meilleur (Chute libre), ainsi que pas mal de films moyens (Bad Company, Numéro 23). Autant dire que Phone Game n'atteint pas la transcendance, à cause d'un schéma classique dans le genre et de clichés, comme le psychopathe intelligent qui calcule tout et qui donne des leçons (très à la mode (Saw...)) et un twist final prévisible et gros comme un building. Dommage, même s'il reste un thriller qui se regarde, un bon moment aux péripéties prenantes et au suspense en crescendo.
EN BREF, s'il n'est pas un chef d'oeuvre et qu'il a un air de déjà-vu, il reste très sympa à regarder.
Avec : Leonardo Di Caprio, Matt Damon, Jack Nicholson
RESUME
À Boston, une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise. Pour mettre fin au règne du parrain Frank Costello, la police infiltre son gang avec « un bleu » issu des bas quartiers, Billy Costigan. Tandis que Billy s'efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan entre dans la police au sein de l'Unité des enquêtes spéciales, chargée d'éliminer Costello. Agent double, Colin informe Costello des opérations qui se trament contre lui. Risquant à tout moment d'être démasqués, Billy et Colin sont contraints de mener une double vie qui leur fait perdre leurs repères et leur identité. Traquenards et contre-offensives s'enchaînent jusqu'au jour où chaque camp réalise qu'il héberge une taupe. Une course contre la montre s'engage avec un seul objectif : découvrir l'identité de l'autre sous peine d'y laisser sa peau.
AVIS
Après son film historique et son biopic, Martin Scorsese réitère en 2006 une expérience déjà réalisée en 1991 avec Les Nerfs à Vif : réaliser un film à genre précis, un film à intrigue (à l'opposé de Taxi Driver, Raging Bull, Casino... difficiles à classer). Et comme pour Les Nerfs à Vif, il s'agit d'un remake. Dans le cas de ce dernier, le film original était un film à suspense classique des années 60 ; ici, dans le cas des Infiltrés, il s'agit du remake d'un film très récent, Infernal Affairs, un film hongkongais. Il s'agit de la plus grosse erreur du film. En effet, reprendre un film déjà bon et l'américaniser a forcement déplu à beaucoup, et ceux qui l'avaient déjà vu ont moins apprécié le spectacle. Mais cela ne fait que remettre en question le concept du remake, plus que le film en lui même. N'ayant pas vu la saga originale, j'avais trouvé ce film, à sa sortie en salles, jubilatoire. Avec du recul et de nouvelles visions, il pêche d'un manque de profondeur - un peu comme si Scorsese ne s'était pas assez imprégné. A part les deux protagonistes principaux, les autres personnages manquent de profondeur et leur personalité sont trop vite effleurées. Le cas le plus notoire étant celui de Costello, joué par Nicholson. Avec un acteur de cette envergure qui a un rôle si secondaire, le film devient bancal.
On peut donc constater que les défauts des Infiltrés sont des questions de fond (remake d'un film récent déjà très bon si ce n'est mieux ; personnage secondaire pour un Jack Nicholson au mieux de sa forme). Alors le film se rattrape sur la forme : la mise en scène et les acteurs. Premier point, le film est un grand moment de plaisir à voir la première fois : le suspense est très bien mené, l'intrigue nous prend complètement et on a le droit à des moments chocs, notamment la fin, exagérée mais jubilatoire. Pour l'un de ses films les moins "personnels", ou disons l'un des plus grand publique, Scorsese offre une fois de plus et comme toujours une mise en scène parfaite, rythmée, superbe et recherchée. D'ailleurs, à ce point de notre étude "Scorsesienne", on peut dire que chacun des films de sa filmographie est forcément une réussite sur ce point.
L'autre bon point, le casting. Di Caprio est de plus en plus sobre et subtile dans son jeu. Matt Damon est également très bon, un jeu plus que correct. L'alchimie de ce duo/duel fonctionne très bien dans le film. Vient ensuite Jack Nicholson, qui pose problème. Pour ce rôle de parrain, De Niro étant pris, Scorsese engage celui avec qui il voulait tourner de puis longtemps, Jack Nicholson donc. Malheureusement, son personnage est autant secondaire que ceux de Dignam ou Queenan, alors qu'il joue le grand jeu. Il est toujours aussi géant, mais l'erreur est dans le choix du casting. Ils auraient sûrement mieux fait de prendre une moins grande pointure. Restons dans les seconds rôles pour finir : Mark Wahlberg joue assez bien son rôle de grande-gueule qui cache bien son jeu ; à ses côtés, l'excellent Martin Sheen, dans le personnage assez attachant (l'un des seuls avec Di Caprio) du patron ; petit rôle également pour Alec Baldwin, de nouveau chez Scorsese après Aviator. Enfin, l'unique rôle féminin est tenu par Vera Farmiga, une actrice encore peu connue mais plutôt bien.
EN BREF, si Scorsese quitte le genre historique et retrouve les gangsters, Les Infiltrés est tout de même moins personnel et plus un thriller normal. Mais quel thriller ! Lors de la première vision, à l'abris de tout spoiler, le suspense et les rebondissements marchent à fond. Malheureusement, les secondes visions seront bien moins passionnantes, effet qu'on ne retrouve pas dans ses chefs d'oeuvres.
Quatorze années de prison n'ont pas calmé Max Cady, dangereux psychopathe. Il a survécu en se fixant un seul but : se venger de son avocat Sam Bowden. Cady devient alors un danger omniprésent et une mencace pour a famille Bowden.
AVIS
Comme le dit Martin Scorsese lui-même, ses films n'entrent pas vraiment dans des genres prédefinis. Après le désormais culte Les Affranchis, il s'attèle à un thriller, Les nerfs à vif, dont le scénario est un remake d'un film pas très connu de 1962. Alors, on pourra dire que ce film est l'un des moins personnels de Scorsese, il n'en reste pas moins que c'est un monument dans le genre du thriller. Très hitchcockien, au suspense tendu, il s'en dégage une force incroyable, d'une part grâce à la réalisation parfaite, d'autre part à son exceptionnel casting.
Robert De Niro, pour son avant-dernière collaboration avec Scorsese, se transforme en surhomme. Impressionant, terrifiant, il se transforme une fois de plus pour servir complètement son personnage. Nick Nolte, qui joue de nouveau pour Scorsese, est lui aussi excellent. Suivant le schéma typique des thrillers, le spectateur s'identifie complètement à son personnage terrorisé. A ses côtés, Jessica Lange et la débutante Juliette Lewis jouent plutôt bien aussi. On remarque aussi les petits rôles joués par des grands, avec Gregory Peck, Robert Mitchum et Martin Balsam, qui étaient les principaux comédiens de l'original de 1962. Gregory Peck, qui jouaient Bowden à l'origine, joue ici Lee Heller ; Robert Mitchum jouait évidemment Max Cady, et il joue le lieutenant Elgart ; enfin, Martin Balsam (déjà inspecteur dans Psychose), jouait l'inspecteur Mark Dutton. Il joue maintenant le rôle du Juge.
Enfin, dernier clin d'oeil, la musique du film est la même que l'originale mais réorchestrée. On a donc le privilège d'entendre à nouveau les inquiétantes et superbes partitions de Bernard Herrmann (son dernier film de son vivant était d'ailleurs Taxi Driver de Scorsese). Autre hommage, les génériques du film sont réalisés par Saul Bass, créateur des génériques de Sueurs froides, La mort aux trousses et Psychose d'Hitchcock.
EN BREF, peut-être le plus classique des films de Scorsese, mais tout de même un des meilleurs films à suspense.
Avec : Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Hilary Swank
Interdit aux - 12 ans
RESUME
Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s'attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Elizabeth Short, a été découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville.
Certains sont prêts à tout pour en tirer bénéfice... ou cacher leurs secrets. Quels étaient les liens de la victime avec la puissante famille Linscott ? Que vivait-elle dans son intimité ? Et avec qui ? Au-delà des apparences, l'enquête commence...
AVIS
Après Mission To Mars et Femme Fatale, on attendait Brian De Palma au tournant. Malheureusement, Le Dahlia Noir est une nouvelle petite déception. En effet, même si le film nous intrigue jusqu'au bout, même si l'image est magnifique, même si on a le droit à quelques moments forts, il nous reste une impression de film impersonnel et confus.
Le film est l'adaptation d'un roman de James Ellroy, lui même adapté d'un fait réel. Si l'histoire est passionante, il en résulte un film bien trop éliptique. On passe tout du long d'une scène à l'autre très rapidement, ce qui donne l'impression de survoler l'intrigue. Comme si De Palma l'avait réalisé sans en être totalement impregné. Et au final, on reste sur sa faim.
Malgré tout, Le Dahlia noir vaut le détour pour son casting excellent. Principalement, la présence de deux nouvelles stars, la géniale Scarlett Johansson (Lost In Translation, Scoop) et la superbe Hilary Swank (Million Dollar Baby, Boys don't crie). Josh Hartnett, lui, joue sobrement. Malheureusement, ces acteurs sont sous-exploités, à cause de cette suite de scènes rapides et superficielles. On remarquera l'apparition de William Finley (Phantom of the Paradise) qu'on avait pas vu dans un De Palma depuis Furie. Son apparition ravira les fans du réalisateur, dans la meilleure scène du film.
EN BREF, le film nous laisse un avis mitigé, entre la beauté de l'image et le manque de profondeur. On espère que De Palma retrouvera tout son génie dans ses projets à venir.
Laura Ash, une jeune femme ténébreuse et vénale, double ses complices lors d'un hold-up commis à Cannes en plein Festival. Poursuivie jusqu'à Paris, elle revêt l'identité de son sosie parfait, une jeune veuve au bord du suicide nommée Lily.
Dans l'avion qui la mène à New York, elle séduit un fringant quadragénaire qui n'est autre que l'ambassadeur des Etats-Unis en France, Bruce Hewitt Watts. Sept ans plus tard, mariés, ils apparaissent en couverture d'un magazine people.
Mais les anciens acolytes de Laura, Black Tie et Racine, sont toujours sur sa piste, et la photo de la traîtresse, volée par Nicolas Bardo, un paparazzi qui travaille pour la revue en question, relance l'engrenage infernal.
AVIS
Femme Fatale est réalisé en 2002 par le francophile Brian De Palma. Pourtant grand fan de ce-dernier, ce film a été pour moi insupportable. Même si on retrouve parfois quelques plans chers à notre ami De Palma, le film s'élève à peine au-dessus du Transporteur, par exemple. Peut-être faut-il, pour apprécier ce film, être américain. En effet, les acteurs français jouent très mal, on voit bien qu'ils ne sont pas dans leur élement. Ils surjouent et font une parodie de personnages hollywoodiens.
Le vol au festival de Cannes, au début du film, annonce peut-être un bon film. Mais il faudra attendre 10 minutes avant la fin pour trouver y trouver un quelconque interêt, à savoir le rebondissement final assez étonnant. Peut-être faudrait-il, pour apprécier le film, ne pas connaître les précédents films de Brian De Palma. Car tandis que l'on s'ennuie profondement devant ce ratage, on ne peut s'empêcher de se souvenir avec nostalgie des grands moments des Incorruptibles, de Blow Out, Pulsions, Body Double, L'Impasse... Ah la la la.
EN BREF, à déconseiller, même aux fans de De Palma (surtout aux fans). Une déception.
Le palais des sports d'Atlantic City contient à peine la foule venue assister au match du siècle, où s'affrontent deux poids lourds de la boxe. Soudain des coups de feu éclatent à proximité du ring et le secrétaire d'Etat à la Defense s'effondre, mortellement blessé. L'enquête commence sous la direction de l'inspecteur Rick Santoro, policier corrompu. Rick va s'efforcer de sauver sa reputation ainsi que celle de son ami Kevin Dunne, chargé de la sécurité du secrétaire d'Etat, et qui s'était malencontreusement absenté au moment du drame...
AVIS
Snake Eyes est un film réalisé en 1998 par Brian De Palma, véritable huis-clot dont le titre américain signifie "yeux de serpents", sûrement en rapport avec le personne de Gary Sinise, et désigne également le double 1 aux jeux de dés. Après Mission : Impossible, le film est un vrai retour aux sources pour le réalisateur. En effet, il se permet à nouveau des effets de styles grandiloquents, puisque tout le film se base sur les différences de points de vue entre les personnages.
Le film débute par exemple sur un plan-séquence impressionant de 12 minutes qui restera dans les annales, on revient également très souvent sur des passages déjà vus, mais sous un nouvel angle, beaucoup de scènes sont filmées du point de vue d'un personnage, la caméra vole au-dessus des appartements... Bref, la mise en scène est virtuose et très inspirée.
Snake Eyes est un film à la mise en scène exagéré, il se regarde donc au second degré et pour le plaisir. Dommage que le dénouement nous laisse un peu sur notre fin. Côté acteurs, pas grand chose à dire. Le jeu de Nicolas Cage n'est pas exceptionnel, mais meilleur que certaines de ses autres interprétations. Gary Sinise, l'homme aux yeux de serpents, le Lieutenant Dan de Forrest Gump, n'est pas mauvais non-plus.
EN BREF, un film original, rythmé, à voir pour se faire plaisir.
En 1975, à New York, Carlito Brigante, un ancien trafiquant de drogue, est libéré de prison grâce à David Kleinfeld, son avocat, qui a découvert plusieurs vices de forme dans la manière dont le procureur Bill Norwalk avait instruit le procès. Carlito est bien décidé à rentrer dans le droit chemin et, dès qu'il aura économisé assez d'argent, il compte se retirer aux Bahamas pour s'assurer une retraite paisible avec Gail, sa compagne danseuse dans une boîte de strip-tease. Mais le destin en décidera autrement.
AVIS
En 1993, Brian De Palma réalise L'Impasse, un film dramatique sur le personnage de Carlito Brigante, ancien gangster qui tente de se ré-introduire dans la société. A sa sortie, le film n'obtient pas un grand succès et la critique est partagée. Pourtant, ce film fait parti des meilleurs de son réalisateur.
Pour s'adapter à la finesse, à la beauté et côté tragique du film, De Palma opte pour une mise en scène plus sobre que celle d'un Body Double ou Pulsions. Le ton est beaucoup plus sérieux et l'oeuvre s'inscrit dans un style réaliste. Le savoir-faire du réalisateur est à son paroxysme, avec comme gageure : annoncer dès le début une mort certaine du personnage, tout en arrivant à captiver l'attention du spectateur jusqu'à la fin. Le suspense monte lentement tout le long du film, tandis qu'on compatit complétement pour le personnage. Et arrive la dernière scène, dans la gare, un grand moment, qui s'étend pendant un quart d'heure. On se rappellera longtemps du superbe plan-séquence de 3 minutes. Cette scène géniale aurait normalement dû être tournée au World Trade Center, mais cette année y eût lieu un premier attentat. D'autres moments restent dans les annales, comme la scène du billard, de l'hôpital ou celle sur le bateau.
Le film fonctionne également sur son très bon casting, avec Al Pacino toujours parfait. Totalement habité par le personnage, difficile de se dire que ce même visage était celui de Tony Montana. Sean Penn est également très bon dans son rôle, un cran au-dessus que dans Outrages. Penelope Ann Miller (L'éveil, Le masque de l'araignée) joue également assez bien. John Leguizamo, déjà vu dans Outrages, joue ici le rôle de Benny Blanco du Bronx et on peut voir l'apparition de Viggo Mortensen. En 1993, il a déjà à son actif un rôle pour Woody Allen dans La Rose Pourpre du Caire et une collaboration avec Sean Penn dans le film de ce-dernier, The Indian Runner.
Enfin, on note la musique composée par Patrick Doyle (exit Pino Donaggio) et le scénario écrit par David Koepp, excellent scénariste des deux premiers Jurassic Park et quelques années plus tard de Mission : Impossible et Snake Eyes du même Brian De Palma.
EN BREF, un film magnifique, dramatique et prenant. On ne voit pas les 2h20 passer.
Avec : John Lithgow, Steven Bauer, Lolita Davidovich
Interdit aux - 12 ans
RESUME
Père de famille attentionné, Carter souffre de schizophrénie profonde, partagé entre quatre personnalités que domine celle de Caïn, le maléfique...
AVIS
En 1992, Brian De Palma tente un dernier retour dans le thriller et dans l'épouvante avec L'esprit de Caïn. Peut-être nostalgique du temps des Blow Out, Pulsions et Body Double, il écrit lui même le scénario sur un homme schizophrène. Si le film reste sympathique à regarder pour les fans du metteur en scène, il n'est même pas comparable à ses prédecesseurs. En effet, De Palma tombe peut-être ici au plus bas. Pourtant, il y a de quoi faire un très bon film. Le fond est d'ailleurs très bon. Mais c'est par la forme que le film déçoit. En effet, difficile d'admettre que ce film est bel et bien réalisé par De Palma. La mise en scène semble être celle d'un téléfilm, sans grande originalité. Les quelques scènes plus accrochantes semblent être une très pâle copie de vraies scènes cultes de Pulsions, Les Incorruptibles, Blow Out...
Toujours dans un élan nostalgique, L'esprit de Caïn offre la dernière collaboration entre De Palma et Pino Donaggio, qui compose une bande originale digne de ce qu'il a toujours su faire (à l'opposé du réalisateur).
Le film vaut donc surtout le coup pour John Lithgow, méchant d'Obsession et Blow Out, qui fait une interprétation totalement époustouflante de ses multiples rôles. Les scènes où il change de personalité sont d'ailleurs complétement délirantes. Il reçoit d'ailleurs le prix de meilleur acteur par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur pour ce film. Le rôle féminin, par contre, est très décevant. Lolita Davidovich est plutôt execrable dans son rôle. On revoit également Gregg Henry, qui a joué dans Body Double, ici en inspecteur de police et Steven Bauer, co-équipier d'Al Pacino dans Scarface.
EN BREF, se regarde très bien, bien délirant, parfois surprenant, mais ne se différencie pas, malheureusement, d'un film d'horreur de série B. Une déception pour un film de De Palma.
Avec : Craig Wasson, Mélanie Griffith, Gregg Henry
Interdit aux - 12 ans
RESUME
Jack, jeune comédien au chomage souffrant de claustrophobie, vient de voir sa femme au lit avec un autre homme. Il occupe pendant quelque temps l'appartement d'un ami. Profitant de la vue panoramique, il observe sa charmante voisine, Gloria, dont il ne tarde pas à devenir fou amoureux. A force de l'épier, il assiste un jour à l'assassinat de la jeune femme...
AVIS
Après Sisters, Obsession, Pulsions et Blow Out, Body Double est le dernier grand hommage à Hitchcock de Brian De Palma. Il reprend cette fois Fenêtre sur Cour (avec James Stewart et Grace Kelly), un chef d'oeuvre du "Maître", dans lequel un homme immobilisé par un plâtre est témoin d'un meurtre tandis qu'il espionne ses voisins. Hitchcock disait "mes films ne sont pas des parts de vie, ce sont des parts de gâteau". Brian De Palma applique cette philosophie dans ces films, et Body Double en est le paroxysme. Le film reprend également Sueurs Froides, avec le retour d'une femme décédée.
Tout en reprenant Hitchcock, De Palma décide de briser les codes et les principes. Il situe son film dans l'univers du porno ! Tandis que James Stewart regardait ses voisins pour passer le temps dans Fenêtre sur Cour, Jack espionne sa voisine tous les soirs faire son numéro coquin. Et la femme qu'il "aimait" revient des morts en star du porno. Et si James Stewart est bloqué à cause de sa jambe cassée, dans Body Double, Jack est coincé à cause de ses problèmes sexuels (sa femme le trompe) et de sa claustrophobie - qui renvoie également au vertige de Sueurs Froides.
Le titre, Body Double, signifie "doublure". Il renvoie évidemment à l'intrigue, mais également à la scène finale, dans laquelle Jack reprend son rôle de 'vampire sanglant' ; le réalisateur demande alors à une doublure de remplacer l'actrice pour le gros plan des seins. En effet, le film multiplie les mises en abîmes, les "films dans le film", que De Palma affectionne (Sisters, Blow Out, Snake Eyes). Dans Body Double, en plus du tournage du 'Vampire Sanglant' , il y a celui de 'Holly se fait Hollywood', dans un autre genre... Le titre, Body Double, peut donc également évoquer un dédoublement du film. Une manière de dire "ce n'est qu'un film, alors amusez-vous", ce qui permet au réalisateur d'aller dans la surrenchère, à l'image de la scène du baiser, où la caméra virevolte en travelling circulaire plus que de raison.
Le film, en avance sur son temps, trop grand-guignolesque, surprend trop. Il est nominé aux Razzie Awards pour la "pire réalisation" ! Mais comme toujours, les avis divèrgent : Mélanie Griffith est nominée aux Golden Globes et gagne le prix de meilleur second rôle féminin du National Society of Film Critics Awards. L'actrice retrouvera De Palma dans Le Bûcher des Vanités. Dans le rôle du héros, Craig Wasson. Son personnage lui colle tellement à la peau qu'il ne jouera malheureusement que dans quelques séries B. Enfin, le "méchant" est joué par Gregg Henry qu'on retrouvera dans Le Dalhia Noir.
EN BREF, ce film est l'une des meilleures "parts de gâteau" du cinéma. Un grand plaisir à voir !